

{"id":21140,"date":"2016-07-29T15:05:45","date_gmt":"2016-07-29T13:05:45","guid":{"rendered":"http:\/\/ricom-web.com\/gestions-hospitalieres\/?p=21140"},"modified":"2018-04-04T17:25:06","modified_gmt":"2018-04-04T15:25:06","slug":"la-mort-a-lhopital","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ricom-web8.com\/gestions\/la-mort-a-lhopital\/","title":{"rendered":"La mort \u00e0 l\u2019h\u00f4pital"},"content":{"rendered":"<span class=\"span-reading-time rt-reading-time\" style=\"display: block;\"><span class=\"rt-label rt-prefix\">Temps de lecture\u00a0: <\/span> <span class=\"rt-time\"> 13<\/span> <span class=\"rt-label rt-postfix\">minutes<\/span><\/span><p><b><\/b>Avec le d\u00e9veloppement de la m\u00e9decine, on meurt aujourd\u2019hui dans les institutions m\u00e9dicales. Selon le rapport de l\u2019Inspection g\u00e9n\u00e9rale des affaires sociales intitul\u00e9 \u00ab\u2009La mort \u00e0 l\u2019h\u00f4pital\u2009<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(2)<\/sup>\u2009\u00bb, 58\u2009% des d\u00e9c\u00e8s survenus en 2008 l\u2019ont \u00e9t\u00e9 dans un \u00e9tablissement de sant\u00e9. Les h\u00f4pitaux publics sont particuli\u00e8rement concern\u00e9s\u2009: alors qu\u2019ils accueillent 62\u2009% des s\u00e9jours en institution m\u00e9dicale, ils repr\u00e9sentent 78\u2009% des d\u00e9c\u00e8s qui y surviennent (49,5\u2009% du nombre total de d\u00e9c\u00e8s en 2008). Cela repr\u00e9senterait aujourd\u2019hui plus de 250\u00a0000 personnes par an selon les chiffres de l\u2019Insee<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(3)<\/sup>. Or, la fonction mortuaire de l\u2019h\u00f4pital est aujourd\u2019hui largement occult\u00e9e, voire taboue. Le m\u00eame rapport constate en effet que \u00ab\u2009la prise en charge de la mort en figure pas explicitement dans [s]es missions\u2009\u00bb. Ressentie comme un \u00e9chec des soins du patient, la mort n\u2019a pas encore de place reconnue dans les \u00e9tablissements publics de sant\u00e9, alors qu\u2019elle en fait d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 partie int\u00e9grante.<\/p>\n<p>Contact\u00e9s par le service de soins en cas de d\u00e9c\u00e8s, les agents de la chambre mortuaire organisent le transport logistique du corps du patient et le conservent jusqu\u2019\u00e0 son d\u00e9part. La chambre mortuaire est donc le lieu de traitement des corps ainsi que de recueillement des familles. Cette double fonction logistique et sociale est appel\u00e9e \u00e0 se d\u00e9velopper, tant de la prochaine disparition de la g\u00e9n\u00e9ration des <i>baby-boomers<\/i>\u2009<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(4)<\/sup> que des mutations qu\u2019est en train de subir la mort contemporaine.<\/p>\n<p>La mort a en effet, dans notre civilisation occidentale, une histoire sociale que les \u0153uvres de Philippe Ari\u00e8s et d\u2019Ivan Illich peuvent nous aider \u00e0 appr\u00e9hender. Apr\u00e8s s\u2019\u00eatre distanci\u00e9e de la personne et de la soci\u00e9t\u00e9, puis avoir \u00e9t\u00e9 accapar\u00e9e par le secteur m\u00e9dical, la mort semble aujourd\u2019hui r\u00e9clam\u00e9e par les proches et les malades. Cette \u00e9volution impose \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de r\u00e9aliser la synth\u00e8se des soins m\u00e9dicaux et de la conscience personnelle, et rend ainsi n\u00e9cessaire une r\u00e9forme de la chambre mortuaire, afin de r\u00e9pondre \u00e0 ce nouvel enjeu de sant\u00e9 publique.<\/p>\n<h1>La mort \u00e9lud\u00e9e par la renaissance individualiste<\/h1>\n<p>Ainsi que le rappelle Ivan Illich, \u00ab\u2009dans toute soci\u00e9t\u00e9, l\u2019image dominante de la mort d\u00e9termine la conception de la sant\u00e9\u2009<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(5)<\/sup>\u2009\u00bb. Or, dans nos soci\u00e9t\u00e9s empreintes de jeunisme, o\u00f9 la chirurgie esth\u00e9tique permet de para\u00eetre moins que son \u00e2ge, la vieillesse et la mort sont rel\u00e9gu\u00e9es hors de l\u2019espace public. La sant\u00e9 constitue l\u2019exacte antith\u00e8se de ces deux fl\u00e9aux que la m\u00e9decine cherche \u00e0 \u00e9pargner aux citoyens. Si le vieillissement global de la population et le probl\u00e8me des retraites occupent souvent les devants de la sc\u00e8ne des d\u00e9bats institutionnels, la vieillesse et la mort en tant qu\u2019aventures humaines et sociales sont rel\u00e9gu\u00e9es au second plan. