

{"id":15768,"date":"2015-02-01T00:00:00","date_gmt":"2015-01-31T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/ricom-web.com\/gestions-hospitalieres\/obesite-et-violence\/"},"modified":"2018-04-04T17:46:08","modified_gmt":"2018-04-04T15:46:08","slug":"obesite-et-violence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ricom-web8.com\/gestions\/obesite-et-violence\/","title":{"rendered":"Ob\u00e9sit\u00e9 et violence"},"content":{"rendered":"<span class=\"span-reading-time rt-reading-time\" style=\"display: block;\"><span class=\"rt-label rt-prefix\">Temps de lecture\u00a0: <\/span> <span class=\"rt-time\"> 27<\/span> <span class=\"rt-label rt-postfix\">minutes<\/span><\/span><h1><strong>De nouvelles approches \u00e0 l\u2019HPR de Bullion<\/strong><\/h1>\n<p><strong>Par Catherine Pillet<\/strong><\/p>\n<p>Ces adolescents d\u00e9veloppant une ob\u00e9sit\u00e9 pathologique, accompagn\u00e9e de comportements sociaux conflictuels, sont typiquement pris en charge et scolaris\u00e9s pendant trois mois sur le site de Bullion, un changement de mode de vie comportant un double d\u00e9fi. D\u2019une part, il leur faut surmonter le \u00ab\u2009d\u00e9racinement\u2009\u00bb\u2009: souvent issus de milieux p\u00e9riurbains d\u00e9favoris\u00e9s, o\u00f9 ils sont livr\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames, sans rep\u00e8res concernant notamment les risques pathologiques majeurs qui les menacent, mais attach\u00e9s \u00e0 ce qu\u2019ils per\u00e7oivent comme leur \u00ab\u2009libert\u00e9\u2009\u00bb. D\u2019autre part, cette immersion dans le cadre naturel de l\u2019HPR de Bullion, avec une prise en charge par des \u00e9quipes sp\u00e9cialis\u00e9es de p\u00e9diatres, soignants, psychologues, di\u00e9t\u00e9ticiens et \u00e9ducateurs, doit \u00eatre l\u2019occasion d\u2019une prise de conscience, qui compl\u00e8te la dimension \u00e9ducation th\u00e9rapeutique.<\/p>\n<p>C\u2019est dans ce contexte que j\u2019ai fait appel \u00e0 Christophe Caupenne, ancien chef n\u00e9gociateur du Raid, et \u00e0 son \u00e9quipe. C\u2019est une d\u00e9marche exp\u00e9rimentale, dont l\u2019objectif est de tenter par des m\u00e9thodes innovantes qui ont pu \u00eatre \u00e9prouv\u00e9es ailleurs, dans des situations de complexit\u00e9 majeure, et bien loin de nos prismes professionnels hospitaliers habituels, de canaliser l\u2019agressivit\u00e9 patente de ces jeunes patients, l\u00e0 o\u00f9 le message d\u2019autorit\u00e9 ne porte plus. Ainsi, depuis 2013, une intervention est organis\u00e9e syst\u00e9matiquement une fois par mois, durant une journ\u00e9e dans l\u2019unit\u00e9 en charge de l\u2019ob\u00e9sit\u00e9, tant aupr\u00e8s du personnel que des patients, mais s\u00e9par\u00e9ment. Les r\u00e9sultats observ\u00e9s sont d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s prometteurs, et confirm\u00e9s par une \u00e9tude r\u00e9trospective du nombre d\u2019\u00e9v\u00e9nements ind\u00e9sirables graves r\u00e9pertori\u00e9s sur ces trois derni\u00e8res ann\u00e9es, qui en d\u00e9montre bien les effets remarquables depuis le lancement de cette initiative. Christophe Caupenne alimente donc ses r\u00e9flexions et travaux notamment en r\u00e9f\u00e9rence aux retours d\u2019exp\u00e9riences tr\u00e8s enthousiastes, retranscrits anonymement par les patients au terme de chaque s\u00e9ance. Ceux ci \u00e9prouvent m\u00eame une grande fiert\u00e9 lorsqu\u2019ils mesurent le profil de leur coach aupr\u00e8s de qui ils s\u2019expriment tr\u00e8s librement, sans limite, et quel que soit le sujet.<\/p>\n<p>D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, il est av\u00e9r\u00e9 que les jeunes en surpoids subissent deux fois plus d\u2019agressions du fait de leur diff\u00e9rence visible, que ceux qui ont une taille normale. Par ailleurs, impr\u00e9gn\u00e9s \u00e0 ce jour de la cyberd\u00e9pendance, ils cultivent eux-m\u00eames violences, brutalit\u00e9 et jeux sexuels provocants. En cons\u00e9quence, ils ne sont plus pr\u00e9par\u00e9s \u00e0 g\u00e9rer cette probl\u00e9matique r\u00e9elle. Face \u00e0 ce souci chronique, persistant dans bien d\u2019autres \u00e9tablissements de sant\u00e9 ou m\u00e9dicaux sociaux, il nous fallait donc ouvrir les portes de cette d\u00e9marche exp\u00e9rimentale, tout autant que curieuse, avec l\u2019espoir d\u2019obtenir des r\u00e9sultats probants dans la dur\u00e9e\u2026<\/p>\n<h1>\u00c9tude de r\u00e9ponses comportementales \u00e0 certaines formes de violences<\/h1>\n<p><strong>Par Christophe Caupenne<\/strong><em><br \/>\n<\/em><\/p>\n<p>L\u2019ob\u00e9sit\u00e9 est l\u2019un des grands fl\u00e9aux de notre monde moderne et un v\u00e9ritable d\u00e9fi de sant\u00e9 publique pour le XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. L\u2019ob\u00e9sit\u00e9 des jeunes est multifactorielle et, pour beaucoup, la r\u00e9sultante d\u2019importants conflits internes. Dans l\u2019esprit d\u2019un grand nombre de praticiens, ce qui fonctionne le mieux pour une r\u00e9gulation des comportements chez les jeunes ob\u00e8ses, et notamment pour l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 morbide, est le carcan strict de r\u00e8gles.<\/p>\n<p>Avoir un soignant (non ob\u00e8se) qui se pose en gardien du temple, tel une vigie r\u00e9gnant sur l\u2019ensemble des moments de vie du patient, devrait avoir la vertu d\u2019\u00eatre structurant. Puisqu\u2019il faut changer les habitudes des jeunes, nul doute qu\u2019il convienne d\u2019appliquer une discipline sans concession\u2026<\/p>\n<p>Le soignant doit, de par le fait qu\u2019il appara\u00eet comme \u00e9tant en pleine sant\u00e9 (car non ob\u00e8se), \u00eatre \u00ab\u2009mod\u00e9lisant\u2009\u00bb. Il montre l\u2019exemple de ce qu\u2019il faut faire pour ne pas tomber dans les travers alimentaires ou comportementaux, dans les pi\u00e8ges de la facilit\u00e9 ou de la tentation. Ses conseils sont alors r\u00e9put\u00e9s cr\u00e9dibles et pertinents.<\/p>\n<p>Tout cela fonctionne tant que l\u2019adolescent reste sensible \u00e0 ce discours, respecte les r\u00e8gles et se plie aux injonctions et\/ou conseils. La difficult\u00e9 survient d\u00e8s lors que l\u2019ob\u00e8se (souvent un grand gaillard \u00e0 la taille et au poids significatifs) se montre rebelle \u00e0 toute autorit\u00e9 ou qu\u2019il tente de dominer les autres par la violence. Certains soignants se retrouvent dans une impasse comportementale ou posturale et avouent se sentir d\u00e9munis, \u00ab\u2009<em>car plus rien ne semble fonctionner<\/em>\u2009\u00bb, dans ce contrat moral cens\u00e9 r\u00e9guler le parcours de soins. Le rapport de force de certains jeunes adolescents devient un \u00e9cueil insurmontable, qui arrive m\u00eame \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer de la peur chez les soignants. Le pacte se brise et le soignant en arrive \u00e0 se mentir sur le constat qu\u2019il devrait faire de la situation, se refusant \u00e0 \u00e9noncer son impasse cognito-posturale et son manque de solution.<\/p>\n<p>Nulle intention de nier l\u2019importance de travailler, en premi\u00e8re intention m\u00e9thodologique, sur un principe de prise en charge de l\u2019ob\u00e8se violent sur la base d\u2019un mod\u00e8le contraignant, structurant, donc forc\u00e9ment autoritaire. Le rappel \u00e0 la loi, l\u2019\u00e9nonc\u00e9 des droits et devoirs, des r\u00e8gles internes, sont autant d\u2019occasion d\u2019affirmer la l\u00e9gitimit\u00e9 du processus d\u2019encadrement par une logique de \u00ab\u2009contrat moral\u2009\u00bb et \u00ab\u00a0comportemental\u2009\u00bb. Mais que faire lorsque ce principe n\u2019est pas respect\u00e9, n\u2019est pas admis, ou n\u2019est pas int\u00e9rioris\u00e9\u2009?<\/p>\n<h2>La violence des jeunes ob\u00e8ses entre eux\u2009: uniquement n\u00e9gative\u2009?<\/h2>\n<p>Pour l\u2019\u00e9thologue Konrad Lorenz, l\u2019agression chez les animaux, au sein d\u2019une m\u00eame esp\u00e8ce, n\u2019a pas pour vocation d\u2019\u00eatre meurtri\u00e8re, comme c\u2019est le cas dans les conflits interhumains, mais n\u2019est, avant tout, qu\u2019un moyen de r\u00e9gulation des comportements de rivalit\u00e9 amoureuse ou a pour objectif des qu\u00eates territoriales et\/ou une logique de survie par des actes de dominations entre m\u00e2les \u00ab\u2009alfa\u2009\u00bb (qui veulent privil\u00e9gier leurs descendances, afin de p\u00e9renniser leurs g\u00eanes, ce qui a \u00e9t\u00e9 parfaitement mis en \u00e9vidence par Darwin, puis plus r\u00e9cemment par Dawkins).<\/p>\n<blockquote><p>Le fort se rassure toujours \u00e0 dominer le faible. Il peut ainsi se comparer \u00e0 son avantage, trouver pire que lui.