

{"id":15230,"date":"2011-04-01T00:00:00","date_gmt":"2011-03-31T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/ricom-web.com\/gestions-hospitalieres\/lethique-de-la-vulnerabilite\/"},"modified":"2018-03-09T11:13:37","modified_gmt":"2018-03-09T10:13:37","slug":"lethique-de-la-vulnerabilite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ricom-web8.com\/gestions\/lethique-de-la-vulnerabilite\/","title":{"rendered":"Corine Pelluchon"},"content":{"rendered":"<span class=\"span-reading-time rt-reading-time\" style=\"display: block;\"><span class=\"rt-label rt-prefix\">Temps de lecture\u00a0: <\/span> <span class=\"rt-time\"> 21<\/span> <span class=\"rt-label rt-postfix\">minutes<\/span><\/span><h3>Que nous dit la philosophie sur la vieillesse ?<\/h3>\n<p>Il y a deux choses. D\u2019abord la diff\u00e9rence entre la vieillesse et le vieillissement. Le vieillissement, c\u2019est l\u2019exp\u00e9rience de la passivit\u00e9, de la \u00ab temporalisation \u00bb pour reprendre le mot de Levinas ; le temps passe mais je n\u2019en ai pas l\u2019initiative. Dans <em>De l\u2019existence \u00e0 l\u2019existant<\/em>, il dit que \u00ab <em>le vieillissement est un effort de pr\u00e9sent dans un retard sur le pr\u00e9sent<\/em> \u00bb. Le vieillissement touche tout \u00eatre vivant alors que la vieillesse est plut\u00f4t l\u2019id\u00e9e que je suis vieux. C\u2019est ce moment o\u00f9 je d\u00e9couvre que je suis vieux et c\u2019est un \u00ab\u00a0irr\u00e9alisable \u00bb, comme dit Sartre : je ne m\u2019en rends pas totalement compte par moi-m\u00eame ou directement, et ce n\u2019est pas le d\u00e9clin physique, intellectuel qui est la cause de ce sentiment d\u2019\u00eatre vieux mais c\u2019est le regard social. C\u2019est une crise d\u2019identit\u00e9 qui est v\u00e9cue comme une disqualification, je me sens mis de c\u00f4t\u00e9, exclu, dans le m\u00e9tro on commence \u00e0 me laisser la place parce que je suis \u00e2g\u00e9\u2026 La vieillesse, c\u2019est donc vraiment un regard social. Le vieillissement, c\u2019est plus le fait biologique.<\/p>\n<p>Ce que la philosophie peut dire sur la vieillesse, c\u2019est d\u2019abord que le sens qu\u2019on attache \u00e0 la vieillesse, c\u2019est-\u00e0-dire la place qu\u2019on fait ou non aux personnes \u00e2g\u00e9es, d\u00e9pend fondamentalement des repr\u00e9sentations que l\u2019on se fait de la vie humaine. G\u00e9n\u00e9ralement, la mani\u00e8re dont on regarde la vieillesse est ambivalente. Elle est consid\u00e9r\u00e9e soit comme un naufrage (de Gaulle parlant de P\u00e9tain), soit comme le point d\u2019acm\u00e9 de l\u2019existence, comme on le voit dans le De Senectute de Cic\u00e9ron qui voulait r\u00e9habiliter le S\u00e9nat. La philosophie \u00e9chappe un peu \u00e0 cette ambivalence. En effet, la question centrale est de r\u00e9fl\u00e9chir aux repr\u00e9sentations souvent n\u00e9gatives de la vieillesse et de cerner les origines de ces repr\u00e9sentations sur la vieillesse \u00e0 partir de l\u2019analyse des repr\u00e9sentations que nous avons de la vie en g\u00e9n\u00e9ral. Est-ce que ce n\u2019est pas li\u00e9 \u00e0 une impasse sur la vuln\u00e9rabilit\u00e9, au fait qu\u2019on ne ma\u00eetrise pas tout ? Dans notre soci\u00e9t\u00e9, la performance, la comp\u00e9titivit\u00e9 deviennent les crit\u00e8res de la vie r\u00e9ussie et les valeurs du march\u00e9 contaminent toutes les sph\u00e8res de l\u2019existence. Aussi les personnes \u00e2g\u00e9es int\u00e9riorisent-elles ces repr\u00e9sentations de la vie qui font qu\u2019elles se sentent hors jeu. On tient un double discours : on va prendre soin de personnes \u00e2g\u00e9es, mais on ne leur permet pas de participer au monde et on continue de penser que leur vie est une vie diminu\u00e9e. L\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019une r\u00e9flexion sur le vieillissement est de ne pas situer le vieillissement hors de la vie mais de le penser comme un processus, une \u00e9tape. Il y a actuellement en philosophie et dans les sciences sociales en g\u00e9n\u00e9ral une r\u00e9flexion qui jette un coup de projecteur sur la mani\u00e8re dont on traite les grands vieillards : le prendre soin et l\u2019accompagnement supposent qu\u2019on consid\u00e8re les personnes au-del\u00e0 de leurs fonctions biologiques, auxquelles on les ram\u00e8ne parfois dans les maisons de retraite, en focalisant l\u2019attention sur la toilette, etc.<\/p>\n<h3>La vieillesse est juste le temps avant la d\u00e9pendance ou faites-vous entrer la d\u00e9pendance dans la vieillesse ? Cic\u00e9ron a une image id\u00e9alis\u00e9e de la vieillesse. Si on prend en compte la d\u00e9pendance, le fait de ne plus \u00eatre r\u00e9ellement une personne \u00e0 part enti\u00e8re pouvant faire admettre ses droits, vous ne pouvez plus parler pour vous-m\u00eame. On assiste \u00e0 un allongement du corps plus que de la personne.<\/h3>\n<p>La d\u00e9pendance est une notion \u00e0 affiner.\u00a0On dit souvent qu\u2019il y a les <em>old old<\/em> et les <em>young old<\/em> : alors que ces derniers, qui ont la soixantaine, sont encore socialis\u00e9s et en pleine activit\u00e9, les premiers, qui ont\u00a0 85 ans ou plus, ont des maladies chroniques et ils ont bien souvent besoin de l\u2019aide d\u2019un autre dans leur vie quotidienne. Cependant, je n\u2019aime pas le mot \u00ab d\u00e9pendance \u00bb, car il stigmatise, il fait d\u00e9finir quelqu\u2019un par ses manques. C\u2019est la raison pour laquelle je pr\u00e9f\u00e8re l\u2019expression \u00ab situation de d\u00e9pendance \u00bb : la personne est dans une situation de vuln\u00e9rabilit\u00e9\u00a0mais elle existe encore en tant que personne. Quand vous dites \u00ab qu\u2019elle n\u2019est plus une personne \u00bb, vous avez pos\u00e9 la question de la comp\u00e9tence et de l\u2019autonomie. On peut penser l\u2019autonomie d\u2019une personne en situation de d\u00e9pendance au-del\u00e0 de la comp\u00e9tence, c\u2019est-\u00e0-dire de la capacit\u00e9 \u00e0 donner son consentement libre et \u00e9clair\u00e9 au sens juridique du terme, ce que vous et moi nous pouvons \u00e0 