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne n\u2019est pas neutre\u2009: d\u00e9crit comme la \u00ab\u2009mort invers\u00e9e\u2009\u00bb par Philippe Ari\u00e8s\u2009<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(6)<\/sup>, il signifie que la soci\u00e9t\u00e9 n\u2019est plus affect\u00e9e par la disparition d\u2019un de ses membres. L\u2019exclusion de la mort de la sph\u00e8re publique est le r\u00e9sultat d\u2019un processus, d\u00e9but\u00e9 \u00e0 la Renaissance, de naturalisation et d\u2019individualisation du d\u00e9c\u00e8s et d\u2019objectivation du corps.<\/p>\n<p>Au Moyen \u00c2ge, selon Philippe Ari\u00e8s, la mort est une \u00ab\u2009mort apprivois\u00e9e\u2009<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(7)<\/sup>\u2009: il s\u2019agit d\u2019une mort familiale et sociale, dont la familiarit\u00e9 naturelle se r\u00e9v\u00e8le par la proximit\u00e9 des lieux de vie et des cimeti\u00e8res, plac\u00e9s au c\u0153ur des villes. Ivan Illich ne dit pas autre chose lorsqu\u2019il \u00e9voque cette mort comme le r\u00e9sultat d\u2019une \u00ab<i>\u2009<\/i>intervention personnelle et intentionnelle de la divinit\u00e9\u2009<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(8)<\/sup>\u2009\u00bb\u2009: la mort fait int\u00e9gralement partie des croyances religieuses et sociales et n\u2019existe pas en propre. Ce que nous nommons aujourd\u2019hui la mort se comprend comme la transfiguration de la vie vers sa continuit\u00e9 religieuse.<\/p>\n<p>\u00c0 partir du XV<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et jusqu\u2019au XVIII<sup>e<\/sup>, la mort devient au contraire un fait en soi\u2009: la fin de la vie. Alors qu\u2019on cherche \u00e0 mesurer et \u00e0 diviser le temps, la rupture de la s\u00e9quence temporelle du vivant qu\u2019est la mort est mise \u00e0 distance\u2009: elle ne se comprend plus dans le temps long mais par ses causes imm\u00e9diatement ant\u00e9rieures. Cette \u00ab\u2009mort ensauvag\u00e9e\u2009<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(9)\u2009<\/sup>\u00bb selon Philippe Ari\u00e8s devient ainsi une pr\u00e9occupation de tout un chacun\u2009: apparaissent aux XV<sup>e<\/sup> et XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cles les vanit\u00e9s en peinture et des ouvrages pour enseigner comment bien mourir, tel le <i>Art and Craft to Know Well to Die<\/i>\u2009<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(10)<\/sup> de Caxton, publi\u00e9 en 1491 et tir\u00e9 \u00e0 plus de 100\u00a0exemplaires avant m\u00eame l\u2019an 1500\u2009<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(11)<\/sup>, attestant de la popularit\u00e9 du sujet. La mort s\u2019est de fait mu\u00e9e en un fait \u00e9tranger et contraire \u00e0 la vie, \u00ab\u2009l\u2019anti-vie, le vide de la vie\u2009<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(12)<\/sup>\u2009\u00bb, que chacun porte comme un fardeau personnel.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"wp-image-22611 size-medium alignnone\" src=\"https:\/\/gestions-hospitalieres.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/ill_2016_352_01-206x300.png\" alt=\"ill_2016_352_01\" width=\"206\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.ricom-web8.com\/gestions\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/ill_2016_352_01-206x300.png 206w, https:\/\/www.ricom-web8.com\/gestions\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/ill_2016_352_01.png 600w\" sizes=\"(max-width: 206px) 100vw, 206px\" \/><\/p>\n<p>Ce renversement conceptuel se r\u00e9percute sur la relation au cadavre. Alors que le corps d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e9tait, au Moyen \u00c2ge, consid\u00e9r\u00e9 comme une quasi-personne, susceptible d\u2019\u00eatre mari\u00e9e et jug\u00e9e, le cadavre \u00e0 la Renaissance est r\u00e9solument diff\u00e9rent du corps vivant\u2009: il fait l\u2019objet de traitements sp\u00e9ciaux, qu\u2019il s\u2019agisse de le conserver ou bien d\u2019en approfondir la connaissance scientifique. C\u2019est la science qui justifie l\u2019usage de la dissection, autoris\u00e9e pour la premi\u00e8re fois \u00e0 Montpellier en 1375, qui s\u2019\u00e9tend ensuite \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de m\u00e9decine de Bologne et enfin au Royaume-Uni. Philippe Ari\u00e8s consid\u00e8re qu\u2019au XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, \u00ab<i>\u2009<\/i>le but de l\u2019ouverture est alors moins la conservation que la connaissance scientifique\u2009\u00bb. Avec la Renaissance, le cadavre est devenu un objet sur lequel on peut porter le scalpel\u2009; il n\u2019est plus digne d\u2019attentions autres que celles de la science dont il peut nourrir le progr\u00e8s.