<\/p><\/blockquote>\n<p>La qu\u00eate de nourriture est, elle aussi, une source de conflits et de combats parfois sanglants entre animaux. Nous avons tous en t\u00eate des s\u00e9quences de reportages animaliers, o\u00f9 l\u2019on voit des pr\u00e9dateurs se disputer une m\u00eame carcasse\u2009: celui qui mange les meilleurs morceaux, c\u2019est le dominant\u00a0<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(1)<\/sup>. Et il n\u2019est point besoin d\u2019aller courir la savane pour rencontrer ce mode de r\u00e9gulation chez d\u2019autres esp\u00e8ces\u2009: il n\u2019y a qu\u2019\u00e0 voir ce que se font deux chats ou chiens lorsque l\u2019on ne met qu\u2019une seule portion de viande dans une gamelle commune. Si vous voulez cr\u00e9er un conflit, il n\u2019y a pas meilleure m\u00e9thode.<\/p>\n<p>Il est donc int\u00e9ressant de voir que l\u2019une des expressions de la puissance animale, dans le cadre de la domination des esp\u00e8ces, passe par le vecteur de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019alimentation. Celui qui mange beaucoup, qui mange bien, dispose d\u2019un statut privil\u00e9gi\u00e9 bas\u00e9 sur la dangerosit\u00e9 reconnue par ses cong\u00e9n\u00e8res. Quand les lionnes se partagent une carcasse de gazelle, les charognards piaffent autour, dans une danse impatiente et r\u00e9sign\u00e9e. Mais ils attendent, puisque l\u00e0 est la r\u00e8gle posturale impos\u00e9e par leur rapport de force sous-jacent.<\/p>\n<p>L\u2019homme serait-il \u00e9loign\u00e9 de tous ces m\u00e9canismes archa\u00efques\u2009? Pas vraiment, si l\u2019on regarde bien le cours de l\u2019histoire humaine. Un bref passage en revue de l\u2019histoire de l\u2019art nous montre que celle-ci regorge de sc\u00e9nettes d\u2019agapes et de repr\u00e9sentations de natures mortes all\u00e9chantes, de tableaux d\u2019influents personnages obs\u00e9quieux, que l\u2019on identifie, en qualit\u00e9 de \u00ab\u2009puissants\u2009\u00bb, \u00e0 la largeur de leur panse. Et que dire, ou que penser, des repr\u00e9sentations mani\u00e9ristes du peintre Guiseppe Arcimboldo qui, au XVI<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, repr\u00e9sentait des galeries de portraits \u00e0 partir de fruits et l\u00e9gumes\u2009? Il \u00e9claire soudain notre lanterne (psychanalytique) de ce coup de projecteur sur l\u2019\u00ab\u00a0homme nourriture\u2009\u00bb.<\/p>\n<p>La violence donne le pouvoir\u2026 et le pouvoir permet de bien manger. La boucle est boucl\u00e9e. L\u2019inconscient collectif des hommes se nourrit peut-\u00eatre de cette peur, qui nous hanterait de fa\u00e7on irrationnelle et primitive\u2009; cette peur de \u00ab\u2009mourir de faim\u2009\u00bb, expression sommitale de notre possible d\u00e9ch\u00e9ance\u2009?<\/p>\n<p>L\u2019ob\u00e8se se rassure-t-il en s\u2019entourant de cette masse protectrice, si fortement affich\u00e9e aux yeux de tous\u2009? Rassure t-il ses proches (tout autant qu\u2019il les inqui\u00e8te) en montrant qu\u2019il est \u00ab\u2009fort en chair\u2009\u00bb\u2009? La violence viendrait-elle en r\u00e9ponse \u00e0 l\u2019immense paradoxe de ce que repr\u00e9sente le prix \u00e0 payer pour ce \u00ab\u2009corps gras et gros\u2009\u00bb, que l\u2019imaginaire inconscient des m\u00e8res, si promptes \u00e0 bien nourrir leur prog\u00e9niture, contrarie sans le savoir\u2009?<\/p>\n<p>Pour l\u2019homme, les grands m\u00e9canismes de la violence sont plus subtils que chez les animaux.<\/p>\n<p>Le philosophe anglais Thomas Hobbes, au XVII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, parlait de trois grands moteurs\u2009: la rivalit\u00e9, la d\u00e9fiance (peur de l\u2019autre et de la trahison) et la gloire (vanit\u00e9), qui seraient les vecteurs de la noirceur de notre \u00e2me primitive. La violence, en r\u00e9alit\u00e9, est beaucoup plus complexe. Elle est souvent une r\u00e9ponse multicrit\u00e8re, bas\u00e9e sur\u2009:<\/p>\n<ul>\n<li>la col\u00e8re et la haine,<\/li>\n<li>l\u2019effacement des tensions (internes, avec un r\u00f4le d\u2019exutoire),<\/li>\n<li>la cupidit\u00e9 et la jalousie, mais aussi l\u2019envie et (son corollaire) la frustration\u2009: ensemble de sentiments li\u00e9s \u00e0 la comparaison et au d\u00e9sir d\u2019appropriation,<\/li>\n<li>la qu\u00eate identitaire (volont\u00e9 de restauration narcissique, revanche, complexe d\u2019inf\u00e9riorit\u00e9, etc.),<\/li>\n<li>la peur (et ses processus associ\u00e9s que sont le stress, l\u2019angoisse, l\u2019angoisse de la perte\u2026),<\/li>\n<li>la volont\u00e9 de domination d\u2019autrui et la rivalit\u00e9 interraces\/interclans,<\/li>\n<li>la perversit\u00e9 et le plaisir (aimer faire le mal ou aimer faire du mal).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Est-ce que ce sont ces leviers qui motivent nos jeunes ob\u00e8ses violents\u2009? Si ce n\u2019\u00e9tait que \u00e7a, nous n\u2019aurions pas mati\u00e8re \u00e0 nous pencher sur la question de la violence et de l\u2019ob\u00e9sit\u00e9. Alors qu\u2019en est-il\u2009? Et pourquoi adopter le parti d\u2019une r\u00e9flexion sur les jeunes ob\u00e8ses et non sur les adultes\u2009? Tout simplement parce que les jeunes forment une population suivie m\u00e9dicalement et que l\u2019on peut ainsi observer des comportements de tension ou d\u2019agressivit\u00e9 qui d\u00e9sar\u00e7onnent les membres des \u00e9quipes soignantes et les laissent dans une impasse. Les causes de ces m\u00e9canismes qui alimentent les processus de violence sont \u00e0 regarder de mani\u00e8re sp\u00e9cifique, afin de comprendre la psychodynamique des actes et de tenter d\u2019apporter des r\u00e9ponses originales.<\/p>\n<h3>La violence contre les autres<\/h3>\n<p>Aussi paradoxale soit-elle, la violence contre les autres est souvent l\u2019expression d\u2019une forme de r\u00e9appropriation narcissique\u2009: c\u2019est une \u00e9tape o\u00f9 le jeune montre qu\u2019il cesse de se faire uniquement mal \u00e0 lui. Il d\u00e9passe le stade de l\u2019humiliation et de la honte pour oser transgresser son \u00e9tat et \u00eatre, \u00e0 son tour, un dominateur (ou \u00e0 d\u00e9faut un simple dominant opportuniste et circonstanciel). En soi, cette agressivit\u00e9 ne serait donc pas totalement inutile ou n\u00e9gative. Elle serait m\u00eame \u00e0 ranger dans la cat\u00e9gorie des forces vitales, celles-l\u00e0 m\u00eames qui ont peut-\u00eatre permis \u00e0 l\u2019homme de d\u00e9passer sa condition de vuln\u00e9rabilit\u00e9, afin de conqu\u00e9rir le monde.<\/p>\n<p>Mais comme le malaise corporel est toujours l\u00e0, chez le jeune ob\u00e8se, et comme \u00ab\u00a0faire du mal\u2009\u00bb (pour montrer que l\u2019on ne va pas bien et que le monde ne nous aime pas, ne nous comprend pas) est toujours trop pr\u00e9gnant dans le psychisme, c\u2019est \u00e0 un tiers de subir cette violence de transfert et de remplir un r\u00f4le expiatoire.<\/p>\n<p>\u00ab\u2009L\u2019autre\u2009\u00bb (le plus faible que soi) devient m\u00eame le coupable id\u00e9al, donc le parfait bouc-\u00e9missaire, victime ext\u00e9rieure de la violence int\u00e9rieure. La tentative de restauration narcissique est \u00e0 ce prix. \u00ab <em>Je pr\u00e9f\u00e8re lui faire du mal, \u00e0 lui, plut\u00f4t que de continuer \u00e0 ne m\u2019en faire qu\u2019\u00e0 moi<\/em> \u00bb\u2026<\/p>\n<p>Le fort se rassure toujours \u00e0 dominer le faible. Il peut ainsi se comparer \u00e0 son avantage, trouver pire que lui\u00a0<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(2)<\/sup>, ce qui l\u2019aide \u00e0 se donner un peu plus d\u2019assurance personnelle. Faut-il condamner celui qui tente d\u2019\u00eatre plus fort que ceux qui l\u2019entourent d\u00e8s lors qu\u2019il s\u2019agit de survie (psychique, en l\u2019occurrence)\u2009? Ce qui peut nous para\u00eetre anormal dans certaines situations (parce que nous subissons un pr\u00e9jug\u00e9 majeur qui est associ\u00e9 \u00e0 la notion de victimes \u00ab\u2009pathologiques\u2009\u00bb que sont les ob\u00e8ses) ne nous \u00e9meut nullement d\u00e8s lors qu\u2019on change de prisme et de loupe d\u2019observation\u2009: condamnerait-on des \u00e9l\u00e8ves de pr\u00e9paration \u00e0 l\u2019X du fait qu\u2019ils sont en comp\u00e9tition impitoyable, pr\u00eats \u00e0 tous les coups bas, afin d\u2019atteindre le Graal, ce concours d\u2019entr\u00e9e avec un nombre de places ultrar\u00e9duit\u2009? Certes non. Pourtant, les m\u00eames processus se passent\u2009: il y aura des \u00ab\u2009plus faibles\u2009\u00bb sur le carreau, des gens d\u00e9truits psychologiquement, des espoirs an\u00e9antis, des blessures narcissiques violentes qui marqueront les \u00e2mes bless\u00e9es \u00e0 vie, etc. Interrogeons-nous sur nos notions du \u00ab\u00a0normal\u2009\u00bb et de l\u2019\u00ab\u2009anormal\u2009\u00bb. La fronti\u00e8re n\u2019est pas \u00e9vidente.