peu pr\u00e8s faire. Quand on est malade, il y a in\u00e9vitablement des effets de la maladie qui compromettent cette comp\u00e9tence. Pour penser l\u2019autonomie au-del\u00e0 de la comp\u00e9tence, je m\u2019appuie sur les analyses d\u2019une jeune Am\u00e9ricaine qui a travaill\u00e9 sur l\u2019autonomie des personnes souffrant de la maladie d\u2019Alzheimer\u00a0 : elle montre que l\u2019autonomie est une double capacit\u00e9. Elle est d\u2019abord la capacit\u00e9 \u00e0 avoir des d\u00e9sirs et des valeurs. L\u2019ensemble des privations ou des d\u00e9ficits n\u2019affecte pas ce premier sens de l\u2019autonomie puisqu\u2019une personne \u00e2g\u00e9e peut \u00e9prouver de la joie \u00e0 voir ses petits-enfants, \u00e0 \u00e9couter de la musique, \u00e0 r\u00e9aliser des \u0153uvres artistiques\u2026 Par contre, ce qui est affect\u00e9 par les d\u00e9ficits et handicaps, c\u2019est la capacit\u00e9 \u00e0 traduire dans les actes ses d\u00e9sirs et ses valeurs. C\u2019est d\u2019abord la capacit\u00e9 \u00e0 les exprimer dans un langage articul\u00e9 et \u00e0 les faire comprendre, puis c\u2019est surtout la capacit\u00e9 \u00e0 savoir ce qui, dans la vie, peut permettre de les r\u00e9aliser. Une personne malade d\u2019Alzheimer aura ainsi du mal \u00e0 dire par elle-m\u00eame : <em>moi, j\u2019ai envie de peindre, moi j\u2019ai envie de jardiner.<\/em>\u00a0 Mais elle pourra se sentir bien et s\u2019estimer soi-m\u00eame si on lui propose ces activit\u00e9s.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9finition a des cons\u00e9quences sur le travail des soignants et des aidants, qui doivent dans un premier temps \u00e9couter la personne souffrant de la maladie d\u2019Alzheimer ou \u00e9tablir une communication infraverbale avec elle, puis lui proposer des activit\u00e9s qui peuvent correspondre \u00e0 sa volont\u00e9, au lieu de se substituer \u00e0 elle de mani\u00e8re syst\u00e9matique. Cette substitution est une violence terrible, car d\u00e9cider \u00e0 la place de l\u2019autre c\u2019est lui faire mal. Il peut nous arriver que quelqu\u2019un d\u00e9cide pour nous-m\u00eames, dans la sph\u00e8re du travail par exemple, et nous en souffrons terriblement. Une personne \u00e2g\u00e9e, et surtout un malade Alzheimer, r\u00e9pond par la prostration, l\u2019agressivit\u00e9 \u00e0 cette violence, alors que si l\u2019on essaie de voir ce qui peut lui correspondre et qu\u2019on lui propose des activit\u00e9s lui convenant, elle peut s\u2019\u00e9panouir et exprimer \u00e0 sa mani\u00e8re son contentement. Cette attitude demande bien s\u00fbr beaucoup de tact, une \u00e9coute, une attention et, surtout, elle exige que nous \u00e9vitions de projeter sur les personnes malades des d\u00e9sirs qui sont ceux des bien-portants. Au lieu d\u2019avoir une position binaire autonomie du malade\/bienfaisance m\u00e9dicale, on reconfigure la notion d\u2019autonomie, bien plus subtile que l\u2019id\u00e9e de comp\u00e9tence, et on aboutit \u00e0 la mani\u00e8re dont les soignants doivent peut-\u00eatre prendre des risques calcul\u00e9s dans l\u2019accompagnement en allant chercher la personne l\u00e0 o\u00f9 elle est, ce qui n\u2019est pas \u00e9vident. La r\u00e9flexion sur la maladie d\u2019Alzheimer invite \u00e0 reconfigurer les notions et \u00e0 s\u2019appuyer sur ce que la personne d\u00e9pendante a \u00e0 dire, m\u00eame si elle ne parle pas.<\/p>\n<blockquote><p>La difficult\u00e9 pour les familles est d\u2019accepter d\u2019avoir un lien avec une personne qui leur \u00e9chappe et qui n\u2019est plus celle \u00e0 laquelle elles \u00e9taient habitu\u00e9es, avec parfois la survenue de choses agressives, obsc\u00e8nes, des paroles crues\u2026 Il faut accepter cette impuissance.<\/p><\/blockquote>\n<p>Une chose \u00e0 laquelle je tiens beaucoup est de s\u2019obliger \u00e0 penser, d\u2019\u00eatre intimement convaincu, qu\u2019une personne d\u00e9pendante n\u2019est pas et ne peut \u00eatre l\u2019ensemble de ses privations. Il s\u2019agit d\u2019orienter la d\u00e9marche th\u00e9rapeutique vers les capacit\u00e9s restantes et m\u00eame vers les promesses de vie que cette maladie pourtant terrible n\u2019a pas entam\u00e9es. La personne malade a des d\u00e9sirs et des valeurs, souvent contradictoires : par exemple, la toilette est v\u00e9cue comme une violence (j\u2019ai pu entendre certains patients dire : <em>je ne veux pas \u00eatre astiqu\u00e9<\/em>), mais si ces personnes malades veulent recevoir leurs enfants, leurs petits-enfants, elles doivent \u00eatre propres. Il s\u2019agit donc de mettre de l\u2019ordre dans les d\u00e9sirs de la personne, de les hi\u00e9rarchiser, en essayant de voir celui qui compte le plus pour elle, mais ce travail consistant \u00e0 soutenir l\u2019autonomie de la personne se fait avec elle.\u00a0Je reviens une nouvelle fois \u00e0 votre expression \u00ab elle n\u2019est plus une personne \u00bb : c\u2019est encore un \u00eatre humain qui a une dignit\u00e9 intacte et celle-ci ne saurait \u00eatre relative \u00e0 mon point de vue, \u00e0 ce que j\u2019en vois ou \u00e0 ce que j\u2019en dis. C\u2019est cela, la transcendance de l\u2019autre, pour parler comme Levinas. Cette transcendance de l\u2019autre est intacte, m\u00eame si \u2013 et c\u2019est le paradoxe \u00e9thique \u2013 je m\u2019en porte garant.\u00a0Nous avons le devoir de t\u00e9moigner que la personne en situation de vuln\u00e9rabilit\u00e9 fait partie du monde des hommes.<\/p>\n<h3>\u00catre garant de la dignit\u00e9 d\u2019une personne, on le comprend bien quand c\u2019est une personne mineure, un enfant. Mais lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une personne qui a \u00e9t\u00e9 autonome, dont on s\u2019est d\u00e9tach\u00e9, nous demander de devenir le parent de ses propres parents est une chose tr\u00e8s difficile.