<\/p>\n<p>D\u00e9butent donc \u00e0 la Renaissance trois renversements conceptuels simultan\u00e9s, dont les effets perdurent\u2009:<\/p>\n<ul>\n<li>la mort comme antith\u00e8se de la vie,<\/li>\n<li>le cadavre comme un objet de connaissance,<\/li>\n<li>la mort comme une affaire individuelle, et non plus sociale, de par l\u2019humanisme qui fait de l\u2019homme la mesure du monde.<\/li>\n<li>Jank\u00e9l\u00e9vitch divise l\u2019approche de la mort en trois s\u00e9quences<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(13)<\/sup>\u2009:<\/li>\n<li>la mort future et le r\u00e8gne de la premi\u00e8re personne\u2009: <i>Je vais mourir<\/i>\u2009;<\/li>\n<li>la mort pr\u00e9sente et l\u2019usage de la deuxi\u00e8me personne\u2009: <i>Tu meurs<\/i>\u2009;<\/li>\n<li>la mort pass\u00e9e et son objectivation dans une formule \u00e0 la troisi\u00e8me personne\u2009: <i>Il est mort<\/i>.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ce qui s\u2019op\u00e8re \u00e0 la Renaissance peut \u00eatre analys\u00e9 dans ce cadre\u2009: il s\u2019agit de la disparition du sens social proche et familial donn\u00e9 \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience de la mort pour une distanciation dans le futur, \u00e0 la premi\u00e8re personne. Ce processus va se poursuivre par le progr\u00e8s scientifique et l\u2019\u00ab\u2009expropriation\u2009\u00bb de la mort au profit des institutions m\u00e9dicales.<\/p>\n<h1>La mort, comme la sant\u00e9, devenue h\u00e9t\u00e9ronome<\/h1>\n<p>L\u2019objectivation de la mort va encore plus loin avec l\u2019accaparement de la sant\u00e9, et donc de la mort, par l\u2019institution m\u00e9dicale. Dans son ouvrage de 1923, <i>La Conscience de Zeno<\/i>, Italo Svevo explore le champ de la r\u00e9cente psychanalyse et les possibles maladies que celle-ci met au jour. Tout au long du roman que constitue son journal, au fil de ses envies de fumer et de ses h\u00e9sitations amoureuses, le protagoniste hypocondriaque Zeno tente de percer \u00e0 jour la r\u00e9alit\u00e9 de son \u00e9tat\u2009: est-il malade ou bien portant\u2009? Sa sant\u00e9 physique et morale, fluctuant au gr\u00e9 des rencontres, constitue la trame d\u2019une vie dont le h\u00e9ros est d\u00e9poss\u00e9d\u00e9 par les m\u00e9decins. Ceux-ci sont en effet les seuls qui puissent en expliquer les d\u00e9faillances et possiblement les r\u00e9soudre, puisqu\u2019ils disposent du savoir m\u00e9dical.<\/p>\n<blockquote><p>La mort est aujourd\u2019hui r\u00e9clam\u00e9e par les patients et leur famille comme une \u00e9tape de l\u2019existence \u00e0 laquelle les proches peuvent donner du sens.<\/p><\/blockquote>\n<p>Il n\u2019est gu\u00e8re de meilleur exemple pour illustrer la th\u00e8se d\u2019Ivan Illich, sur l\u2019expropriation de la sant\u00e9 par l\u2019institution m\u00e9dicale. Alors qu\u2019elle pouvait auparavant \u00eatre assur\u00e9e par la communaut\u00e9, sous la forme d\u2019une contenance des maux dans une limite acceptable, la sant\u00e9 devient bien en soi avec le progr\u00e8s technique. Au contraire d\u2019Hippocrate qui affirme dans une citation apocryphe qu\u2019il \u00ab\u2009n\u2019est pas de pes\u00e9e, pas de conformation et pas de calcul dont on puisse faire un crit\u00e8re de la sant\u00e9 et de la maladie<i>\u2009<\/i><sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(14)<\/sup>\u2009\u00bb, la statistique m\u00e9dicale du XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle ouvre la porte \u00e0 une maladie objectivement d\u00e9viante par rapport \u00e0 la norme. C\u2019est autour de la maladie que se r\u00e9forme l\u2019h\u00f4pital, qui devient au XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle lieu d\u2019\u00e9tude et d\u2019analyse des diff\u00e9rents cas. La maladie devenue anormale, pathologique, la sant\u00e9 acquiert du m\u00eame coup un statut clinique\u00a0: elle est absence de sympt\u00f4mes.