<\/p>\n<h3>Le rejet par la violence<\/h3>\n<p>La violence des jeunes ob\u00e8ses sert parfois, inconsciemment, \u00e0 tenter de \u00ab\u2009tuer\u2009\u00bb symboliquement celui qui incarne \u00ab\u00a0visiblement\u00a0\u00bb la maladie\/le trouble\/le probl\u00e8me\u2026 donc la faiblesse.<\/p>\n<p>En s\u2019attaquant \u00e0 l\u2019image (en miroir) de lui-m\u00eame, l\u2019ob\u00e8se cherche l\u00e0 encore \u00e0 d\u00e9truire cette repr\u00e9sentation de lui que lui renvoie l\u2019autre. \u00ab <em>J\u2019en ai marre de la maladie, donc je me montre violent et odieux avec celui qui me renvoie au quotidien l\u2019image de mon propre probl\u00e8me<\/em>. \u00bb Des r\u00e9actions de rejet et de ras-le-bol s\u2019expriment alors, et peu importe qui subit les foudres de cette agressivit\u00e9.<\/p>\n<h3>Un narcissisme destructeur<\/h3>\n<p>Dans l\u2019ob\u00e9sit\u00e9, on est aussi tr\u00e8s souvent dans une pathologie du narcissisme. Les attaques peuvent \u00eatre physiques (coups, bagarres), mais sont aussi tr\u00e8s souvent constitu\u00e9es de rumeurs et de mensonges, qui sont autant de mesquineries inf\u00e2mantes dont l\u2019ob\u00e8se conna\u00eet parfaitement l\u2019impact destructeur pour en avoir \u00e9t\u00e9 lui-m\u00eame l\u2019objet \u00e0 de multiples reprises. Mais le mesure t-il toujours\u2009? Pour certains harceleurs, le fait de d\u00e9guiser l\u2019agression d\u2019autrui derri\u00e8re de simples mots leur permet de laisser croire qu\u2019ils ne sont pas si m\u00e9chants, ou machiav\u00e9liques, que \u00e7a. Ils utilisent \u00e0 leur avantage une grille de lecture de la violence qui minimise les impacts purement mentaux.<\/p>\n<p>C\u2019est en r\u00e9alit\u00e9 une perversit\u00e9 bien plus grande, car elle agit de mani\u00e8re insidieuse, s\u2019inoculant dans le psychisme des victimes, \u00ab\u00a0sans d\u00e9g\u00e2ts apparents\u2009\u00bb. Or, on sait bien que ce type de blessures est souvent pire que les blessures physiques, lesquelles se soignent en surface, visiblement, aux yeux de tous. En revanche, quand une personne est martyris\u00e9e psychiquement, il n\u2019y a rien \u00e0 observer en surface, le mal est interne, loin de toute compassion. Elle n\u2019est donc pas victime, puisque ce qui ne se voit pas, qui ne se mesure pas, n\u2019existe pas. Catherine Pillet, directrice de l\u2019h\u00f4pital p\u00e9diatrique et de r\u00e9\u00e9ducation de Bullion, parle \u00e0 ce sujet du \u00ab\u2009cancer de l\u2019indiff\u00e9rence\u2009\u00bb, que connaissent les victimes de stigmatisations ou d\u2019insultes d\u00e8s lors que ces faits ne sont pas stopp\u00e9s et leurs auteurs sanctionn\u00e9s. La pire des blessures vient de l\u2019indiff\u00e9rence de tous \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ces victimes. Ces attaques \u00ab\u00a0verbales\u2009\u00bb sont d\u2019autant plus insupportables pour les victimes qu\u2019elles \u00e9manent d\u2019autres patients, logiquement dans la m\u00eame situation qu\u2019eux. C\u2019est donc une double blessure qui est inflig\u00e9e, sous la forme de deux injustices associ\u00e9es\u2009:<\/p>\n<ul>\n<li>certaines victimes ne se sentent pas forc\u00e9ment coupables de leur \u00e9tat et estiment donc qu\u2019elles n\u2019ont tout simplement \u00ab\u2009pas de chance\u2009\u00bb, que la nature ne les a pas aid\u00e9es. C\u2019est parfois ce que v\u00e9hiculent leurs proches, dans un souci de d\u00e9culpabilisation. Ce serait donc une injustice \u00ab\u2009par nature\u2009\u00bb, ou \u00ab\u2009par hasard\u2009\u00bb, une loterie d\u2019o\u00f9 elles seraient sorties perdantes d\u00e8s le d\u00e9part\u2009;<\/li>\n<li>ce sont d\u2019autres ob\u00e8ses (leur groupe m\u00e9dico-social d\u2019appartenance) qui leur font le plus mal, alors que les gens \u00ab\u00a0normaux\u00a0\u00bb (les non-ob\u00e8ses) d\u00e9guisent leurs sentiments derri\u00e8re une politesse de circonstance ou se montrent tr\u00e8s souvent bienveillants et compatissants. C\u2019est donc le monde \u00e0 l\u2019envers, d\u2019o\u00f9 ce paradoxe identitaire. L\u2019ob\u00e8se martyris\u00e9 par un autre ob\u00e8se est un double exclu\u2009: de la vie sociale des non-ob\u00e8ses et de la communaut\u00e9 de ses cong\u00e9n\u00e8res.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les victimes auraient-elles vocation \u00e0 devenir \u00e0 leur tour bourreaux\u2009? Oui, tr\u00e8s souvent, m\u00eame s\u2019il faut se d\u00e9fendre de g\u00e9n\u00e9raliser ce principe (bien heureusement). Victor Hugo disait \u00e0 ce sujet, dans <em>Les Mis\u00e9rables<\/em>\u2009: \u00ab\u2009<em>Les gal\u00e8res font les gal\u00e9riens<\/em>.\u2009\u00bb Il n\u2019y a qu\u2019\u00e0 observer l\u2019histoire des guerres du XX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle pour s\u2019apercevoir que cela a \u00e9t\u00e9 le cas \u00e0 de nombreuses occasions (la Shoah et les capots juifs des camps de la mort, les paysans khmers devenus paysans liquidateurs lors du g\u00e9nocide de Pol Pot au Cambodge\u2026). L\u2019horreur est toujours pire lorsqu\u2019elle \u00e9mane de nos proches, de notre famille r\u00e9f\u00e9rentielle.<\/p>\n<h3>Une fonction identitaire<\/h3>\n<p>La violence correspond aussi \u00e0 une fonction identitaire (d\u00e9fensive), en r\u00e9ponse au regard du monde et des autres. Cela pourrait se r\u00e9sumer par l\u2019affirmation suivante\u2009: \u00ab\u00a0<em>Il vaut mieux \u00eatre violent, que n\u2019\u00eatre rien\u2009!<\/em> \u00bb C\u2019est une fonction \u00e0 la port\u00e9e de tous. Il suffit, pour l\u2019exercer, de trouver plus faible que soi et de le soumettre. S\u2019attaquer aux autres repr\u00e9sente une fonction paravent qui sert \u00e0 donner du sens et \u00e0 compenser la frustration et les malaises. La fonction est certes parfois vengeresse, mais elle peut aussi servir \u00e0 ext\u00e9rioriser l\u2019id\u00e9al dominateur dont le jeune ob\u00e8se a pu faire l\u2019exp\u00e9rience dans le pass\u00e9, et qui est peut-\u00eatre toujours pour lui un mod\u00e8le identificatoire (inscrit dans son cerveau limbique). Il se contenterait alors de reproduire, sans en avoir vraiment conscience, un mod\u00e8le r\u00e9f\u00e9rent pr\u00e9cis qui aurait influenc\u00e9 sa personnalit\u00e9 lors de la construction de sa personnalit\u00e9. Dans certains cas, ce principe de reproduction est l\u2019une des causes de cette violence.<\/p>\n<h3>Qui est victime\u2009?<\/h3>\n<p>Enfin, si l\u2019on regarde ce processus sous l\u2019angle victimologique, on peut se demander \u00e9galement qui sont les victimes\u2009? Est-ce \u00ab\u00a0tout le monde\u2009\u00bb ou \u00ab\u2009certain(e)s\u2009\u00bb\u2009? Y a-t-il un profil type du \u00ab\u2009harcel\u00e9\u2009\u00bb ou de l\u2019ob\u00e8se \u00ab\u2009battu par les autres\u2009\u00bb\u2009?<\/p>\n<p>Souvent, dans bon nombre de m\u00e9canismes de victimisation, l\u2019objet des violences participe inconsciemment \u00e0 favoriser ou poursuivre le comportement harceleur, car pour lui, \u00ab <em>vaut mieux \u00eatre victime plut\u00f4t que de n\u2019\u00eatre rien<\/em> \u00bb. D\u2019o\u00f9 le diagnostic que pour certaines de ces situations de violences, l\u2019auteur et la victime sont parfois dans un pacte inconscient de compl\u00e9mentarit\u00e9 (ou d\u2019utilit\u00e9 r\u00e9ciproque)\u2009: l\u2019un et l\u2019autre y trouvent des raisons et des b\u00e9n\u00e9fices identitaires (inconscients).<\/p>\n<p>Il convient d\u2019attirer l\u2019attention sur la fonction transgressive de la violence, peut-\u00eatre une \u00e9tape d\u2019affirmation de soi et donc aussi de renarcissisation. L\u2019individu violent peut chercher \u00e0 se r\u00e9volter, \u00e0 prendre, ou \u00e0 reprendre, le pouvoir sur le monde, sur les autres, et donc peut-\u00eatre aussi sur lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>La violence aurait-elle alors une fonction utile, voire dans certains cas n\u00e9cessaire \u00e0 une r\u00e9assurance salvatrice\u2009?