<\/h3>\n<p>C\u2019est la grande question de l\u2019identit\u00e9. La maladie d\u2019Alzheimer nous confronte \u00e0 un d\u00e9fi intellectuel et moral. En effet, l\u2019identit\u00e9 de la personne malade est au pr\u00e9sent, elle ne se souvient pas de ce qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9. Lorsqu\u2019on parle d\u2019\u00ab accompagnement \u00bb, cela veut dire aller chercher la personne l\u00e0 o\u00f9 elle est et non l\u00e0 o\u00f9 on voudrait qu\u2019elle soit. La grande difficult\u00e9 pour les soignants et les aidants, c\u2019est qu\u2019ils ont l\u2019impression de dispara\u00eetre dans le regard de leur proche malade.\u2008Quand les enfants de la malade se disent <em>je deviens la m\u00e8re de ma propre m\u00e8re<\/em>, ils sont boulevers\u00e9s. Il y a en effet un saut dans l\u2019inconnu.\u2008Il s\u2019agit de la confrontation \u00e0 l\u2019homme qui est aussi un sujet d\u2019inconnaissance et la personne ne r\u00e9pond plus \u00e0 ce que Ric\u0153ur nomme l\u2019\u00ab identit\u00e9 narrative \u00bb. Son identit\u00e9 est au pr\u00e9sent, en perdant la m\u00e9moire, elle se d\u00e9pouille de son pass\u00e9, c\u2019est une image de l\u2019humanit\u00e9 nue, d\u00e9pouill\u00e9e de tous les oripeaux sociaux et c\u2019est quelque chose de tr\u00e8s troublant.<\/p>\n<p>Nous ne sommes pas habitu\u00e9s \u00e0 regarder en face cet \u00e9tat de fait. Ce faisant, la difficult\u00e9 pour les familles est d\u2019accepter d\u2019avoir un lien avec une personne qui leur \u00e9chappe et qui n\u2019est plus celle \u00e0 laquelle elles \u00e9taient habitu\u00e9es, avec parfois la survenue de choses agressives, obsc\u00e8nes, des paroles crues\u2026 Il faut accepter cette impuissance. Notre d\u00e9sir de toute-puissance, de contr\u00f4le et notre tendance \u00e0 nous octroyer le droit de d\u00e9finir les besoins des autres sont mis en \u00e9chec : c\u2019est une le\u00e7on.<\/p>\n<h3>On nous impose d\u2019\u00eatre responsables pour ses enfants, non pour ses ascendants. Est-ce qu\u2019il ne faut pas aller plus loin, dans un \u00c9tat providence qui ne peut plus r\u00e9pondre \u00e0 tous les besoins de solidarit\u00e9, et \u00e9tablir une imposition de solidarit\u00e9 ?<\/h3>\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent le principe \u00e9tait la subsidiarit\u00e9\u00a0: l\u2019\u00c9tat donnait de l\u2019argent aux familles pour les aider \u00e0 assumer. La solidarit\u00e9 familiale existe encore. Le probl\u00e8me majeur aujourd\u2019hui est que les enfants des personnes qui souffrent de la maladie d\u2019Alzheimer ont 70 ans et eux-m\u00eames souffrent de diverses maladies. Ces m\u00eames enfants qui aident leurs parents ont souvent des enfants qui ont du mal \u00e0 entrer dans la vie active. Les personnes de 60 ans sont tiraill\u00e9es entre les soins \u00e0 apporter \u00e0 leurs parents et l\u2019aide de plus en plus pressante \u00e0 donner aux enfants qui ont beaucoup de difficult\u00e9s \u00e0 entrer dans le monde du travail. Un autre \u00e9l\u00e9ment de complexit\u00e9 est \u00e0 prendre en compte : les familles sont de nos jours perturb\u00e9es, \u00e9clat\u00e9es g\u00e9ographiquement.<\/p>\n<p>Je ne suis pas s\u00fbre qu\u2019il faille imposer la solidarit\u00e9 intrafamiliale.\u00a0Je pense que rares sont les personnes qui abandonnent leurs parents.\u00a0Le mot \u00ab solidarit\u00e9 \u00bb\u00a0nous oblige \u00e0 un travail sur les personnes en situation de d\u00e9pendance : sont-elles des personnes de second rang ? R\u00e9pondre par la n\u00e9gative ne nous demande pas seulement d\u2019envisager des formes de tutelle souples mais aussi d\u2019inviter ces personnes \u00e2g\u00e9es \u00e0 participer au monde.\u2008Et cela nous ferait du bien !<\/p>\n<h3>Nous avons chacun des repr\u00e9sentations de la vieillesse.\u2008Pourquoi peut-elle nous d\u00e9go\u00fbter, pourquoi est-elle associ\u00e9e \u00e0 un handicap ? Qu\u2019est-ce qui fait que nous arrivons \u00e0 cette image de la personne \u00e2g\u00e9e comme objet, comme \u00eatre v\u00e9g\u00e9tal ?<\/h3>\n<p>Notons que nous vivons dans une soci\u00e9t\u00e9 de jeunisme qui ne fait rien pour les jeunes ! Donc les repr\u00e9sentations de la jeunesse cautionnent encore un double discours. Mais il est vrai que les personnes \u00e2g\u00e9es reprennent elles-m\u00eames ce vocabulaire li\u00e9 \u00e0 un id\u00e9al de jeunesse, de sant\u00e9 et de comp\u00e9titivit\u00e9\u00a0: <em>je suis une vieille cro\u00fbte, une vieille peau\u2026 je suis bon \u00e0 jeter\u2026<\/em> Il y a l\u00e0 une violence extr\u00eame. C\u2019est une violence qui va au-del\u00e0 de la maltraitance verbale. Certains soignants disent entre eux : <em>c\u2019est un l\u00e9gume<\/em>. C\u2019est une mani\u00e8re pour eux de se blinder, de s\u2019abstraire de cette r\u00e9alit\u00e9 \u2013 <em>c\u2019est un l\u00e9gume, ce n\u2019est pas moi<\/em> \u2013 or, cette personne c\u2019est un peu soi. On rejette le vieillissement en dehors de la vie, comme la mort, comme s\u2019ils ne devaient pas exister. Cela n\u2019est pas sans rapport avec notre difficult\u00e9 \u00e0 renoncer \u00e0 la toute-puissance et avec le sentiment que nous avons de pouvoir reculer les limites de la mort. Il y a un tr\u00e8s beau texte de Hans Jonas, \u00ab\u00a0Fardeau et b\u00e9n\u00e9diction de la mortalit\u00e9\u00a0\u00bb. Il l\u2019a \u00e9crit \u00e0 la fin de sa vie. On le trouve dans <em>\u00c9volution et libert\u00e9<\/em>. Il dit que le fait de mourir permet de laisser la place aux plus jeunes et de passer le flambeau aux g\u00e9n\u00e9rations nouvelles ; et Jonas cite Arendt qui souligne, dans <em>Condition de l\u2019homme moderne<\/em>, le sens politique de la natalit\u00e9 et de la nativit\u00e9 : la natalit\u00e9, la nativit\u00e9, c\u2019est le fait que quelqu\u2019un de neuf cr\u00e9e quelque chose de nouveau dans le monde, quelque chose d\u2019impr\u00e9visible, qui ouvre le monde \u00e0 la diversit\u00e9 et \u00e0 la pluralit\u00e9.