<\/p>\n<p>C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cette \u00e9volution que le sociologue Jean Baub\u00e9rot, dans son ouvrage <i>Les Sept La\u00efcit\u00e9s<\/i>, relie \u00e0 la formation de la la\u00efcit\u00e9 fran\u00e7aise par trois seuils successifs.<\/p>\n<p>Le premier seuil de la\u00efcisation, de 1789 \u00e0 1804, correspond au d\u00e9clin du sens englobant de la religion du fait du d\u00e9veloppement des institutions que sont l\u2019\u00e9cole et la m\u00e9decine. Alors que ces fonctions \u00e9taient auparavant assur\u00e9es par l\u2019\u00c9glise, elles sont promues par l\u2019\u00c9tat en tant qu\u2019instances de socialisation concurrentes. Ce n\u2019est n\u00e9anmoins qu\u2019au cours du deuxi\u00e8me seuil, de 1882 \u00e0 1905, que ces instances deviennent des institutions \u00e0 part enti\u00e8re, rel\u00e9guant l\u2019\u00c9glise au second plan\u2009: le choix n\u2019est plus libre, l\u2019\u00e9cole et la m\u00e9decine s\u2019imposent devant la religion.<\/p>\n<p>La mort suit la m\u00eame \u00e9volution de perte de sens global au profit d\u2019une technicit\u00e9 progressiste. Elle devient en effet un ennemi contre lequel le m\u00e9decin lutte, et ce depuis que le philosophe Francis Bacon a ainsi r\u00e9sum\u00e9 le triple office de la m\u00e9decine\u2009: pr\u00e9servation de la sant\u00e9, gu\u00e9rison des maladies et prolongation de la vie\u2009<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(15)<\/sup>. Le m\u00e9decin n\u2019est plus seulement celui qui peut d\u00e9terminer si une maladie est mortelle ou non, il doit encore combattre les causes anormales de la mort pour favoriser une mort \u00ab\u2009de vieillesse\u2009\u00bb, consid\u00e9r\u00e9e plus naturelle que toute autre cause, m\u00eame li\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e2ge. La mort n\u2019est plus un ph\u00e9nom\u00e8ne normal, elle est devenue un ph\u00e9nom\u00e8ne n\u00e9faste que l\u2019on met \u00e0 distance et duquel l\u2019h\u00f4pital peut nous prot\u00e9ger. Ce mouvement a partie li\u00e9e avec l\u2019\u00e9mergence, au XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, de l\u2019id\u00e9e d\u2019une maladie et d\u2019une mort inconvenantes et ind\u00e9centes, qu\u2019il faut ainsi soustraire de la sph\u00e8re sociale dans un lieu prot\u00e9g\u00e9\u2009: la mort est \u00ab\u2009cach\u00e9e parce que laide et sale\u2009<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(16)<\/sup>\u2009\u00bb. Ce privil\u00e8ge d\u2019un m\u00e9decin qui combat une mort inopportune reste, aux XVIII<sup>e<\/sup> et XIX<sup>e<\/sup>, celui des classes riches et puissantes, ainsi que des bourgeois, qui se distinguent ainsi du reste du peuple.<\/p>\n<p>Le XX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle d\u00e9mocratise tant l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la sant\u00e9 que le souci d\u2019une mort opportune. D\u00e9finie comme un bien en soi, la sant\u00e9 devient un droit exigible de l\u2019\u00c9tat, tout comme la prolongation de la vie. La nation \u00ab\u2009<em>garantit \u00e0 tous, notamment \u00e0 l\u2019enfant, \u00e0 la m\u00e8re et aux vieux travailleurs, la protection de la sant\u00e9, la s\u00e9curit\u00e9 mat\u00e9rielle, le repos et les loisirs<\/em>\u2009\u00bb au titre du Pr\u00e9ambule de la Constitution de 1946. Mais au contraire d\u2019un ancien temps o\u00f9 la sant\u00e9 et la mort \u00e9taient affaire du village et de la famille, seule l\u2019institution m\u00e9dicale et hospitali\u00e8re est aujourd\u2019hui reconnue l\u00e9gitime pour traiter de ces probl\u00e8mes\u2009: selon Philippe Ari\u00e8s, \u00ab\u2009la chambre du mourant est pass\u00e9e de la maison \u00e0 l\u2019h\u00f4pital\u2009<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(17)<\/sup>\u2009\u00bb. Ivan Illich consid\u00e8re que l\u2019on a \u00ab\u2009expropri\u00e9\u2009\u00bb l\u2019individu de sa sant\u00e9 et de sa mort\u2009: alors qu\u2019elles lui \u00e9taient auparavant propres et personnelles, elles sont aujourd\u2019hui externalis\u00e9es, m\u00e9diatis\u00e9es par l\u2019institution m\u00e9dicale\u00a0; en un mot, h\u00e9t\u00e9ronomes.