<\/p>\n<blockquote><p>Pour certaines situations de violences, l\u2019auteur et la victime sont parfois dans un pacte inconscient de compl\u00e9mentarit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>On doit pouvoir se poser librement la question. Et si c\u2019est le cas, se demander s\u2019il est possible de d\u00e9dramatiser l\u2019expression de l\u2019agressivit\u00e9, dans un premier temps, afin de lib\u00e9rer la parole de tous les acteurs. Ce qui importe, ce n\u2019est pas de rester dans le v\u00e9cu des \u00e9motions n\u00e9gatives ou dans l\u2019historicit\u00e9 de ce qui se produit dans les rapports de force, mais de saisir les causes et le processus qui s\u2019expriment. C\u2019est leur compr\u00e9hension qui permettra la prise de conscience de l\u2019absurdit\u00e9 d\u2019un recours \u00e0 la violence. C\u2019est \u00e9galement un moyen pour rendre les ob\u00e8ses violents \u00ab\u2009acteurs\u2009\u00bb de leur d\u00e9cision quant au passage \u00e0 l\u2019acte. Enfin, c\u2019est une m\u00e9thode pour passer du jugement des autres (toujours probl\u00e9matique chez l\u2019ob\u00e8se, qu\u2019il subit incessamment), au jugement de \u00ab\u2009soi par soi\u2009\u00bb\u2009: \u00ab <em>Je me regarde en face et je sais pourquoi je fais les choses<\/em>. \u00bb<\/p>\n<p>La maturit\u00e9 comportementale est \u00e0 ce prix. Le changement aussi.<\/p>\n<h3>L\u2019exemplarit\u00e9 des soignants<\/h3>\n<p>Il faut \u00e9voquer le d\u00e9ficit d\u2019exemplarit\u00e9 de certains soignants, m\u00eame s\u2019il reste marginal, m\u00eame s\u2019il ne concerne que quelques cas isol\u00e9s. D\u2019aucuns adoptent des postures \u00ab\u00a0blessantes\u2009\u00bb \u00e0 l\u2019\u00e9gard de certains ob\u00e8ses, les moquant, les titillant, les provoquant, afin de les faire r\u00e9agir, pour les punir du peu d\u2019efforts qu\u2019ils d\u00e9ploient ou pour les humilier lorsque ces derniers trichent, se montrent fain\u00e9ants ou irritants. Ces personnel peut faire montre de comportements de maltraitance que d\u2019aucuns pourraient qualifier de \u00ab\u2009faible intensit\u00e9\u2009\u00bb (car il ne s\u2019agirait que de maltraitances purement verbales), alors m\u00eame que ces comportements sont terriblement ravageurs pour l\u2019\u00e2me.<\/p>\n<p>La violence physique des patients serait parfois le moyen de se venger de ces comportements de rejet ou en r\u00e9action \u00e0 l\u2019agression verbale des soignants. Une sorte de miroir brouill\u00e9 qui se mettrait en place, o\u00f9 les travers des uns conditionneraient les postures des autres, chacun \u00e9voquant maladroitement, \u00e0 sa mani\u00e8re, le malaise profond de l\u2019incommunicabilit\u00e9 qui l\u2019animerait. L\u2019agressivit\u00e9 chez les enfants et chez les soignants se caract\u00e9rise le plus souvent par des insultes et des provocations. Une fois la bo\u00eete de Pandore entrouverte, qui fixe la limite\u2009?<\/p>\n<p>Cet aspect du probl\u00e8me est le plus simple \u00e0 g\u00e9rer d\u00e8s lors qu\u2019il est identifi\u00e9 comme pouvant \u00eatre la cause de la tension ambiante. Les dirigeants se doivent d\u2019\u00eatre vigilants et ne jamais laisser passer de d\u00e9bordements ou de comportements causant des atteintes \u00e0 la d\u00e9ontologie de la part de leurs personnels d\u2019encadrement. Encore faut-il laisser aux \u00e9quipes de direction les moyens de pouvoir r\u00e9ellement sanctionner ou r\u00e9guler, les comportements anormaux ou d\u00e9viants, m\u00eame (et voire surtout) lorsqu\u2019ils constituent des ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e0 \u00ab\u2009bas bruit\u2009\u00bb. L\u2019exemplarit\u00e9 est l\u2019une des bases du management et de la r\u00e9gulation des comportements de groupes.<\/p>\n<h3>Un temps de travail limit\u00e9 pour \u00e9viter l\u2019accoutumance\u2009?<\/h3>\n<p>Il faut se demander \u00e9galement s\u2019il ne faut pas limiter le temps de travail d\u2019un soignant dans les secteurs de l\u2019ob\u00e9sit\u00e9, tout comme on pense \u00e0 le faire dans celui des soins palliatifs ou des personnes \u00e2g\u00e9es. Ces activit\u00e9s sont fatigantes, usantes et n\u00e9cessitent que la routine ne s\u2019installe jamais dans le quotidien.<\/p>\n<p>Serait-ce raisonnable d\u2019admettre que, apr\u00e8s cinq ans, un professionnel de ce secteur doive changer de structure\u2009? Serait-ce raisonnable de se dire que l\u2019on ne peut pas avoir la pr\u00e9tention de soigner, d\u2019aider, si nos sentiments s\u2019\u00e9moussent envers des individus hypersensibles\u2009? Ces sp\u00e9cialisations et ces structures sont exigeantes et r\u00e9clament de l\u2019autonomie chez les personnels. Pour autant, est-il raisonnable que les agents qui travaillent la nuit (loin des yeux de la direction) et qui subissent tant d\u2019exigences \u00e9thiques ou posturales s\u2019installent avec le temps dans un syst\u00e8me favorisant une certaine forme de toute-puissance\u2009?<\/p>\n<blockquote><p>Il faut aller chercher, derri\u00e8re les comportements, ou derri\u00e8re les demandes des ob\u00e8ses, ce que pourraient \u00eatre leurs besoins cach\u00e9s.<\/p><\/blockquote>\n<p>Le <em>turn-over<\/em>, lorsque les politiques de recrutement le favorisent, a parfois du bon, notamment pour maintenir la motivation et l\u2019engagement. Certes, il constitue une perte ponctuelle de savoir-faire, mais ce que l\u2019on perd d\u2019un c\u00f4t\u00e9 enrichit d\u2019autres secteurs apr\u00e8s coup et participe \u00e0 la mont\u00e9e en comp\u00e9tence de bon nombre d\u2019autres entit\u00e9s. Brasser les personnels ouvre l\u2019esprit de tous sur la r\u00e9alit\u00e9 et la complexit\u00e9 de la profession et enrichit chacun d\u2019une exp\u00e9rience individuelle qui trouve toujours son utilit\u00e9.<\/p>\n<p>Certains soignants sont dans le d\u00e9ni de leur violence ou de leur maltraitance\u2009: une question de contexte social ? d\u2019\u00e9ducation\u2009? Leur statut leur donne une l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 dire\u2009: \u00ab <em>Je suis adapt\u00e9 \u00e0 ce job\u2009!<\/em> \u00bb Or, ce n\u2019est pas parce qu\u2019on sait poser une perfusion qu\u2019on sait traiter les \u00ab\u2009malades identitaires\u2009\u00bb.<\/p>\n<h3>Le parcours soignant<\/h3>\n<p>Ultime interrogation\u2009: certains personnels sont-ils all\u00e9s par hasard vers ce m\u00e9tier, vers ces patients et leur pathologie\u2009? N\u2019ont-ils pas trouv\u00e9, dans ce secteur m\u00e9dical, quelques bonnes excuses pour devenir eux-aussi \u00ab\u2009blessants\u2009\u00bb, parfois m\u00eame maltraitants\u2009? N\u2018ont-ils pas un compte \u00e0 r\u00e9gler avec leur propre vie\u2009? Certains ne projettent-ils pas sur les patients leurs propres d\u00e9mons\u00a0<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(3)<\/sup>\u2009? Ne se payent-ils pas des douleurs de leur propre existence\u2009?<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas par provocation que j\u2019aborde un sujet aussi d\u00e9licat, mais avec la volont\u00e9 de m\u2019affranchir des convenances. Je souhaite que nous nous posions collectivement ce genre de questions d\u00e8s lors que l\u2019on se retrouve \u00e0 un niveau de responsabilit\u00e9 ou de management qui nous donne des obligations morales tout autant qu\u2019organisationnelles. Le choix de l\u2019affectation, ou non, de certains agents dans des structures aussi exigeantes ne devrait pas se faire uniquement sur des consid\u00e9rations mat\u00e9rielles ou fonctionnelles. Il faudrait avoir le courage de d\u00e9tourner certains de ce qu\u2019ils croient \u00eatre leur vocation, d\u2019autres leur destin\u00e9e. On ne peut pas pr\u00e9tendre soigner un fl\u00e9au social d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et de l\u2019autre se contenter de la m\u00e9diocrit\u00e9 de sa prise en charge. Nous devons \u00eatre encore plus exigeants pour ces sp\u00e9cialit\u00e9s m\u00e9dicales difficiles, o\u00f9 la question de l\u2019humain est souvent au c\u0153ur de l\u2019\u00e9quation.<\/p>\n<p>Le terme m\u00eame de \u00ab\u2009soignant\u2009\u00bb implique la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une forme de d\u00e9licatesse, de \u00ab\u00a0pansages de plaies \u00bb, physiques ou morales\u2009; il induit une dimension d\u2019attention, de pr\u00e9caution \u00e0 avoir, afin de respecter le principe d\u2019utilit\u00e9. Qui mieux que ces patients, jeunes et malheureux dans leur \u00e2me et leur corps, m\u00e9riterait notre attention\u2009? Notre risque serait de ne pas prendre conscience de l\u2019\u00ab\u2009\u00e9pid\u00e9mie de cas\u2009\u00bb qui frappe nos soci\u00e9t\u00e9s modernes et de ne rel\u00e9guer ce probl\u00e8me que dans des \u00ab\u2009lieux\u2009\u00bb pseudo adapt\u00e9s, sans comprendre qu\u2019avant tout, les r\u00e9ponses se doivent d\u2019\u00eatre syst\u00e9miques, rigoureuses sur chaque protocole, et qu\u2019une partie rel\u00e8ve d\u2019une politique (globale) de sant\u00e9 publique.