<\/p>\n<p>Pour la question de la vuln\u00e9rabilit\u00e9, il y a un double discours actuellement : d\u2019une part, il y a une injonction aux soins, \u00e0 la prise en charge (tous les politiques utilisent le mot \u00ab vuln\u00e9rabilit\u00e9 \u00bb), d\u2019autre part, on n\u2019autorise pas ces personnes vuln\u00e9rables \u00e0 changer notre regard sur le monde. Je pense que notre repr\u00e9sentation de l\u2019homme doit \u00eatre r\u00e9nov\u00e9e. Il conviendrait de s\u2019adresser aux enfants, de travailler sur le lien interg\u00e9n\u00e9rationnel (ouvrir les maisons de retraite aux jeunes par exemple). Il y a d\u00e9j\u00e0 des exemples tr\u00e8s int\u00e9ressants : ainsi des associations qui proposent \u00e0 des \u00e9tudiants \u00e0 faibles revenus d\u2019\u00eatre log\u00e9s par une personne \u00e2g\u00e9e en \u00e9change de compagnie\u2026 Tous les soignants disent que, dans les maisons de retraite, notamment pour les personnes en situation de d\u00e9pendance, la visite d\u2019enfants une fois par semaine procure un plaisir immense. Cela est beaucoup plus profitable, leur procure un plus grand bien-\u00eatre que passer des heures devant la t\u00e9l\u00e9vision, avec l\u2019abrutissement que cela entra\u00eene.<\/p>\n<h3>Il m\u2019arrive souvent de m\u2019interroger sur la place qu\u2019une soci\u00e9t\u00e9 fait \u00e0 ses vieillards lorsque je compare une attitude orientale avec notre attitude occidentale\u00a0; ces essentialisations sont bien s\u00fbr \u00e0 prendre avec beaucoup de pincettes. Il n\u2019en demeure pas moins que, enfant, dans l\u2019Atlas marocain, j\u2019entendais souvent les vieilles personnes r\u00e9pondre \u00e0 la question <em>Comment allez-vous\u00a0?<\/em> par cette phrase qui allait de soi pour moi et qui maintenant prend un sens tout \u00e0 fait diff\u00e9rent\u00a0: <em>Je vais tr\u00e8s bien,\u00a0j\u2019attends la mort<\/em>. On \u00e9tait peut-\u00eatre dans un temps o\u00f9 l\u2019on concevait la vie probablement comme ne s\u2019arr\u00eatant pas \u00e0 la vie sur Terre, avec une certaine id\u00e9e du Paradis. Dans une soci\u00e9t\u00e9 qui se veut autonome, nous avons perdu cette attitude sereine face \u00e0 la vieillesse puisque la vie n\u2019existe plus pour nous que dans un temps tr\u00e8s restreint. D\u00e8s lors, lorsqu\u2019on a devant soi l\u2019image de la mort se rapprochant, l\u2019image de la vieillesse et de ses corps se d\u00e9composant, nous avons tendance \u00e0 manifester un certain rejet spontan\u00e9 de\u00a0 ces personnes \u00e2g\u00e9es qui se pr\u00e9sentent comme la repr\u00e9sentation de cette finitude incarn\u00e9e, finitude que l\u2019on n\u2019accepte plus. Qu\u2019en pensez-vous ?<\/h3>\n<p>Nous devrions prendre mod\u00e8le sur certaines soci\u00e9t\u00e9s o\u00f9 le vieillard est respect\u00e9, sollicit\u00e9, \u00e9cout\u00e9, car il peut t\u00e9moigner d\u2019un tas de choses, il a de l\u2019exp\u00e9rience. Dans les entreprises, le retour d\u2019exp\u00e9rience des personnes \u00e2g\u00e9es n\u2019est absolument pas valoris\u00e9. Nous pr\u00e9f\u00e9rons former des \u00e9valuateurs qui vont \u00e9valuer tr\u00e8s vite ou faire du coaching et, ce faisant, nous mon\u00e9tisons l\u2019id\u00e9e de transmission.\u00a0Notre soci\u00e9t\u00e9 n\u2019est pas seulement d\u00e9tach\u00e9e de ses grands r\u00e9cits, elle est aussi tr\u00e8s individuelle au sens o\u00f9 c\u2019est la vie de chacun qui compte, alors que dans certaines soci\u00e9t\u00e9s africaines, la famille, la tribu comptent autant, voire plus, que l\u2019individu. Le holisme n\u2019est cependant pas notre conception du monde. L\u2019image de ces grands vieillards qui d\u00e9priment dans les maisons de retraite est un miroir qui nous est tendu et qui refl\u00e8te nos \u00e9checs et l\u2019inanit\u00e9 de nos repr\u00e9sentations.<\/p>\n<h3>Je me permets de revenir \u00e0 cette question de la personne \u00e2g\u00e9e qui ne parle plus. Hamadou Hamphat\u00e9 B\u00e2 a \u00e9crit qu\u2019\u00ab un vieillard qui meurt en Afrique est une biblioth\u00e8que qui br\u00fble \u00bb, renvoyant \u00e0 cette transmission interg\u00e9n\u00e9rationnelle fondamentale pour asseoir le lien social. Pourquoi, nous qui avons des seniors plus nombreux et ayant des choses \u00e0 dire, n\u2019arrivons-nous pas \u00e0 asseoir ce lien d\u2019une autre fa\u00e7on que marchande (seniors consultants) ?<\/h3>\n<p>Ce que dit Simone de Beauvoir est tr\u00e8s juste : les hommes sont \u00ab broy\u00e9s \u00bb d\u00e8s leur enfance, on ne les pense que par rapport \u00e0 la production qu\u2019ils peuvent apporter. Avec cette conception du monde, ce n\u2019est pas \u00e9tonnant que les rapports humains soient de l\u2019instrumentalisation et que les personnes \u00e2g\u00e9es soient consid\u00e9r\u00e9es par rapport \u00e0 ce qu\u2019elles peuvent apporter mat\u00e9riellement et non par rapport \u00e0 leur parole. Qu\u2019est-ce qui peut faire lien aujourd\u2019hui ? N\u2019est-il pas possible de penser aujourd\u2019hui des lieux o\u00f9 \u00e9merge une r\u00e9flexion commune ? Les associations, au lieu d\u2019\u00eatre des <em>outsiders<\/em>, devraient si\u00e9ger dans les instances d\u00e9lib\u00e9ratives pour remplir un r\u00f4le de veille et compenser ce que le syst\u00e8me repr\u00e9sentatif \u00e9lectoral a de pr\u00e9sentiste. C\u2019est paradoxal, car il y a des vieillards qu\u2019on entend beaucoup, qui saturent l\u2019espace public. Il y a des dynasties d\u2019intellectuels autoproclam\u00e9s. C\u2019est une autre mani\u00e8re de partager la parole qu\u2019il faut penser : l\u2019\u00e9galit\u00e9 morale des individus, le fait de ne pas faire taire certaines personnes. Les difficult\u00e9s des personnes \u00e2g\u00e9es sont un miroir de probl\u00e8mes beaucoup plus profonds et plus larges. Nous sommes dans une soci\u00e9t\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9e par ce qu\u2019Arendt appelait \u00ab un r\u00e9gime de d\u00e9crets \u00bb\u00a0fait de micro-d\u00e9cisions et r\u00e9gi par une rationalit\u00e9 qui nous \u00e9chappe, et c\u2019est ce qui renforce l\u2019individualisme, qui est une cons\u00e9quence plus qu\u2019une cause du mal. C\u2019est un cercle vicieux dont on peut sortir par plus de transparence et en respectant la demande d\u2019intelligibilit\u00e9 du public.<\/p>\n<h3>Que nous dit la philosophie sur la relation entre m\u00e9decine et vuln\u00e9rabilit\u00e9, entre m\u00e9decine et humanit\u00e9 ?