<\/p>\n<p>Cette \u00e9tape, qui dure du XVIII<sup>e<\/sup> jusqu\u2019au XX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, correspond au passage de la premi\u00e8re \u00e0 la troisi\u00e8me personne de Jank\u00e9l\u00e9vitch. Il n\u2019existe plus de proximit\u00e9 avec la mort, mais des donn\u00e9es objectives que les m\u00e9decins savent analyser et traiter\u2009: <i>Il est malade. Il est mort<\/i>. L\u2019existence n\u2019est plus seulement l\u2019antith\u00e8se de la mort et de la maladie, elle doit \u00e9galement se r\u00e9aliser contre elles. On en viendrait presque \u00e0 oublier que la vie n\u2019est pas lin\u00e9aire mais qu\u2019elle ressemble, selon Zeno, \u00ab\u2009un peu \u00e0 la maladie, avec sa mani\u00e8re d\u2019avancer par crises et r\u00e9missions, et [qu\u2019]elle conna\u00eet quotidiennement am\u00e9liorations et rechutes\u2009; [mais qu\u2019\u00e0] la diff\u00e9rence des autres maladies, la vie est toujours mortelle<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(18)<\/sup>\u2009\u00bb. C\u2019est justement en r\u00e9action \u00e0 cette h\u00e9t\u00e9ronomie, ce renvoi de la mort au secteur m\u00e9dical, que se comprend le mouvement actuel de sa r\u00e9appropriation.<\/p>\n<h1>Le retour de balancier actuel\u2009: une mort r\u00e9clam\u00e9e<\/h1>\n<p>Le cas tr\u00e8s m\u00e9diatis\u00e9 de Vincent Lambert, plong\u00e9 dans un \u00e9tat de conscience minimal depuis un accident de la route survenu en 2008 et dont la femme s\u2019oppose aux parents concernant l\u2019arr\u00eat des traitements qui le maintiennent en vie, a servi de symbole aux tensions qui traversent la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise au sujet de l\u2019euthanasie. La question se posait d\u00e9j\u00e0 dans les ann\u00e9es 1970 et, au sujet de cette derni\u00e8re, Ivan Illich \u00e9crit\u2009: \u00ab\u2009La presque totalit\u00e9 des intervenants supposent que le raccourcissement ou la fin de la vie humaine implique in\u00e9vitablement un acte m\u00e9dical. [\u2026] Bien souvent, ces gens-l\u00e0 revendiquent le monopole professionnel de l\u2019ex\u00e9cution du patient.<i>\u2009<\/i><sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(19)<\/sup>\u2009\u00bb Le d\u00e9bat de l\u2019euthanasie est sur une corde raide\u2009: il manifeste \u00e0 la fois la volont\u00e9 de r\u00e9clamer sa mort personnelle \u00e0 l\u2019institution m\u00e9dicale et la dimension encore ind\u00e9passable des m\u00e9decins.<\/p>\n<p>Les demandes actuelles sont en effet un \u00ab\u2009retour de balancier\u2009\u00bb de l\u2019\u00e9loignement progressif, depuis la Renaissance, de l\u2019individu et de sa propre fin de vie. D\u2019abord \u00e9lud\u00e9e, puis confi\u00e9e \u00e0 une institution ext\u00e9rieure, la mort est aujourd\u2019hui r\u00e9clam\u00e9e par les patients et leur famille comme une \u00e9tape de l\u2019existence \u00e0 laquelle les proches peuvent donner du sens. Cette nouvelle autonomie revendiqu\u00e9e correspondrait alors au troisi\u00e8me seuil de la\u00efcisation identifi\u00e9 par Jean Baub\u00e9rot, de 1968 \u00e0 1989, dont on pourrait consid\u00e9rer qu\u2019il se poursuit aujourd\u2019hui, de remise en cause des institutions du XX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle.\u00a0 La d\u00e9fiance de la soci\u00e9t\u00e9 post-1945 \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ses institutions, y compris m\u00e9dicale, favoriserait de nouvelles socialisations religieuses au moyen des m\u00e9dias. Au moment o\u00f9 l\u2019\u00e9toile de la m\u00e9decine p\u00e2lit, les r\u00e9ponses traditionnelles comme la religion ou la famille semblent ainsi revenir sur le devant de la sc\u00e8ne\u2009; contre une objectivisation trop pouss\u00e9e du processus m\u00e9dical, le sujet r\u00e9appara\u00eet en tant qu\u2019individu autonome.<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi le troisi\u00e8me moment de notre fresque issue de la pens\u00e9e de Jank\u00e9l\u00e9vitch\u2009: apr\u00e8s s\u2019\u00eatre distanci\u00e9e, la mort semble subir un mouvement de retour \u00e0 la deuxi\u00e8me personne. La soci\u00e9t\u00e9 civile souhaite se r\u00e9approprier tant le processus du soin que la mort, et l\u2019on voit appara\u00eetre toute une gamme de m\u00e9decines alternatives, de la phytoth\u00e9rapie \u00e0 l\u2019\u00e9tiopathie en passant par la naturopathie ou encore la sophrologie. Celles-ci sont de plus en plus appr\u00e9ci\u00e9es de la population\u2009: 39\u2009% des Fran\u00e7ais ont d\u00e9clar\u00e9 y