<\/p>\n<p>Je pousserais volontairement ce d\u00e9bat d\u00e9licat dans son dernier retranchement, en posant la question de la pertinence de la \u00ab\u00a0carte des acteurs\u2009\u00bb. Ce sujet de l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 est pris en main par des m\u00e9decins. N\u2019est-ce pas un angle d\u2019attaque du probl\u00e8me qui oriente d\u00e9j\u00e0 n\u00e9gativement les solutions, en leur conf\u00e9rant une notion quasi math\u00e9matique d\u2019effet\/r\u00e9action, de syst\u00e9matisation, de protocolisation pseudo \u00ab\u00a0m\u00e9canique\u2009\u00bb\u2009? C\u2019est une mani\u00e8re de partir d\u2019id\u00e9es re\u00e7ues\u2009: \u00ab <em>Mangez moins gras, moins de sucre, faites du sport<\/em> \u00bb\u2026 Ces propos ont la vertu d\u2019\u00eatre parfaitement pertinents, mais insuffisants pour enclencher le m\u00e9canisme de la correction posturale de ces jeunes enfants. Ces r\u00e9ponses, dites \u00ab\u2009objectives\u2009\u00bb \u00e0 d\u00e9faut d\u2019\u00eatre \u00ab\u2009savantes\u2009\u00bb, ne r\u00e9pondent pas aux \u00ab\u2009besoins\u2009\u00bb que tentent de combler les ob\u00e8ses. D\u2019o\u00f9 cette question\u2009: les m\u00e9decins sont-ils les mieux plac\u00e9s pour prendre en charge l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 morbide\u2009? Ne doivent-ils pas rester les \u00ab\u2009excellents conseilleurs et experts\u2009\u00bb et laisser \u00e0 d\u2019autres \u00ab\u00a0coordinateurs\u2009\u00bb le soin de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 l\u2019individualisation des prises en charge\u2009? (Le d\u00e9bat pourrait s\u2019\u00e9tendre \u00e0 d\u2019autres domaines, telle la g\u00e9riatrie, ou certains handicaps\u2026).<\/p>\n<h2>R\u00e9pondre aux attentes des professionnels et combattre l\u2019agressivit\u00e9<\/h2>\n<p>Dans les cas o\u00f9 il est impossible de r\u00e9soudre ou d\u2019emp\u00eacher la violence par les m\u00e9thodes habituelles de r\u00e9gulation que sont la sanction ou la menace, il faut pouvoir \u00eatre audacieux et changer compl\u00e8tement notre prisme d\u2019approche. Certaines cl\u00e9s de r\u00e9duction de l\u2019agressivit\u00e9 sont int\u00e9ressantes et m\u00e9ritent qu\u2019on les regarde sans parti pris, afin de voir si elles ne contiendraient pas quelques solutions innovantes.<\/p>\n<h3>La d\u00e9culpabilisation<\/h3>\n<p>Ce terme effraie imm\u00e9diatement tous les gardiens de la morale et de l\u2019ordre, ce qui est normal car il est vecteur d\u2019un pr\u00e9jug\u00e9 qui l\u2019associe au laxisme, lequel contrarie toute notion de contrat moral (notamment dans le processus de soins). Et pourtant, il n\u2019y a aucune volont\u00e9 de ma part d\u2019\u00eatre permissif vis-\u00e0-vis de la violence et des agresseurs, mais seulement de trouver d\u2019autres solutions que celles que nous utilisons en temps normal, d\u00e8s lors que celles-ci n\u2019arrivent plus \u00e0 endiguer la question de l\u2019agressivit\u00e9 des jeunes.<\/p>\n<p>Ce qui est s\u00fbr, c\u2019est que d\u00e8s que les simples messages de pr\u00e9vention, ou de dissuasion, n\u2019ont plus d\u2019effet et que les mesures de sanction ne dissuadent plus les contrevenants, il faut se demander pourquoi et remettre \u00e0 plat notre mod\u00e8le. Les ob\u00e8ses violents se sentent une l\u00e9gitimit\u00e9 dans leurs actions transgressives, car ils se vivent comme des malades. Inconsciemment ou non, ils savent que tout est plus ou moins permis \u00e0 un malade.<\/p>\n<p>La violence est intrins\u00e8que \u00e0 la nature humaine et elle a une fonction \u00ab\u2009utilitaire\u2009\u00bb. Cela ne sert donc \u00e0 rien de stigmatiser d\u2019embl\u00e9e l\u2019agresseur rebelle \u00e0 tout. Il est beaucoup plus int\u00e9ressant de regarder cette violence comme un moyen plut\u00f4t que comme une fin.<\/p>\n<p>L\u2019adolescent agresseur peut comprendre, gr\u00e2ce \u00e0 un accompagnement appropri\u00e9 que sa violence remplit une fonction principalement utilitaire pour lui. L\u2019objectif est alors de trouver \u00ab\u2009\u00e0 quoi\u2009\u00bb sert cette violence\u2009?<\/p>\n<p>Un processus alternatif pourrait s\u2019engager\u2009: que puis-je mettre en place afin de satisfaire ce besoin, pour remplir cette fonction utilitaire, sans pour autant me montrer agressif, ou violent\u2009? Il faut aller chercher, derri\u00e8re les comportements, ou derri\u00e8re les demandes des ob\u00e8ses, ce que pourraient \u00eatre leurs besoins cach\u00e9s.<\/p>\n<p>Derri\u00e8re les \u00ab\u2009paravents\u2009\u00bb psychologiques se trouvent les causes profondes des malaises et de toutes les \u00e9motions n\u00e9gatives qui renforcent les troubles li\u00e9s \u00e0 l\u2019ob\u00e9sit\u00e9. La culpabilit\u00e9 est l\u2019un des ressorts funestes de ce processus. C\u2019est le premier levier sur lequel travailler pour permettre le changement.<\/p>\n<p>Ne pas se focaliser sur la recherche du \u00ab\u2009coupable\u2009\u00bb, mais sur la fonction \u00ab\u2009utilitaire\u2009\u00bb de la violence. Il s\u2019agit d\u2019une bonne d\u00e9marche posturale, m\u00eame si elle para\u00eet spontan\u00e9ment paradoxale et tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e de nos syst\u00e8mes disciplinaires.<\/p>\n<p>Bien qu\u2019il faille toujours rester \u00ab\u2009ferme sur les r\u00e8gles par rapport aux comportements transgressifs\u2009\u00bb \u2013 car le transgresseur doit savoir quelles sont les limites du \u00ab\u2009territoire\u2009\u00bb qui doivent rester infranchissables, pour le respect de tous et pour la libert\u00e9 de chacun \u2013, il faut admettre que la violence n\u2019est parfois qu\u2019un mode de communication. Certes inadapt\u00e9, injuste et inacceptable, mais un mode de communication malgr\u00e9 tout. Un mode \u00ab\u2009par d\u00e9faut\u2009\u00bb\u2026 Faute de trouver mieux, d\u2019\u00eatre plus habile. Il faut donc que les encadrants changent le prisme par lequel ils regardent la violence transgressive de l\u2019ob\u00e8se et se demandent pourquoi le jeune violent ne trouve pas d\u2019autre moyen d\u2019expression pour se faire entendre\u2009? Si l\u2019on arrive \u00e0 lui donner d\u2019autres plages d\u2019expression, \u00e0 lib\u00e9rer la parole, on fait une partie de la reconqu\u00eate de la confiance entre eux tous (soignants et patients).<\/p>\n<p>Ce qui doit nous int\u00e9resser, ce ne sont pas les aspects \u00ab communs \u00bb \u00e0 tous les ob\u00e8ses, mais ce qui fait la particularit\u00e9 de chacun.<br \/>\nIl faut arriver, par ce biais, \u00e0 permettre au jeune en crise (qu\u2019elle soit identitaire ou narcissique) d\u2019avoir soudain conscience de ce qui peut l\u2019animer. On lui restitue ainsi la notion de \u00ab\u2009choix\u2009\u00bb quant \u00e0 la poursuite ou non de ses manifestations transgressives. Il peut faire le bien ou le mal, mais ne peut plus se retrancher derri\u00e8re le sempiternel \u00ab<em>\u00a0Je ne savais pas<\/em> \u00bb, notamment lorsqu\u2019il s\u2019agit des violences verbales stigmatisantes, sourdes, mesquines et discr\u00e8tes.<\/p>\n<p>On d\u00e9culpabilise le moteur initial de ces processus violents, mais on conserve la notion de responsabilit\u00e9 individuelle et personnelle, quant \u00e0 la poursuite ou non de l\u2019agressivit\u00e9. On choisit donc d\u2019\u00ab\u2009\u00e9clairer les esprits\u2009\u00bb, afin de restituer un vrai libre arbitre responsabilisant.<\/p>\n<p>Mais on conserve malgr\u00e9 tout une notion de faute, qui sera bas\u00e9e sur la r\u00e9it\u00e9ration volontaire des comportements d\u00e9viants. L\u00e0 o\u00f9 une premi\u00e8re action transgressive constitue une erreur, sa r\u00e9it\u00e9ration devient une \u00ab\u2009faute\u2009\u00bb, donc devient punissable\u00a0<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(4)<\/sup>. Et la sanction doit tomber, afin de donner du sens et de la port\u00e9e \u00e0 la r\u00e8gle.