<\/h3>\n<p>La m\u00e9decine qui inspire la philosophie et qui apprend \u00e0 la philosophie beaucoup de choses est li\u00e9e \u00e0 une situation de dissym\u00e9trie de d\u00e9part : il y a quelqu\u2019un qui a besoin de soin, qui est atteint dans sa fa\u00e7on \u00e0 g\u00e9rer sa propre vuln\u00e9rabilit\u00e9. La vuln\u00e9rabilit\u00e9 et l\u2019incompl\u00e9tude, loin d\u2019\u00eatre des accidents de la vie, font partie de la vie. Le m\u00e9decin, dans toute la particularit\u00e9 du lien, du colloque singulier avec le patient, essaie d\u2019aider le patient \u00e0 restaurer son autonomie ou \u00e0 aller mieux lorsque la gu\u00e9rison est impossible. La m\u00e9decine peut \u00eatre le paradigme de la dimension \u00e9thique de mon rapport \u00e0 l\u2019autre : l\u2019humanit\u00e9 de la personne est intacte mais je m\u2019en porte garant par un devoir de non-abandon. Faire ce qu\u2019on peut, c\u2019est parfois faire moins, en \u00e9vitant l\u2019acharnement th\u00e9rapeutique par exemple. Bien soigner, c\u2019est donner des soins proportionn\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tat du malade et \u00e0 sa situation. La culture palliative a diffus\u00e9 une r\u00e9volution ces quinze derni\u00e8res ann\u00e9es. Les m\u00e9decins sont aujourd\u2019hui plus conscients des limites de leurs techniques. Un \u00e9cart a \u00e9t\u00e9 combl\u00e9 entre les pratiques et l\u2019\u00e9thique, et la loi Leonetti a montr\u00e9 que la r\u00e9flexion \u00e9tait m\u00fbre pour penser la proportionnalit\u00e9 des soins. Maintenant, la r\u00e9flexion porte sur l\u2019incertitude qu\u2019on ne peut pas \u00e9liminer dans la pratique m\u00e9dicale. La philosophie peut apporter un \u00e9clairage sur des pratiques nouvelles et les penser, mais ce sont les situations qui sont premi\u00e8res par rapport \u00e0 un discours g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<blockquote><p>L\u2019accompagnement, c\u2019est aller chercher la personne l\u00e0 o\u00f9 elle est et non l\u00e0 o\u00f9 on voudrait qu\u2019elle soit.<\/p><\/blockquote>\n<h3>N\u2019y a-t-il pas, dans la prise en charge, une notion d\u2019obligation, de chose impos\u00e9e. En comparaison, on valorise la prise en charge de l\u2019enfant, son \u00e9ducation, son autonomisation comme si celle-ci \u00e9tait synonyme de bien-\u00eatre pour des parents, de croissance pour l\u2019\u00e9conomie nationale, mais on parle de la prise en charge de la vieillesse comme d\u2019un fl\u00e9au, une \u00ab grande cause nationale \u00bb \u00e0 l\u2019image de la tuberculose du d\u00e9but du si\u00e8cle dernier.<\/h3>\n<p>Le terme \u00ab obligation \u00bb est important, mais je pr\u00e9f\u00e8re lui substituer le mot \u00ab responsabilit\u00e9 \u00bb. L\u2019obligation d\u00e9coule d\u2019un engagement alors que la responsabilit\u00e9 est li\u00e9e au fait de r\u00e9pondre \u00e0 quelqu\u2019un et cela renvoie chaque fois \u00e0 une situation singuli\u00e8re. Il s\u2019agit de r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019appel de la souffrance d\u2019un autre et cet autre m\u2019engage personnellement m\u00eame si, \u00e0 un moment donn\u00e9, je peux me tourner vers une institution. La notion de responsabilit\u00e9 est essentielle\u00a0puisqu\u2019elle signifie que la prise en charge nous concerne, qu\u2019elle ne peut pas \u00eatre seulement quelque chose qu\u2019on confie \u00e0 des institutions. Ce qu\u2019il y a dans votre question, c\u2019est ce double discours paradoxal et lassant qui consiste \u00e0 faire croire que l\u2019\u00ab on va prendre en charge \u00bb mais que \u00ab c\u2019est un fl\u00e9au qui co\u00fbte cher \u00bb ! Nous sommes aujourd\u2019hui confront\u00e9s \u00e0 de perp\u00e9tuelles injonctions contradictoires. Tant que l\u2019on ne changera pas l\u2019image du lien social, qu\u2019on ne sera pas habit\u00e9 par cette id\u00e9e de responsabilit\u00e9 pour l\u2019autre en situation de vuln\u00e9rabilit\u00e9, on aura encore ce double discours : il faut les prendre en charge mais il ne faut pas les voir, il faut les cacher, ce sont des \u00ab l\u00e9gumes \u00bb\u2026 Ce double discours, qui peut s\u2019accompagner d\u2019une r\u00e9cup\u00e9ration du care, est li\u00e9 \u00e0 une insuffisante r\u00e9flexion de l\u2019homme sur la responsabilit\u00e9, celle-ci \u00e9tant au fondement de la socialit\u00e9. Ce que j\u2019appelle l\u2019\u00ab \u00e9thique \u00bb de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 invite \u00e0 une r\u00e9flexion sur la centralit\u00e9 de la responsabilit\u00e9 qui d\u00e9finit le sujet : loin d\u2019\u00eatre d\u00e9fini par ma libert\u00e9, je suis ce \u00e0 quoi je r\u00e9ponds et la mani\u00e8re dont j\u2019y r\u00e9ponds. Le sujet s\u2019interroge sur le \u00ab\u00a0devoir \u00eatre \u00bb de son droit et sur les limites. Cela a des implications consid\u00e9rables au niveau social et au niveau politique.<\/p>\n<h3>Comment les institutions de prise en charge de la personne \u00e2g\u00e9e peuvent-elles mettre en \u0153uvre de fa\u00e7on concr\u00e8te ce principe ?<\/h3>\n<p>Ce n\u2019est pas un principe comme chez Jonas. Pour moi, c\u2019est le c\u0153ur de la subjectivit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire une mani\u00e8re diff\u00e9rente de penser le sujet, une conception r\u00e9nov\u00e9e du sujet. C\u2019est l\u2019id\u00e9e que le sujet n\u2019est pas d\u00e9fini seulement par ce qui est bon pour sa conservation. On sort de Hobbes. Les droits subjectifs\u00a0hobb\u00e9siens \u00e0 l\u2019origine du lib\u00e9ralisme ne sont pas suffisants pour penser les d\u00e9fis actuels. Ces derniers nous invitent \u00e0 \u00e9laborer une nouvelle conception du monde et \u00e0 modifier l\u2019image de l\u2019homme et du lien social sur lequel repose encore actuellement le contrat social, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019agent moral individuel et la r\u00e9ciprocit\u00e9. La vuln\u00e9rabilit\u00e9, ce n\u2019est pas seulement la fragilit\u00e9, c\u2019est aussi une force. Le fait d\u2019\u00eatre responsable pour l\u2019autre est une ouverture \u00e0 l\u2019autre. Cette ouverture \u00e0 l\u2019autre actualise les promesses de vie demeur\u00e9es intactes malgr\u00e9 les handicaps et donne corps \u00e0 la capacit\u00e9 des personnes \u00e0 participer au monde. Dans l\u2019\u00e9thique de la vuln\u00e9rabilit\u00e9, les notions d\u2019autonomie, de vuln\u00e9rabilit\u00e9 et de responsabilit\u00e9 sont indissociables, mais elles sont reconfigur\u00e9es.