avoir eu recours au moins une fois au cours de l\u2019ann\u00e9e 2007\u2009<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(20)<\/sup>. Pratiques concurrentes de la m\u00e9decine institutionnelle (ou \u00ab\u2009raditionnelle\u2009\u00bb), elles peuvent n\u00e9anmoins se voir l\u00e9gitim\u00e9es par elle\u2009: l\u2019ost\u00e9opathie et l\u2019hom\u00e9opathie sont aujourd\u2019hui reconnues, et l\u2019acupuncture et l\u2019hypnose se frayent des chemins jusque dans les h\u00f4pitaux (Cochin ou la Piti\u00e9-Salp\u00eatri\u00e8re, \u00e0 Paris, par exemple). Quant \u00e0 la mort, la cr\u00e9ation en 1980 de l\u2019Association pour le droit de mourir dans la dignit\u00e9 (ADMD), tout comme le plaidoyer de Peter Saul pour \u00ab\u2009revendiquer le processus [de mort] au monde m\u00e9dical\u2009\u00bb, au cours de son allocution Ted en 2011\u2009<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(21)<\/sup>, r\u00e9v\u00e8lent le changement latent, bien que d\u00e9battu, des mentalit\u00e9s.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-22612 alignnone\" src=\"https:\/\/gestions-hospitalieres.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/ill_2016_352_02-204x300.png\" alt=\"ill_2016_352_02\" width=\"204\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.ricom-web8.com\/gestions\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/ill_2016_352_02-204x300.png 204w, https:\/\/www.ricom-web8.com\/gestions\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/ill_2016_352_02.png 600w\" sizes=\"(max-width: 204px) 100vw, 204px\" \/><\/p>\n<p>Si les individus et leur famille demandent d\u00e9sormais \u00e0 jouer un plus grand r\u00f4le dans leur fin de vie, cela ne signe pas pour autant la fin de l\u2019institution m\u00e9dicale. Bien au contraire, les lois Leonetti et Claeys-Leonetti, adopt\u00e9es respectivement en 2005 et janvier 2016, s\u2019inscrivent dans le cadre institutionnel hospitalier tout en reconnaissant la volont\u00e9 du patient, \u00e0 laquelle le m\u00e9decin ne peut s\u2019opposer. Si elle ne l\u00e9galise pas l\u2019euthanasie, la loi de 2016 permet la s\u00e9dation profonde et continue d\u2019un patient dont le pronostic vital est engag\u00e9 \u00e0 court terme en raison d\u2019une \u00ab\u2009affection grave et incurable\u2009\u00bb.\u2009Sujette \u00e0 critiques de la part des deux camps en raison de son consensus mou, cette loi est n\u00e9anmoins le signe d\u2019une institution m\u00e9dicale qui cherche \u00e0 trouver un nouvel \u00e9quilibre entre volont\u00e9s du patient et pr\u00e9rogatives m\u00e9dicales. Cette \u00e9volution de la mort doit faire l\u2019objet de r\u00e9formes dans l\u2019h\u00f4pital lui-m\u00eame, qui s\u2019est construit au xix<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle autour de la maladie et non des patients. C\u2019est en premier lieu sa chambre mortuaire qui doit \u00eatre repens\u00e9e.<\/p>\n<h1>Repenser l\u2019int\u00e9gration de la mort \u00e0 la vie de l\u2019h\u00f4pital<\/h1>\n<p>La mort fait partie int\u00e9grante de l\u2019h\u00f4pital et doit ainsi \u00eatre reconnue comme telle. Ni \u00e9chec ni d\u00e9faite de la m\u00e9decine, elle repr\u00e9sente seulement l\u2019issue in\u00e9luctable de la vie humaine. Parfois repouss\u00e9e par les avanc\u00e9es techniques et m\u00e9dicales, elle ne dispara\u00eet pas. Au contraire aujourd\u2019hui, la mort semble revenir sur le devant de la sc\u00e8ne. C\u2019est pourquoi la chambre mortuaire est un enjeu crucial de l\u2019h\u00f4pital du XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n<p>En premier lieu, la chambre mortuaire devrait pouvoir b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un r\u00f4le central de coordination dans l\u2019h\u00f4pital. La place de la mort doit \u00eatre reconnue dans les services dits \u00ab\u2009de soins\u2009\u00bb de l\u2019h\u00f4pital\u2009: le rapport de l\u2019Igas note \u00e0 ce titre qu\u2019en dehors des soins palliatifs, les enjeux de fin de vie y sont mal connus. La chambre mortuaire, qui a pour r\u00f4le selon la psychologue Claire-Marie Gagnebin\u2009<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(22)<\/sup>, d\u2019assurer une distinction \u00e9tanche entre morts et vivants tout en assurant une articulation \u00e9troite des services de l\u2019h\u00f4pital, pourrait jouer ce lien d\u2019information et de formation \u00e0 la mort. Cela suppose une implication de la direction de l\u2019h\u00f4pital pour mettre en place des actions de sensibilisation afin de surmonter les r\u00e9ticences concernant la manipulation des corps ou le franchissement du seuil de la chambre mortuaire.