<\/p>\n<p>Les deux concepts, malgr\u00e9 les apparences, ne sont pas oppos\u00e9s. La non-culpabilisation n\u2019est pas r\u00e9dhibitoire, alors que l\u2019on pr\u00f4ne \u00e9galement la structuration par le rappel \u00e0 la r\u00e8gle. La sanction des fautes r\u00e9it\u00e9r\u00e9es est n\u00e9cessaire pour imposer un cadre \u00ab\u00a0autoguidant\u2009\u00bb pour les auteurs de violences et rassurant pour les victimes. Les deux modes sont parfaitement compl\u00e9mentaires. Pour l\u2019un, je regarde avec l\u2019auteur la fonction utilitaire de son acte et je l\u2019aide \u00e0 comprendre les raisons de son passage \u00e0 l\u2019acte violent\u2009; pour l\u2019autre, je pose le cadre des \u00ab\u2009valeurs comportementales sup\u00e9rieures\u2009\u00bb qui aident \u00e0 vivre en collectivit\u00e9 dans le respect de tous et dans le sentiment de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>Ne serait-il pas possible d\u2019envisager de discuter directement et collectivement, d\u00e8s le d\u00e9but de la prise en charge d\u2019adolescents ob\u00e8ses, de ce que pourraient \u00eatre les types de sanctions qu\u2019ils trouveraient \u00ab\u2009logiques et justes\u2009\u00bb et qui pourraient \u00eatre appliqu\u00e9es en cas de manquement \u00e0 la r\u00e8gle\u2009? Cela aurait la vertu du consensus. Au fond, toute soci\u00e9t\u00e9 n\u2019est-elle pas r\u00e9gie par ce principe d\u2019acceptation collective des r\u00e8gles qui r\u00e9gulent les comportements et les droits\u2009? Cela leur restituerait l\u2019appropriation des devoirs (librement consentis) et de leurs cons\u00e9quences (librement objectiv\u00e9es).<\/p>\n<h3>La tol\u00e9rance<\/h3>\n<p>Cette notion est compl\u00e9mentaire de la pr\u00e9c\u00e9dente. Elle est m\u00eame inh\u00e9rente \u00e0 la notion de non-culpabilisation. Il s\u2019agit d\u2019\u00e9viter la fatalit\u00e9 du cercle vicieux\u2009: agress\u00e9\/agresseur. Puisque dame Nature est \u00e0 l\u2019origine des penchants humains et de leurs travers, et puisque nul n\u2019est parfait, il s\u2019agit de se montrer tol\u00e9rant avec soi et avec les autres. La seule r\u00e9serve qui s\u2019impose \u00e0 nous, c\u2019est de ne garder la tol\u00e9rance que comme \u00e9tat transitoire, afin de ne pas la transformer en faiblesse, ce qui serait le pire des messages \u00e0 l\u2019intention des agresseurs et des victimes. \u00ab\u2009<em>Elle doit mener au respect\u2009<\/em>\u00bb, rappelait Goethe.<\/p>\n<p>Elle n\u2019est donc qu\u2019une \u00e9tape, indispensable afin de donner une chance d\u2019ouvrir le d\u00e9bat, lorsque les protagonistes sont eux-m\u00eames dans une impasse.<\/p>\n<p>La perfection, dans ce bas monde, n\u2019existe pas. Quand on est ob\u00e8se, un certain nombre de culpabilisations p\u00e8sent sur notre personne. Souvent, la culpabilit\u00e9 (levier psychique) ne sert qu\u2019\u00e0 \u00ab\u2009donner du sens\u2009\u00bb \u00e0 l\u2019\u00e9tat physique rejet\u00e9.<\/p>\n<p>Faisons une philosophie de vie de cette r\u00e9flexion de Paul Val\u00e9ry\u2009: \u00ab\u2009<em>Je me suis d\u00e9test\u00e9, je me suis ador\u00e9\u2009; puis nous avons vieilli ensemble<\/em>.\u2009\u00bb \u00c0 partir de ce constat, on va pouvoir \u00eatre tol\u00e9rant avec la maladresse, l\u2019impulsivit\u00e9, la col\u00e8re ou la peur de l\u2019\u00e9chec. La maladresse s\u2019exprime beaucoup, \u00e0 en croire les professionnels soignants\/encadrants, dans les relations amoureuses des ob\u00e8ses. Elle correspond \u00e0 une peur du rejet, de la critique, de la moquerie, une peur du regard de l\u2019autre, peur de son jugement. \u00ab <em>Je me montre d\u2019embl\u00e9e maladroit ou violent, ce qui donnera l\u2019impression que ma maladresse est mon choix et non une fatalit\u00e9<\/em>. \u00bb Ce sont autant de m\u00e9canismes \u00ab paravents \u00bb qui se manifestent pour masquer la fragilit\u00e9 des sentiments. Les mesquineries, les provocations, les moqueries, sont tr\u00e8s souvent des d\u00e9guisements maladroits qui servent \u00e0 cacher une toute autre r\u00e9alit\u00e9, qui se r\u00e9sumerait par : \u00ab <em>Je m\u2019int\u00e9resse \u00e0 toi<\/em>. \u00bb\u00a0 Il faut donc arriver \u00e0 diff\u00e9rencier ce qui est du domaine de la maladresse de ce qui est purement pervers et m\u00e9chant.<\/p>\n<blockquote><p>Restaurer la confiance et promouvoir la bienveillance sont deux secteurs d\u2019investissement qui doivent guider nos strat\u00e9gies futures.<\/p><\/blockquote>\n<p>Les comportements paravents sont des leurres qui empoisonnent la vie des moqueurs et de leurs cibles. Il y a deux sortes de moquerie\u2009: celle qui vise \u00e0 blesser et celle qui vise \u00e0 attirer l\u2019attention. La maladresse contrarie souvent l\u2019objectif du moqueur (lorsque celui-ci est d\u2019attirer l\u2019attention sur lui) et participe \u00e0 l\u2019isoler et \u00e0 le rendre, finalement, amer et frustr\u00e9. Il convient de prendre conscience que ces comportements paravents sont des maladresses et de comprendre pourquoi ils se manifestent. Le dicton populaire dit\u2009: \u00ab\u2009<em>Un esprit \u00e9clair\u00e9 en vaut deux<\/em>.\u2009\u00bb Misons sur le pouvoir d\u2019une telle \u00ab\u2009prise de conscience\u2009\u00bb.<\/p>\n<p>La tol\u00e9rance vis-\u00e0-vis de soi et vis-\u00e0-vis des autres n\u2019est possible que si le jeune comprend et accepte l\u2019id\u00e9e que le monde est construit sur un ensemble de diff\u00e9rences, entre les gens, les races, les cultures, les esp\u00e8ces, etc. et que c\u2019est ce qui fait toute la richesse de notre monde.<\/p>\n<p>On doit l\u2019\u00e9clairer (lui qui se trouve dans la \u00ab\u2009Caverne\u2009\u00bb platonicienne<sup>\u00a0(5)<\/sup> de sa jeunesse) sur le fait que les repr\u00e9sentations m\u00e9diatiques (quotidiennes et quasi harcelantes) sur le racisme, la discrimination, masquent l\u2019ouverture d\u2019esprit et la tol\u00e9rance des comportements des \u00ab\u2009bonnes gens\u2009\u00bb, de cette arm\u00e9e \u00ab\u2009d\u2019invisibles\u2009\u00bb qui acceptent la diff\u00e9rence pour ne regarder que l\u2019homme et sa richesse int\u00e9rieure.<\/p>\n<p>Nous avons tous des talents et des pr\u00e9dispositions. Tant que l\u2019ob\u00e9sit\u00e9 sera per\u00e7ue uniquement comme une maladie, le sujet ob\u00e8se n\u2019existera qu\u2019au travers de son parcours de soins, de ses sympt\u00f4mes, de ses r\u00e9gimes et r\u00e8gles draconiennes (qui sont indiscutablement utiles \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration de son \u00e9tat). Il sera et restera dans une ge\u00f4le psychique et fonctionnelle. Tentons de lui donner une autonomie par rapport \u00e0 la prise en compte de \u00ab\u2009sa vie\u2009\u00bb. Il doit \u00eatre le propre promoteur de sa nouvelle existence, en renfor\u00e7ant son audace, sa capacit\u00e9 \u00e0 prendre des d\u00e9cisions. Se sentent-ils suffisamment \u00e9cout\u00e9s sur leurs envies, leurs r\u00eaves\u2009?<\/p>\n<p>Mais si l\u2019ob\u00e8se et ses accompagnants partent ensemble \u00e0 la recherche de son talent, de ses talents, qui n\u2019attendraient qu\u2019\u00e0 \u00e9clore, alors, c\u2019est une autre dynamique qui pourrait \u00e9merger.<\/p>\n<p>Ce qui importera sera la m\u00e9thode \u00e0 mettre en place pour r\u00e9v\u00e9ler ces talents. Peu importe les orientations qu\u2019ils choisiront\u2009: musique techno, programmation informatique, journalisme animalier, boursicotage, design de mode d\u00e9cal\u00e9, photo d\u2019art ou dessin humoristique\u2026, l\u2019important est de permettre que ces talents \u00e9mergent.<\/p>\n<p>Soyons donc curieux du talent cach\u00e9, chez l\u2019\u00ab\u2009autre\u2009\u00bb et chez \u00ab\u2009soi\u2009\u00bb. Il faut investiguer, tels des enqu\u00eateurs perspicaces, pour aller d\u00e9couvrir ce qui est enfoui dans la personnalit\u00e9 de notre interlocuteur et s\u2019interdire les pr\u00e9jug\u00e9s de circonstance, qui visent toujours \u00e0 plaquer des r\u00e9ponses \u00ab\u2009types\u2009\u00bb \u00e0 des situations \u00ab\u2009types\u2009\u00bb. Il n\u2019y a aucun d\u00e9terminisme de m\u00e9tiers, ni de \u00ab\u2009fili\u00e8res\u2009\u00bb, pour les ob\u00e8ses. Il y a juste des m\u00e9tiers ou des situations, qui leur demandent plus d\u2019audace, plus d\u2019efforts, ou plus de d\u00e9termination. J\u2019ai eu exactement le m\u00eame constat avec les jeunes aveugles dont j\u2019ai pu approcher le parcours au travers d\u2019une association dirig\u00e9e par Didier Roche, Ethik (danslenoir.com). Le travers est de vouloir imposer des fili\u00e8res \u00e9troites de m\u00e9tiers aux jeunes aveugles, faisant fi de leurs sensibilit\u00e9s et talents personnels. Nous avons \u00e0 progresser dans ce domaine, car les freins sont uniquement dans nos t\u00eates.<\/p>\n<p>\u00ab\u2009<em>De l\u2019audace, encore de l\u2019audace, toujours de l\u2019audace (et la France sera sauv\u00e9e)<\/em>\u2009\u00bb, clamait Danton \u00e0 l\u2019adresse de ses cong\u00e9n\u00e8res r\u00e9volutionnaires.