<\/p>\n<h3>Cette sollicitude pour la personne \u00e2g\u00e9e, comment peut-on le promouvoir socialement\u00a0? Comment mettre cela dans les faits, concr\u00e8tement\u00a0?<\/h3>\n<p>Il y a l\u2019\u00e9ducation. Je ne crois pas qu\u2019on puisse changer les choses par la coercition. Comme avec l\u2019\u00e9cologie qui exige des changements au niveau des styles de vie. Il faut penser autrement le sujet et, au niveau politique, inscrire les ONG au c\u0153ur des instances d\u00e9lib\u00e9ratives, cr\u00e9er des contre-pouvoirs au sein du pouvoir, compl\u00e9ter la d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative. Amartya Sen nous aide \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir\u00a0: l\u2019id\u00e9e de d\u00e9velopper les \u00ab\u00a0capabilit\u00e9s\u00a0\u00bb des personnes permet de penser des actions publiques plus efficaces. Les politiques actuelles sont quantitatives (moins de professeurs \u00e0 l\u2019\u00c9ducation nationale tout en d\u00e9veloppant le soutien scolaire\u2026) et confondent les sph\u00e8res de bien. Vendre des biens industriels et assurer la sant\u00e9, ce n\u2019est pas la m\u00eame chose\u00a0: on ne peut pas homog\u00e9n\u00e9iser les cat\u00e9gories. On a organis\u00e9 l\u2019\u00e9valuation sur le d\u00e9ni du r\u00e9el, alors que l\u2019\u00e9valuation d\u2019un travail devrait se fonder sur le sens de l\u2019activit\u00e9. Dans le milieu m\u00e9dical, la T2A est un des sympt\u00f4mes de cette aberration.<\/p>\n<h3>Si on s\u2019int\u00e9resse dor\u00e9navant \u00e0 la vieillesse en institution, on s\u2019aper\u00e7oit qu\u2019on essaie de promouvoir depuis quelques ann\u00e9es une responsabilit\u00e9 des soignants assise sur la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des patients \u00e2g\u00e9s. Est-ce la bonne relation ? Faut-il substituer \u00e0 la sollicitude pour autrui qui devrait exister spontan\u00e9ment une sollicitude fond\u00e9e sur des processus juridiques ou organisationnels\u00a0?<\/h3>\n<p>Il y a deux choses\u00a0dans votre question.\u2008S\u2019agissant de la sollicitude fond\u00e9e sur des proc\u00e9dures juridiques, elle peut aboutir \u00e0 des normes contraignantes qui emp\u00eachent souvent les soignants de bien travailler. C\u2019est une contrainte \u00e0 mal travailler, fond\u00e9e sur le d\u00e9ni du r\u00e9el. Le travail, c\u2019est toujours g\u00e9rer l\u2019incertitude (les travaux de Christophe Dejours ont remarquablement bien montr\u00e9 ce point).\u2008Ensuite, la responsabilit\u00e9 assise sur la vuln\u00e9rabilit\u00e9,\u00a0ce n\u2019est pas seulement la fragilit\u00e9, c\u2019est aussi le fait que la personne \u00e2g\u00e9e a besoin d\u2019\u00eatre sollicit\u00e9e. Il convient d\u00e8s lors de ne plus placer le cursus seulement sur la fragilit\u00e9 mais d\u2019insister aussi sur les \u00ab promesses de vie demeur\u00e9es intactes \u00bb, sur la \u00ab positivit\u00e9 du handicap \u00bb\u00a0avec cette id\u00e9e qu\u2019on cesse de ne voir chez la personne \u00e2g\u00e9e ou handicap\u00e9e que les d\u00e9ficits et les privations. Il faut la consid\u00e9rer, prendre en compte sa diff\u00e9rence comme positivit\u00e9, son alt\u00e9rit\u00e9. Il faut aussi voir les choses avec un peu plus d\u2019imagination sans enfermer la personne \u00e2g\u00e9e seulement dans le soin. Les personnes \u00e2g\u00e9es elles-m\u00eames disent souvent : <em>j\u2019aime bien qu\u2019on sollicite mon avis<\/em>.<\/p>\n<h3>La vieillesse en institution n\u2019est-elle pas le d\u00e9ni du corps, le d\u00e9ni de l\u2019intime, en somme tout ce qui a constitu\u00e9 les valeurs fondamentales d\u2019autonomisation de nos soci\u00e9t\u00e9s ? Comment repenser notre rapport au corps lorsqu\u2019on est confront\u00e9 \u00e0 ce corps meurtri par le temps, expos\u00e9 au regard des soignants ?<\/h3>\n<p>Le soin, c\u2019est aussi effectivement tout ce travail sur la pudeur et sur les corps ingrats qui r\u00e9sistent au niveau esth\u00e9tique, qui ont une odeur d\u00e9sagr\u00e9able, etc. Il me semble quand m\u00eame que c\u2019est l\u00e0 que le m\u00e9tier de soin suppose des qualit\u00e9s pour prodiguer des gestes sans instrumentaliser la personne, sans faire en sorte que ce soit un objet qu\u2019on nettoie. Le respect de la personne m\u00eame lorsqu\u2019on la transporte, qu\u2019on la lave, doit demeurer intact. La maltraitance commence lorsqu\u2019on ne respecte pas l\u2019intimit\u00e9 de la personne. Dans le langage ou avec des gestes simples : \u00e9viter de dire \u00ab ma petite dame \u00bb, frapper \u00e0 la porte\u2026 Je constate cependant que l\u2019\u00e9thique entre de plus en plus dans les institutions. Il y a une conscience de la maltraitance.<\/p>\n<h3>Vous vous r\u00e9f\u00e9rez tr\u00e8s souvent \u00e0 Levinas qui parle d\u2019une \u00ab transcendance de l\u2019Autre\u00a0\u00bb (interdiction de tuer, respect de la dignit\u00e9 de l\u2019autre\u2026).\u2008Celle-ci est-elle actuelle en institution d\u00e8s lors que la personne \u00e2g\u00e9e est en quelque sorte d\u00e9poss\u00e9d\u00e9e de son corps, attach\u00e9e \u00e0 son corps comme nous le rappelle la pratique de contention qui fait m\u00eame l\u2019objet d\u2019\u00e9valuations par la Haute Autorit\u00e9 de sant\u00e9 ?<\/h3>\n<p>La pratique de la contention est terrible. La transcendance de l\u2019autre est intacte quels que soient ses d\u00e9ficits. L\u2019interdiction de l\u2019euthanasie l\u2019illustre parfaitement. L\u2019interdiction du meurtre que Levinas, dans\u00a0<em>Totalit\u00e9 et infini<\/em>, ne fonde pas au niveau religieux ni dans un contrat social pour des int\u00e9r\u00eats de paix civile mais qu\u2019il fait surgir du visage de l\u2019autre, en est une autre illustration. M\u00eame si j\u2019enl\u00e8ve la vie \u00e0 l\u2019autre en lui plantant un couteau dans le c\u0153ur, sa transcendance ne dispara\u00eet pas, son alt\u00e9rit\u00e9 r\u00e9siste. C\u2019est ce que Levinas appelle la \u00ab r\u00e9sistance \u00e9thique \u00bb du visage. Le meurtre s\u2019adresse au visage, \u00e0 l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 et non au corps.