Numéro 614 - mars 2022 actualité

Covid - Études Drees

Disparités sociales et vaccination

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publie une étude sur les inégalités sociales quant au recours à la vaccination contre le Covid-19. Constat révélé à partir des données issues du troisième volet de l’enquête Épidémiologie et conditions de vie (EpiCov) élaborée conjointement avec l’Inserm. Ce troisième volet, qui a collecté les réponses de 85 032 enquêtés ayant répondu aux deux premiers volets (mai et novembre 2020), s’est déroulé six mois après le début de la campagne de vaccination, entre le 24 juin et le 9 août 2021, alors qu’une majorité des adultes étaient vaccinés. L’étude porte sur le recours et les intentions de vaccination de la population âgée de 18 ans et plus en dehors des résidents d’Ehpad.
En juillet 2021, 70 % des personnes sans diplôme étaient vaccinées, contre 79 % chez celles ayant un diplôme égal ou supérieur à bac + 5. L’écart est encore plus important selon la profession : 65 % des ouvriers ou anciens ouvriers étaient vaccinés, contre 83 % des cadres ou anciens cadres. Enfin, plus de 30 points séparent le recours à la vaccination des personnes appartenant aux 10 % les plus modestes (55 % de vaccinés) de celles appartenant aux 10 % les plus aisés (88 %). De même, les personnes immigrées originaires d’un pays hors d’Europe et leurs descendants sont moins vaccinées que l’ensemble de la population adulte. Dans les départements et régions d’outre-mer (Drom), la couverture vaccinale apparaît nettement en deçà des niveaux observés en France métropolitaine : 32 % en Guadeloupe, 28 % en Martinique, 44 % à La Réunion vs 72 % en métropole.

Par ailleurs, les personnes qui n’ont pas du tout confiance dans l’action du gouvernement pour limiter la propagation du virus sont 51 % à être vaccinées, contre 85 % chez celles qui ont tout à fait confiance. L’écart est plus élevé encore dans les trois Drom enquêtés : 16 % vs 61 %. Quant aux parents d’enfants mineurs, plus de la moitié (52 %) déclare avoir peur que leur enfant soit infecté par le virus : un tiers (32 %) craint qu’il puisse tomber gravement malade et un cinquième (20 %) qu’il transmette cette infection à d’autres personnes sans tomber gravement malade lui-même…

L’étude intégrale Drees, Études et résultats, n°1222, février 2022
drees.solidarites-sante.gouv.fr