<\/p>\n<p>Ne soyons pas aussi attentistes et r\u00e9trogrades en ces domaines que nos anc\u00eatres ont pu l\u2019\u00eatre lorsqu\u2019ils mirent tant de temps \u00e0 reconna\u00eetre la place et la libert\u00e9 des femmes, notamment d\u2019acc\u00e8s \u00e0 certains emplois dits \u00ab\u2009masculins\u2009\u00bb, dans la France du XIX<sup>e<\/sup> et XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n<h3>La bienveillance<\/h3>\n<p>Se dire que la violence de l\u2019ob\u00e8se n\u2019est qu\u2019un paravent, ou un moyen de compenser, nous am\u00e8nerait \u00e0 penser qu\u2019elle n\u2019est qu\u2019un vecteur de survie psychique. C\u2019est faux. Cette violence contrarie toutes les logiques de survie puisqu\u2019elle renforce l\u2019isolement, les sentiments n\u00e9gatifs projet\u00e9s et v\u00e9cus, et qu\u2019elle rend malheureux. Elle est donc un voile d\u00e9formant qui se transforme petit \u00e0 petit en carreau occultant. Et qu\u2019est-ce qu\u2019il occulte\u2009? La peur de l\u2019\u00e9chec relationnel\u2009: \u00ab\u2009<em>Il vaut mieux \u00eatre le boucher que le veau il vaut mieux \u00eatre le boucher que le veau<\/em>.\u2009\u00bb<\/p>\n<p>Les moines bouddhistes m\u00e9ditent. De r\u00e9centes \u00e9tudes scientifiques\u00a0<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(6)<\/sup> mettent \u00e0 l\u2019honneur la m\u00e9ditation comme moyen de r\u00e9gulation des \u00e9tats de tension, de stress, ou de maladies chroniques (tr\u00e8s souvent d\u2019origines psychosomatiques). Les moines \u2009\u00ab\u00a0s\u2019extraient\u2009\u00bb du monde mat\u00e9riel afin de laisser se d\u00e9velopper en eux des sentiments de fraternit\u00e9, d\u2019amour et de bienveillance. Lorsqu\u2019ils atteignent la paix int\u00e9rieure, c\u2019est la preuve qu\u2019ils sont en parfaite osmose avec le monde. Laissons de c\u00f4t\u00e9 l\u2019aspect m\u00e9ditation (s\u2019il doit effrayer la soci\u00e9t\u00e9 savante) et ne retenons que la recherche de la dimension \u00ab\u2009bienveillante\u2009\u00bb. C\u2019est l\u2019une des cl\u00e9s de la paix int\u00e9rieure et c\u2019est aussi l\u2019un des trois piliers de la \u00ab\u2009confiance\u2009\u00bb (bienveillance, int\u00e9grit\u00e9 et capacit\u00e9\u00a0<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(7)<\/sup>). Nous sommes tous \u00e0 la recherche de relations humaines \u00ab\u2009qui nous fassent du bien\u2009\u00bb. Nous avons besoin que l\u2019on nous accepte avec nos qualit\u00e9s et nos d\u00e9fauts, sans jugement de valeur. La bienveillance r\u00e9pond \u00e0 ce principe. C\u2019est aussi un pari sur le futur : \u00ab\u00a0<em>J\u2019ose prendre le risque de m\u2019int\u00e9resser \u00e0 l\u2019autre et de vouloir son bien, car en retour, il pourra aussi m\u2019apporter de la satisfaction, du bonheur.<\/em> \u00bb Ne n\u00e9gligeons pas la force de l\u2019effet de r\u00e9ciprocit\u00e9. Bon nombre de gens y sont sensibles. La force du cadeau, de l\u2019exemplarit\u00e9, permet de franchir beaucoup de barri\u00e8res.<\/p>\n<p>Mais la bienveillance ne pousse sur aucun arbre fruitier, ne s\u2019ach\u00e8te dans aucun magasin. Elle est uniquement inh\u00e9rente \u00e0 notre psychisme, \u00e0 notre syst\u00e8me de pens\u00e9e. Elle est donc le fruit de notre seule volont\u00e9.<\/p>\n<p>Nous avons le pouvoir d\u2019\u00eatre, ou de ne pas \u00eatre, bienveillant. Osons ce pari et valorisons-en le b\u00e9n\u00e9fice chez nos adolescents ob\u00e8ses.<\/p>\n<h3>La ghetto\u00efsation des ob\u00e8ses<\/h3>\n<p>S\u2019il faut des structures d\u2019accueil, des centres sp\u00e9cialis\u00e9s, afin de mieux prendre en charge ces patients et leur offrir des accompagnements, des soins et des professionnels, adapt\u00e9s \u00e0 leur \u00e9tat, il n\u2019en reste pas moins que l\u2019isolement \u00ab\u2009en groupes\u2009\u00bb est stigmatisant d\u00e8s lors que des non-ob\u00e8ses sont l\u00e0 pour g\u00e9n\u00e9rer un effet de comparaison. Le rassemblement par pathologie morphotypique est \u00e0 double cons\u00e9quences\u2009: certains d\u00e9fendent l\u2019id\u00e9e qu\u2019il est rassurant pour les patients, car cela leur prouve qu\u2019ils ne sont pas seuls dans cet \u00e9tat\u2009; d\u2019autres pensent que c\u2019est un facteur d\u2019exclusion sociale, qui renforce l\u2019angoisse (du vrai monde), cr\u00e9e des postures de d\u00e9fense (eux contre nous) et fragilise les personnalit\u00e9s en aggravant le manque de confiance en soi.<\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9e de l\u2019hospitalisation a t-elle d\u2019ailleurs du sens\u2009? Si c\u2019est pour une cure thermale, en effet, cela donne du sens, car c\u2019est l\u2019occasion d\u2019extraire les patients de leurs contextes sociaux et familiaux et de les plonger dans un environnement plein de cocooning. Mais s\u2019il faut des structures d\u2019accueil, des centres sp\u00e9cialis\u00e9s, faut-il pour autant qu\u2019ils s\u2019affichent en \u00ab\u00a0hospitalisations\u2009\u00bb\u2009?\u00a0 La s\u00e9mantique n\u2019est pas anodine.<\/p>\n<p>Le d\u00e9bat n\u2019est pas tranch\u00e9 et il touche un tr\u00e8s grand nombre de secteurs, li\u00e9s notamment aux handicaps et \u00e0 la vieillesse.<\/p>\n<p>Or, si l\u2019on sort du prisme purement \u00ab\u2009m\u00e9dical\u2009\u00bb et que l\u2019on regarde les effets des sectorisations culturelles ou sociales (les grands ensembles urbains des zones de s\u00e9curit\u00e9 prioritaire, les tours et quartiers ghetto\u00efs\u00e9s ou se rassemblent les m\u00eames origines immigr\u00e9es, etc.), on s\u2019aper\u00e7oit que les habitants adoptent des postures de radicalisation vis-\u00e0-vis de l\u2019\u00ab\u2009ext\u00e9rieur\u2009\u00bb, d\u2019isolement face au restant de la soci\u00e9t\u00e9, fond\u00e9s sur de forts sentiments d\u2019exclusion. Cela ne doit pas nous faire conclure qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un facteur favorisant pour la violence, mais seulement r\u00e9aliser que cela produit des effets de d\u00e9fiance, de r\u00e9clusion, qui se veulent initialement protecteurs, mais qui sont, finalement, des facteurs de peur et d\u2019ostracisme.<\/p>\n<p>La violence a alors une fonction miroir contre ce monde (ext\u00e9rieur) que l\u2019on per\u00e7oit comme agressif, puisqu\u2019il semble vous rejeter. Le salut n\u2019est-il pas dans la diversit\u00e9 du monde ext\u00e9rieur, dans le m\u00e9lange des cultures, des morphologies, des couleurs de peau et des rituels de vie\u2009?<\/p>\n<p>Quitter l\u2019univers (faussement) protecteur du groupe permet de prendre conscience que l\u2019on ne ghetto\u00efse pas les asthmatiques, les blonds, les diab\u00e9tiques, les obsessionnels, les \u00e9motifs ou que sais-je encore\u2009? Dans l\u2019absolu, nous souffrons tous d\u2019un crit\u00e8re diff\u00e9renciant (grand\/petit, beau\/ingrat, manuel\/intellectuel ou dou\u00e9 pour les langues, le sport ou la musique\u2026) Ce qui compte, c\u2019est ce que nous faisons pour assumer cette originalit\u00e9 et comment elle est, ou non, socialement valoris\u00e9e.<\/p>\n<p>L\u2019ob\u00e9sit\u00e9 n\u2019a pas de raison particuli\u00e8re d\u2019\u00eatre ghetto\u00efs\u00e9e, car elle n\u2019est pas une maladie \u00e0 dynamique unique, mais une maladie prot\u00e9iforme, multifactorielle. Il y a des ob\u00e9sit\u00e9s aux origines m\u00e9taboliques ou psychodynamiques tr\u00e8s diff\u00e9rentes. Comment imaginer que les malades puissent se retrouver dans un \u00ab\u2009standard\u2009\u00bb aussi artificiel\u2009: entre ceux qui ont un probl\u00e8me d\u2019alimentation, d\u2019autres un probl\u00e8me de g\u00e8nes, d\u2019autres un soucis psychologique\u2026 Rien ne peut renforcer une quelconque id\u00e9e d\u2019unit\u00e9 de v\u00e9cu ou de prise en charge\u2009; aucun ne se reconna\u00eet vraiment dans l\u2019\u00e9tiquette qui caract\u00e9rise le tout.<\/p>\n<p>Revenir \u00e0 l\u2019analyse syst\u00e9mique, renforcer la dimension \u00ab\u2009unitaire\u2009\u00bb de l\u2019accompagnement sont des principes utilis\u00e9s lors de la r\u00e9solution de situations de crise. On ne traite pas un forcen\u00e9 X\u2026 comme tous les autres individus forcen\u00e9s en crise. Chaque cas est unique et c\u2019est parce que je fais comprendre \u00e0 ce dernier que je ne le regarde pas avec une approche g\u00e9n\u00e9raliste (de \u00ab\u00a0forcen\u00e9\u00a0\u00bb, ou de \u00ab\u2009suicidaire\u2009\u00bb, pour ne citer que ces deux \u00ab\u2009cat\u00e9gories \u2009\u00bb), que je vais commencer \u00e0 devenir un interlocuteur cr\u00e9dible et \u00ab\u2009audible\u2009\u00bb pour lui.