\u2008Le meurtre, ce n\u2019est pas seulement la domination, le fait de lutter \u00e0 mort pour sauver sa peau. Le meurtre s\u2019adresse au visage, dit Levinas. Le meurtre, je dirais, c\u2019est le \u00ab faire taire \u00bb absolu. Ce que dit Levinas du meurtre est une mani\u00e8re de parler de l\u2019essence de la violence. La violence est toujours un faire taire. C\u2019est le fait de nier la transcendance de l\u2019autre. Ainsi, la pratique de la contention, sauf si elle est vraiment n\u00e9cessaire pour prot\u00e9ger la personne \u00e2g\u00e9e d\u2019elle-m\u00eame, est une mani\u00e8re de la faire taire. C\u2019est une violence. Il y a des actes \u00e0 r\u00e9pertorier comme relevant de la malfaisance et de la violence. On ne doit utiliser la contention que dans des situations extr\u00eames et de mani\u00e8re tr\u00e8s provisoire.<\/p>\n<h3>Nous lisons souvent des injonctions relatives \u00e0 l\u2019\u00e9thique de la prise en charge de la personne \u00e2g\u00e9e, du <em>care<\/em>\u2026 N\u2019est-ce pas l\u00e0 encore le signe de la fin des liens sociaux spontan\u00e9s fondamentaux sur des solidarit\u00e9s de proximit\u00e9 ?<\/h3>\n<p>Je suis d\u2019accord, on revient \u00e0 la question de la responsabilit\u00e9 pour l\u2019autre. Les solidarit\u00e9s de proximit\u00e9 existent encore dans la famille, elles n\u2019existent plus dans le voisinage : pensez \u00e0 la gal\u00e8re qu\u2019on vit quand on cherche \u00e0 faire garder son chat pour quelques jours. Ce n\u2019est pas le cas aux \u00c9tats-Unis, o\u00f9 il y a plus de liens entre les gens qui habitent le m\u00eame immeuble. Dans les villages, il y a encore des solidarit\u00e9s de proximit\u00e9 qui vont au-del\u00e0 d\u2019un pr\u00eat de mat\u00e9riel. Mes parents, par exemple, font les courses \u00e0 des voisins \u00e2g\u00e9s, prennent de leurs nouvelles tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8rement. C\u2019est n\u00e9cessairement diff\u00e9rent \u00e0 Paris o\u00f9 les gens changent de lieu de vie tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8rement.<\/p>\n<blockquote><p>La maltraitance n\u2019est pas seulement un probl\u00e8me \u00e9thique, mais un probl\u00e8me politique, c\u2019est le d\u00e9ni du r\u00e9el.<\/p><\/blockquote>\n<h3>Comment concilier humanit\u00e9 et violence faite aux personnes \u00e2g\u00e9es, notamment les plus d\u00e9pendantes, lorsqu\u2019on d\u00e9cide \u00e0 leur place de leur programme quotidien (toilette impos\u00e9e \u00e0 6 h 00\u2026), du traitement impos\u00e9 \u00e0 leur corps\u00a0? Comme d\u00e9fendre l\u2019autonomie de la personne \u00e2g\u00e9e lorsque celle-ci n\u2019est plus en capacit\u00e9 de d\u00e9cider pour elle-m\u00eame, de parler pour elle-m\u00eame ?<\/h3>\n<p>On revient \u00e0 ce que l\u2019on disait sur l\u2019autonomie comme double capacit\u00e9. Je m\u2019\u00e9tonne toujours de constater que tous les gestes des soignants sont encadr\u00e9s par des normes alors qu\u2019il y a n\u00e9cessairement plusieurs niveaux du jugement m\u00e9dical\u00a0(Ric\u0153ur).<\/p>\n<p>Le premier niveau est le niveau prudentiel : le soignant estime ce qu\u2019il doit faire, comment, jusqu\u2019o\u00f9 et ensuite seulement doivent intervenir les normes qui encadrent. Aujourd\u2019hui, on a tendance \u00e0 tout normer ; cela dessaisit le soignant de son autonomie, de son bon sens et de sa responsabilit\u00e9 individuelle. Il faut faire confiance aux gens qui travaillent. Ces normes, impos\u00e9es de mani\u00e8re parfois bureaucratique, faussent le travail car le professionnel est avant tout un individu qui affronte un probl\u00e8me, qui le g\u00e8re avec sa prudence, son bon sens. S\u2019il est bien form\u00e9, il va trouver la r\u00e9ponse adapt\u00e9e. On revient \u00e0 la question de l\u2019organisation du travail\u00a0: la maltraitance, ce n\u2019est pas seulement un probl\u00e8me \u00e9thique mais un probl\u00e8me politique, c\u2019est le d\u00e9ni du r\u00e9el. Les soignants savent appr\u00e9cier, discerner les gestes. Les choses ne sont jamais carr\u00e9es, les angles ne sont pas droits ; c\u2019est pour cela que la prudence a du sens.<\/p>\n<h3>Comment faire en sorte que la personne, \u00e9l\u00e9ment philosophique, juridique, cette valeur de la personne ne disparaisse pas dans le soin ? N\u2019y a-t-il pas l\u00e0 une limite de toute prise en charge institutionnelle d\u00e8s lors qu\u2019il est difficile de concilier intervention pour l\u2019autonomie de la personne \u00e2g\u00e9e et, en m\u00eame temps, d\u00e9cider des besoins \u00e0 sa place\u00a0?<\/h3>\n<p>C\u2019est la question cl\u00e9 ! Pour \u00e9viter de se substituer spontan\u00e9ment \u00e0 la vacance de l\u2019autre et s\u2019octroyer le droit de d\u00e9cider \u00e0 sa place, il faut \u00eatre capable d\u2019\u00e9tablir une relation avec lui pour essayer de d\u00e9terminer ses besoins, ses d\u00e9sirs et ce qui pourrait lui correspondre. C\u2019est soutenir son autonomie au sens de la deuxi\u00e8me capacit\u00e9 dont je parlais tout \u00e0 l\u2019heure : on soutient ses d\u00e9sirs et ses valeurs en aidant la personne \u00e0 les traduire dans ses actes. Ce faisant, on \u00e9chappe au dilemme dont vous parlez. Il y a une voie tr\u00e8s \u00e9troite mais qui existe. C\u2019est le cas dans les services de soins Alzheimer avec toujours une prise de risque. Il ne s\u2019agit pas de faire de la personne l\u2019acteur de sa vie, mais de la faire respirer, de penser non pas le projet mais le possible. C\u2019est ce \u00e0 quoi nous invite la r\u00e9flexion sur l\u2019\u00ab\u00a0attention\u00a0\u00bb de Simone Veil, dans <em>La Pesanteur et la gr\u00e2ce<\/em>, lorsqu\u2019elle affirme que \u00ab\u00a0<em>l\u2019attention suppose de faire le vide en soi donc ne pas projeter sur autrui des d\u00e9sirs qui seraient les siens<\/em> \u00bb. L\u2019attention, c\u2019est encore \u00ab\u00a0une pri\u00e8re du quotidien\u00a0\u00bb. C\u2019est un appel \u00e0 la disponibilit\u00e9. Il faut aller chercher la personne l\u00e0 o\u00f9 elle est, venir les mains nues. C\u2019est autre chose qu\u2019une posture de toute-puissance.