<\/p>\n<p>En deuxi\u00e8me lieu, la chambre mortuaire devrait se voir reconna\u00eetre ses r\u00f4les de soins aux morts et d\u2019accompagnement des proches, d\u2019autant plus qu\u2019il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une demande sociale. Des \u00e9volutions ont d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 eu lieu puisque de nombreux h\u00f4pitaux int\u00e8grent d\u00e9sormais la chambre mortuaire au parcours de soins et ne la rel\u00e8guent plus, dans l\u2019organigramme en tout cas, \u00e0 une place administrative<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(23)<\/sup>. Cela r\u00e9v\u00e8le la prise en compte des traitements apport\u00e9s aux morts, que les agents pr\u00e9parent en vue de les pr\u00e9senter \u00e0 leur famille, comme de v\u00e9ritables actes de soin. Ces pratiques sont le r\u00e9sultat d\u2019un apprentissage et d\u2019une technicit\u00e9 certains, ainsi que bien souvent de mille et une id\u00e9es ing\u00e9nieuses, mises au profit du patient d\u00e9c\u00e9d\u00e9 qui conserve toute sa dignit\u00e9 et le soin qu\u2019il pourrait attendre de l\u2019institution hospitali\u00e8re.<\/p>\n<p>La reconnaissance offerte \u00e0 la chambre mortuaire pourrait n\u00e9anmoins \u00eatre plus importante concernant l\u2019accompagnement de l\u2019entourage familial, accompagnement qui se limite selon la fiche m\u00e9tier du r\u00e9pertoire de la fonction publique \u00e0 \u00ab\u2009accueillir et \u00e0 r\u00e9pondre aux besoins d\u2019information de la famille et des proches\u2009<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(24)<\/sup>\u2009\u00bb. Pour Jean-Yves No\u00ebl, infirmier dipl\u00f4m\u00e9 d\u2019\u00c9tat et responsable en 2004 de la chambre mortuaire de la Piti\u00e9-Salp\u00eatri\u00e8re, il convient \u00ab\u2009de donner une visibilit\u00e9 \u00e0 la pratique quotidienne en chambre mortuaire, une l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e9thique, un aspect autre qu\u2019administratif de mani\u00e8re \u00e0 favoriser la relation d\u2019aide avec les familles endeuill\u00e9es, de telle sorte que nous soyons en mesure d\u2019adapter nos comportements face \u00e0 l\u2019angoisse de la mort\u2009<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(25)<\/sup>\u2009\u00bb. Les agents de la chambre mortuaire s\u2019occupent bel et bien des vivants\u2009: Jean-Yves No\u00ebl insiste sur le fait que leur mission \u00ab<i>\u2009<\/i>rel\u00e8ve de l\u2019accueil, de l\u2019attention et de l\u2019\u00e9coute, mais plus encore de [leurs] obligations humaines et sociales\u2009\u00bb envers les proches. Inscrire ce r\u00f4le d\u2019accueil et d\u2019accompagnement dans les missions de la chambre mortuaire pourrait aider \u00e0 valoriser le travail qui y est effectu\u00e9. Dans un temps de subjectivisation de la mort, il ne s\u2019agit plus d\u2019un r\u00f4le superf\u00e9tatoire mais bien d\u2019un accompagnement psychologique fondamental. Encore isol\u00e9e dans l\u2019h\u00f4pital, la chambre mortuaire pourrait, dans ses caract\u00e9ristiques pratiques m\u00eames, \u00eatre repens\u00e9e pour faciliter le travail de deuil. En faire un lieu central, facilement localisable, accueillant pour un public d\u00e9j\u00e0 fragilis\u00e9 psychologiquement pourrait l\u2019aider \u00e0 remplir ce r\u00f4le social essentiel.<\/p>\n<p>En troisi\u00e8me et dernier lieu, la formation des agents de chambre mortuaire pourrait \u00eatre revue \u00e0 l\u2019aune des transformations sociologiques de la mort contemporaine. La double casquette de ces personnels, \u00e0 la fois techniciens et accompagnateurs, est un r\u00f4le d\u2019\u00e9quilibriste qui n\u00e9cessite tant des comp\u00e9tences humaines que techniques. Jean-Yves No\u00ebl propose \u00e0 cet \u00e9gard une \u00e9cole de formation propre qui r\u00e9pondrait aux deux enjeux. Dans une soci\u00e9t\u00e9 multiculturelle o\u00f9 les diverses religions et traditions s\u2019expriment en cas de d\u00e9c\u00e8s, et donnent lieu \u00e0 des rituels plus ou moins bien compris, une formation sociologique para\u00eet indispensable en parall\u00e8le de la formation technique. Avec une subjectivisation de plus en plus pouss\u00e9e d\u2019une mort appel\u00e9e \u00e0 devenir plus visible dans les ann\u00e9es \u00e0 venir, la composante psychologique du travail en chambre mortuaire va probablement s\u2019intensifier\u00a0: il para\u00eet normal de s\u2019y pr\u00e9parer.