<\/p>\n<p>Chacun a un pass\u00e9 et un historique uniques. Les ob\u00e8ses au m\u00eame titre que les autres personnes. Chaque biographie pr\u00e9sente donc ses originalit\u00e9s. Ce qui doit nous int\u00e9resser, ce ne sont pas les aspects \u00ab\u2009communs\u2009\u00bb \u00e0 tous les ob\u00e8ses, mais ce qui fait la particularit\u00e9 de chacun. Chaque individualisation est une piste pour comprendre la r\u00e9alit\u00e9 du probl\u00e8me. Et m\u00eame si les causes produisent tr\u00e8s souvent les m\u00eames effets, l\u2019important est que le patient sente qu\u2019on le regarde comme un \u00eatre \u00ab\u2009\u00e0 part\u2009\u00bb\u2026 et, au fond, \u00ab\u2009\u00e0 part enti\u00e8re\u2009\u00bb.<\/p>\n<p>Finalement, cela peut lui permettre de se consid\u00e9rer, lui aussi, comme r\u00e9ellement unique, comme une personnalit\u00e9, une individualit\u00e9. Le but est qu\u2019il cesse de chercher des solutions dans le regard des autres, mais accepte ce qui le construit. Il doit s\u2019approprier (ou se r\u00e9approprier) sa propre histoire, elle-m\u00eame unique. En s\u2019int\u00e9ressant \u00e0 nouveau \u00e0 lui, il va pouvoir aller chercher la fameuse tol\u00e9rance envers lui-m\u00eame, qui manque tant dans les processus de culpabilit\u00e9 et d\u2019angoisse.<\/p>\n<h3>Temps et culpabilit\u00e9<\/h3>\n<p>Il est un message que l\u2019on entend peu chez les professionnels confront\u00e9s \u00e0 la violence des jeunes. Il s\u2019agit du poids de l\u2019\u00e9chelle de temps de la culpabilit\u00e9. La jeunesse est bien souvent insouciante et ne pense pas (et de moins en moins si l\u2019on en croit les \u00e9tudes sur les g\u00e9n\u00e9rations Z) en termes de projection future, d\u2019anticipation, ou de pr\u00e9voyance. La vitesse d\u2019\u00e9volution du monde joue pour beaucoup dans ce constat, car la notion d\u2019imm\u00e9diatet\u00e9 semble \u00eatre la seule r\u00e9alit\u00e9 digne d\u2019objectivit\u00e9. Demain est un autre jour. Cela n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 aussi vrai que maintenant, du fait de la vitesse des \u00e9volutions technologiques. Or pourtant, de fa\u00e7on universelle, lorsque l\u2019on commet des actions transgressives, m\u00e9chantes, injustes, notamment lorsqu\u2019elles causent de la peine et du tort \u00e0 des tiers, cela s\u2019imprime dans notre \u00ab\u2009disque dur\u2009\u00bb \u00e9motionnel et laisse des traces r\u00e9siduelles de culpabilit\u00e9 pendant de tr\u00e8s nombreuses ann\u00e9es. Cela peut causer des m\u00e9canismes de somatisation, d\u2019autosanction d\u00e9guis\u00e9e, des malaises profonds conducteurs de r\u00e9ponses st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9es, qui empoisonnent la vie. La caract\u00e9ristique de la jeunesse est justement de ne gu\u00e8re s\u2019occuper du futur, dont l\u2019impact est toujours consid\u00e9r\u00e9 comme lointain et al\u00e9atoire, alors m\u00eame qu\u2019il se construit \u00e0 partir de tous nos v\u00e9cus, par couches \u00e9motionnelles successives. Il est bon de discuter, dans les groupes de paroles, de l\u2019importance de toutes les actions pass\u00e9es, pour la stabilisation du pr\u00e9sent de chacun. On oublie tr\u00e8s souvent que l\u2019on \u00ab\u2009paye toujours l\u2019addition\u00a0\u00bb, m\u00eame si cela n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 le cas judiciairement, p\u00e9nalement. On la paye \u00e9motionnellement. Rien n\u2019est anodin. L\u2019ob\u00e9sit\u00e9 est une prison temporaire. La d\u00e9linquance, la violence, sont d\u2019autres formes de prisons que l\u2019on se cr\u00e9e pour le futur. Sans jeu de mot malheureux, ce sont des poids suppl\u00e9mentaires pour le futur.<\/p>\n<h3>Transposer la violence<\/h3>\n<p>Derni\u00e8re proposition, li\u00e9e au mode de management des membres d\u2019unit\u00e9s d\u2019\u00e9lite, c\u2019est la transposition de la violence \u00ab\u00a0d\u00e9sorganis\u00e9e\u2009\u00bb (agressivit\u00e9, rivalit\u00e9, brutalit\u00e9 gratuite\u2026), en une r\u00e9orientation vers une violence \u00ab\u2009organis\u00e9e\u2009\u00bb\u2009: le sport, les challenges, les concours, les <em>team buildings<\/em>, etc.<\/p>\n<p>La violence, dans les unit\u00e9s d\u2019\u00e9lite, est obligatoirement pr\u00e9sente car elle r\u00e9sulte du haut niveau d\u2019agressivit\u00e9 des hommes qui ont \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9s. On les s\u00e9lectionne pour leur audace, leur d\u00e9termination, pour leur courage, leur pugnacit\u00e9 et pour leur abn\u00e9gation face au danger. Autant de valeurs qui trouvent leur essence dans la f\u00e9rocit\u00e9 humaine intrins\u00e8que.<\/p>\n<p>Pour conserver un niveau acceptable d\u2019op\u00e9rationnalit\u00e9 de ces hommes, il convient de les maintenir constamment en situation de challenge ou de comp\u00e9tition. Le sport est un bon moyen pour aboutir \u00e0 cet objectif, un mode efficace de r\u00e9gulation des tensions internes. C\u2019est \u00e9galement un moyen de f\u00e9d\u00e9rer les gens autour d\u2019un but, d\u2019un cap.<\/p>\n<p>Chez les jeunes ob\u00e8ses, le d\u00e9sir de se confronter aux autres, les tentatives de restauration narcissique, peuvent se rapprocher d\u2019autres valeurs que v\u00e9hicule le sport collectif\u2009: la compl\u00e9mentarit\u00e9, l\u2019aide, la solidarit\u00e9, le courage collectif, etc. On peut aussi pratiquer des sports individuels mais, malgr\u00e9 tout, r\u00e9aliser des challenges \u00ab\u2009en \u00e9quipe\u2009\u00bb \u00e0 partir de performances solo.<\/p>\n<p>Les vertus des pratiques ludiques ne sont plus \u00e0 d\u00e9montrer, si le sport est un probl\u00e8me pour certains. Il existe beaucoup d\u2019autres modes alternatifs qui permettent d\u2019obtenir ces m\u00eames types de r\u00e9sultats. L\u2019objectif est de travailler sur le collectif avec eux, entre eux et finalement avec les autres.<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>\u00ab\u2009Ob\u00e9sit\u00e9 et violence\u2009\u00bb est un sujet qui n\u00e9cessite un certain nombre de prises de conscience et qui demande \u00e0 ce que l\u2019on s\u2019\u00e9carte de nos \u00ab\u2009points aveugles\u2009\u00bb, ces fameux domaines li\u00e9s \u00e0 nos pr\u00e9jug\u00e9s et <em>a priori<\/em> qui troublent notre r\u00e9flexion en orientant nos r\u00e9ponses vers des directions toutes faites, cl\u00e9s en main.<\/p>\n<p>L\u2019aspect multifactoriel de cette ou ces maladies nous contraint \u00e0 avoir de l\u2019audace et \u00e0 oser des solutions innovantes. Restaurer la confiance et promouvoir la bienveillance, telles que nous les avons d\u00e9crites plus haut, sont deux secteurs d\u2019investissement qui doivent guider nos strat\u00e9gies futures. \u00c0 eux seuls, ces principes rec\u00e8lent des vertus qui peuvent transformer durablement les mentalit\u00e9s de tous les protagonistes et valoriser l\u2019indulgence, troisi\u00e8me pilier de cette m\u00e9thodologie appliqu\u00e9e dans la r\u00e9solution des crises humaines. Ultime solution\u2009: le travail sur la notion d\u2019\u00e9quipe, de compl\u00e9mentarit\u00e9, de challenges, est la base d\u2019une am\u00e9lioration des relations interpersonnelles et un bon mode de r\u00e9gulation des tensions.<\/p>\n<p>Parions que nos ob\u00e8ses trouveront l\u2019\u00e9cho qui convient dans cette citation d\u2019<em>Ainsi parlait Zarathoustra<\/em>, de Friedrich Nietzsche\u2009: \u00ab\u00a0<em>Je n\u2019avais qu\u2019un seul but, du matin jusqu\u2019au soir, me tailler une existence \u00e0 mes propres mesures<\/em>.\u2009\u00bb<\/p>\n<p><strong>L\u2019auteur : <\/strong>Christophe Caupenne a travaill\u00e9 treize ans dans la police judiciaire et douze ans \u00e0 la t\u00eate des n\u00e9gociateurs du Raid (Recherche, assistance, intervention et dissuasion), l\u2019unit\u00e9 d\u2019\u00e9lite de la police nationale sp\u00e9cialis\u00e9e dans les op\u00e9rations \u00e0 hauts risques.<\/p>\n<script>function PlayerjsAsync(){} if(window[\"Playerjs\"]){PlayerjsAsync();}<\/script>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><span class=\"span-reading-time rt-reading-time\" style=\"display: block;\"><span class=\"rt-label rt-prefix\">Temps de lecture\u00a0: <\/span> <span class=\"rt-time\"> 27<\/span> <span class=\"rt-label rt-postfix\">minutes<\/span><\/span>En r\u00e9gion parisienne, l\u2019h\u00f4pital de p\u00e9diatrie et de r\u00e9\u00e9ducation (HPR) de Bullion consacre son activit\u00e9 aux enfants et adolescents atteints de maladies chroniques, graves et complexes. Parmi ces patients, un groupe occupe une place \u00e0 part. Il s\u2019agit d\u2019adolescents d\u00e9veloppant une ob\u00e9sit\u00e9 pathologique, accompagn\u00e9e de comportements sociaux conflictuels, souvent violents ou autodestructeurs. 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