<\/p>\n<h3>La d\u00e9pendance ne pose-t-elle pas la question de la justice dans nos soci\u00e9t\u00e9s modernes qui ont justement assis la justice sur l\u2019\u00e9galit\u00e9 des droits ? Comment une personne incapable physiologiquement de faire reconna\u00eetre ses droits peut-elle \u00eatre pens\u00e9e comme \u00e9gale d\u2019une personne ind\u00e9pendante, autonome ?<\/h3>\n<p>C\u2019est une excellente question. Vous introduisez le passage de l\u2019\u00e9thique \u00e0 la justice. Celle-ci est li\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9. Mais de quelle \u00e9galit\u00e9 parle-t-on ? C\u2019est la question de Sen : l\u2019\u00e9galit\u00e9 des capabilit\u00e9s. Puisqu\u2019il n\u2019y a pas de personne de second rang et qu\u2019on ne peut pas \u00e9galiser les r\u00e9sultats (il serait vain de demander \u00e0 un handicap\u00e9 d\u2019\u00eatre danseur \u00e9toile), on peut dans tous les cas ne pas priver toute personne de la capacit\u00e9 \u00e0 exercer son imagination, ses \u00e9motions, \u00e0 participer au monde politique\u2026 Cette r\u00e9flexion sur les capabilit\u00e9s, avec un seuil en de\u00e7\u00e0 duquel une personne ne s\u2019\u00e9panouirait pas, indique une piste pour penser des politiques publiques centr\u00e9es sur ce qui permet aux individus d\u2019exercer ces capabilit\u00e9s. Cela passe par un travail invitant \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ce qui fait que des vies\u00a0 sont appauvries. Un d\u00e9ficit en capabilit\u00e9, par exemple dans la capabilit\u00e9 \u00e0 avoir un lien social, \u00e0 d\u00e9velopper ses \u00e9motions, n\u2019est pas un malheur, c\u2019est une injustice. Cela indique une vie diminu\u00e9e, une vie qui est une survie et non une vie vraiment humaine. Il est du devoir de l\u2019\u00c9tat de faire en sorte que les institutions ne privent pas les gens d\u2019acc\u00e8s \u00e0 ces capabilit\u00e9s.Ce sont donc les capabilit\u00e9s qui doivent \u00eatre \u00e9galis\u00e9es et plac\u00e9es au c\u0153ur des politiques publiques, et non les r\u00e9alisations des individus. La th\u00e9orie des capabilit\u00e9s est une fa\u00e7on de repenser les droits de l\u2019homme.<\/p>\n<h3>Les pouvoirs publics promeuvent la \u00ab bientraitance \u00bb. Cette ann\u00e9e est l\u2019ann\u00e9e du patient, reconnu comme un sujet entier d\u00e9positaire de droits auxquels toute institution ne peut d\u00e9roger. Vouloir faire le \u00ab bien \u00bb des autres, \u00e0 l\u2019image de Rousseau qui voulait \u00ab forcer ses compatriotes \u00e0 \u00eatre libres \u00bb, n\u2019est-ce pas le d\u00e9but d\u2019une d\u00e9shumanisation totalisante ?<\/h3>\n<p>J\u2019ai beaucoup de mal\u00a0 avec ce mot et je ne comprends pas ce qu\u2019il veut dire. Je lui pr\u00e9f\u00e8re le mot \u00ab responsabilit\u00e9 \u00bb. Il est plus ais\u00e9 de d\u00e9finir le <em>summum malum<\/em> que le <em>summum bonum<\/em>. Le bien en soi pour tous les \u00eatres humains c\u2019est difficile et dangereux. N\u00e9anmoins, Martha Naumsbaum donne un contenu aux capabilit\u00e9s d\u2019Armtya Sen : elle pose comme postulat qu\u2019il y a des domaines de la vie dont l\u2019acc\u00e8s permet \u00e0 un individu de vivre bien comme le droit \u00e0 la sant\u00e9, \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 de son corps, \u00e0 l\u2019expression de ses \u00e9motions, \u00e0 la participation politique\u2026 Mais le mot \u00ab bientraitance \u00bb est un mot fourre-tout pouvant donner lieu \u00e0 une pression d\u2019uniformisation qui serait d\u00e9shumanisante et totalisante. Cela suffit pour le discr\u00e9diter \u00e0 mes yeux. Le visage, c\u2019est tout sauf une totalit\u00e9, c\u2019est un individu qui ne peut \u00eatre assimil\u00e9 ni \u00e0 une essence ni \u00e0 un concept (Levinas). Toutes ces totalit\u00e9s qui voudraient r\u00e9duire l\u2019autre au m\u00eame sont totalisantes. La maltraitance, on aper\u00e7oit mieux ce que c\u2019est\u00a0: elle peut \u00eatre verbale, physique, elle peut ne pas \u00eatre intentionnelle mais li\u00e9e au <em>burn-out<\/em> d\u2019un personnel en sous-effectif. C\u2019est une question qu\u2019il faut prendre au s\u00e9rieux sans agiter le concept de bientraitance. Je partage votre m\u00e9fiance.<\/p>\n<p><em>Entretien r\u00e9alis\u00e9 par Abderrahim Hammou Kaddour<\/em><\/p>\n<p><strong>Biblio<\/strong><br \/>\n<em>Leo Strauss : une autre raison, d\u2019autres lumi\u00e8res<\/em>, Paris, Vrin, 2005.<br \/>\n<em>L\u2019Autonomie bris\u00e9e. Bio\u00e9thique et philosophie<\/em>, Paris, PUF, 2009.<br \/>\n<em>La Raison du sensible. Entretiens autour de la bio\u00e9thique<\/em>, Perpignan, Art\u00e8ge, 2009.<br \/>\n<em>\u00c9l\u00e9ments pour une \u00e9thique de la vuln\u00e9rabilit\u00e9. Les hommes, les animaux, la nature<\/em>, Paris, Le Cerf, parution septembre 2011.<\/p>\n<script>function PlayerjsAsync(){} if(window[\"Playerjs\"]){PlayerjsAsync();}<\/script>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><span class=\"span-reading-time rt-reading-time\" style=\"display: block;\"><span class=\"rt-label rt-prefix\">Temps de lecture\u00a0: <\/span> <span class=\"rt-time\"> 21<\/span> <span class=\"rt-label rt-postfix\">minutes<\/span><\/span>\ufeffPhilosophe, Corine Pelluchon est ma\u00eetre de conf\u00e9rences habilit\u00e9, actuellement \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Poitiers. Sp\u00e9cialiste de philosophie politique et d\u2019\u00e9thique appliqu\u00e9e (bio\u00e9thique, \u00e9thique environnementale et \u00e9thique animale), elle est l\u2019auteur de Leo Strauss : une autre raison, d\u2019autres lumi\u00e8res, en 2005, de L\u2019Autonomie bris\u00e9e. Bio\u00e9thique et philosophie, en 2009, de La Raison du sensible. 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