<\/p>\n<p>Plus globalement, l\u2019h\u00f4pital en tant qu\u2019institution sera sans doute \u00e0 r\u00e9former \u00e0 long terme. Articul\u00e9 autour d\u2019une maladie quantifiable et reconnaissable, il para\u00eet n\u00e9cessaire de le recentrer autour du patient lui-m\u00eame et de ses volont\u00e9s. S\u2019il n\u2019est pas n\u00e9cessaire de suivre les positions radicales d\u2019Ivan Illich qui pr\u00e9conise la s\u00e9paration de l\u2019institution m\u00e9dicale et de l\u2019\u00c9tat, au profit du pluralisme des pratiques m\u00e9dicales et du libre choix des concitoyens, des exp\u00e9rimentations qui tentent de trouver un nouvel \u00e9quilibre entre soin m\u00e9dical et bien-\u00eatre du patient \u00e9mergent, comme le Zen Hospice Project de BJ Miller \u00e0 San Francisco\u2009<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(26)<\/sup>. En France, le d\u00e9veloppement de la d\u00e9marche qualit\u00e9 et des indicateurs, notamment de la prise en charge de la douleur, provient de la m\u00eame volont\u00e9 d\u2019une attention accrue au patient. Mais c\u2019est par la chambre mortuaire que ce processus pourrait \u00eatre renforc\u00e9\u00a0: le rapport de l\u2019Igas pr\u00e9conise \u00e0 ce titre un r\u00f4le accru de la certification qualit\u00e9 des h\u00f4pitaux dans le pilotage de ces r\u00e9formes, ainsi qu\u2019un d\u00e9veloppement des enqu\u00eates et connaissances autour de la mort \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, sujet encore mal compris parce que mal connu.<\/p>\n<p>Appel\u00e9e \u00e0 devenir un enjeu de sant\u00e9 publique au XXI<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, puisque la majorit\u00e9 des d\u00e9c\u00e8s surviennent aujourd\u2019hui \u00e0 l\u2019h\u00f4pital public, la chambre mortuaire doit r\u00e9pondre tant aux exigences de dignit\u00e9 des d\u00e9funts que d\u2019accompagnement des familles. Apr\u00e8s plusieurs si\u00e8cles de mise \u00e0 distance de la mort, sa subjectivisation actuelle de la mort indique que la chambre mortuaire devrait plus que jamais b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une place particuli\u00e8re dans l\u2019institution hospitali\u00e8re. Recentrement dans la vie de l\u2019\u00e9tablissement, reconnaissance du r\u00f4le d\u2019accompagnement social, formation des personnels\u00a0: trois axes qui pourraient servir de trame afin de r\u00e9pondre \u00e0 la demande sociale croissante de r\u00e9appropriation de la mort. Toutefois, seule une impulsion nationale et une politique unifi\u00e9e du minist\u00e8re de la Sant\u00e9 pourront v\u00e9ritablement changer la donne\u00a0d\u2019une mort \u00e0 l\u2019h\u00f4pital qui ne fait aujourd\u2019hui l\u2019objet que d\u2019initiatives \u00e9parses.<\/p>\n<p>Si Camus a pu \u00e9crire un jour\u2009: \u00ab\u2009Il n\u2019y a qu\u2019un probl\u00e8me philosophique vraiment s\u00e9rieux\u2009: c\u2019est le suicide\u2009<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\">(27)<\/sup>\u2009\u00bb, nous pourrions paraphraser et affirmer qu\u2019il n\u2019y a qu\u2019un probl\u00e8me hospitalier vraiment s\u00e9rieux aujourd\u2019hui\u00a0: la chambre mortuaire.<\/p>\n<script>function PlayerjsAsync(){} if(window[\"Playerjs\"]){PlayerjsAsync();}<\/script>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><span class=\"span-reading-time rt-reading-time\" style=\"display: block;\"><span class=\"rt-label rt-prefix\">Temps de lecture\u00a0: <\/span> <span class=\"rt-time\"> 13<\/span> <span class=\"rt-label rt-postfix\">minutes<\/span><\/span>Avec le d\u00e9veloppement de la m\u00e9decine, on meurt aujourd\u2019hui dans les institutions m\u00e9dicales. Selon le rapport de l\u2019Inspection g\u00e9n\u00e9rale des affaires sociales intitul\u00e9 \u00ab\u2009La mort \u00e0 l\u2019h\u00f4pital\u2009(2)\u2009\u00bb, 58\u2009% des d\u00e9c\u00e8s survenus en 2008 l\u2019ont \u00e9t\u00e9 dans un \u00e9tablissement de sant\u00e9. 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