

{"id":34313,"date":"2010-07-01T09:51:30","date_gmt":"2010-07-01T07:51:30","guid":{"rendered":"https:\/\/gestions-hospitalieres.fr\/?p=34313"},"modified":"2018-04-05T11:44:25","modified_gmt":"2018-04-05T09:44:25","slug":"technologie-monde-professionnel-relation-douloureuse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ricom-web8.com\/gestions\/technologie-monde-professionnel-relation-douloureuse\/","title":{"rendered":"Technologie et monde professionnel : une relation douloureuse"},"content":{"rendered":"<span class=\"span-reading-time rt-reading-time\" style=\"display: block;\"><span class=\"rt-label rt-prefix\">Temps de lecture\u00a0: <\/span> <span class=\"rt-time\"> 10<\/span> <span class=\"rt-label rt-postfix\">minutes<\/span><\/span><h1>Le contexte soci\u00e9tal<\/h1>\n<p>Sur fond de m\u00e9canisation de l\u2019action, de rationalisation, de massification, nous sommes encha\u00een\u00e9s \u00e0 des logiques de record, de quantification, qui deviennent absurdes : manger cinq fruits et l\u00e9gumes par jour, boire un verre de vin par repas, dormir tant d\u2019heures, marcher au moins trente minutes par jour, consommer tant de CO2, et autres \u00e9tudes et statistiques aux chiffres multiples. Sans compter que les imp\u00e9ratifs \u00e9voluent, modifiant les informations et nourrissant les pol\u00e9miques. Pour \u00eatre en bonne sant\u00e9 demain, que fallait-il faire hier et comment faut-il s\u2019y prendre aujourd\u2019hui ?\u00a0Il devient quasi impossible de r\u00e9ussir le tour de force de d\u00e9passer autant de contradictions sans \u00eatre dans la culpabilit\u00e9. Cet <em>Homo technicus<\/em>, consommateur communicationnel devenu la r\u00e9f\u00e9rence d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 qui ne jure que par la performance individualiste, un mod\u00e8le de lui-m\u00eame \u00e0 l\u2019ego comp\u00e9titif, \u00e9touffe et craque ! \u00c9motionnellement sollicit\u00e9 en permanence, il en appelle \u00e0 un cadre r\u00e9glementaire protecteur pour tenter de sortir d\u2019un fonctionnement asphyxiant.<\/p>\n<p>Dans ces soci\u00e9t\u00e9s qui ont d\u00e9velopp\u00e9 un culte id\u00e9ologique de la gestion<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\"> (1)<\/sup> aussi pouss\u00e9, comment s\u2019y retrouver ? Conception particuli\u00e8rement significative du fonctionnement de telles soci\u00e9t\u00e9s, pratique totalement ancr\u00e9e dans la logique de la d\u00e9r\u00e9gulation, le management s\u2019est de fait impos\u00e9 comme mod\u00e8le dominant rationaliste, et pas seulement pour le march\u00e9 \u00e9conomique. Aucun champ, social comme politique, n\u2019\u00e9chappe \u00e0 cette vision tyrannique du monde \u00ab g\u00e9rable \u00bb. M\u00eame l\u2019organisation de l\u2019\u00c9tat et de la cit\u00e9 est envisag\u00e9e sous l\u2019angle de la gestion bureaucratique des affaires : sans \u00e9tat d\u2019\u00e2me, par des calculs \u00e0 court terme, cherchant le profit \u00e0 tirer imm\u00e9diatement plut\u00f4t qu\u2019en envisageant la long\u00e9vit\u00e9 de son identit\u00e9 immat\u00e9rielle : culturelle et imaginaire.<\/p>\n<p>Comment s\u2019y retrouver dans un monde aussi complexe, fabriqu\u00e9 de toutes pi\u00e8ces ? Un monde qui tourne avec la pression du temps, confondant urgence et pr\u00e9cipitation\u2026 \u00catre disponible pour tout, \u00e0 n\u2019importe quelle heure, express\u00e9ment, tout en \u00e9tant suffisamment capable de terminer une action entam\u00e9e sans \u00eatre interrompu. Prenons par exemple la multitude d\u2019informations indigestes quotidiennes qui nous servent \u00e0 agir : rapports, bilans, notes de service, messages, mails, SMS\u2026 Avons-nous le temps de saisir et d\u2019utiliser de mani\u00e8re appropri\u00e9e une telle masse d\u2019informations ? Voil\u00e0 de quoi mettre le tissu social en charpie. Et peu importe les cons\u00e9quences humaines.<\/p>\n<h1>Le contexte professionnel<\/h1>\n<p>Le travail occupe une place particuli\u00e8re dans nos soci\u00e9t\u00e9s actuelles ; dans ses modalit\u00e9s de mise en \u0153uvre et les probl\u00e8mes qui y sont v\u00e9cus, il est un r\u00e9v\u00e9lateur aigu de l\u2019\u00e9tat de ces m\u00eames soci\u00e9t\u00e9s. Si France T\u00e9l\u00e9com d\u00e9fraie la chronique avec le suicide de ses agents, elle n\u2019est pas la seule grande entreprise \u00e0 conna\u00eetre cette r\u00e9alit\u00e9. Le tabou est cependant puissant.<\/p>\n<p>L\u2019espace professionnel est appr\u00e9ci\u00e9 diff\u00e9remment selon chacun. Cela peut \u00eatre majoritairement pour des raisons d\u2019existence, de reconnaissance sociale, de pouvoir\u2026 Doit-on consid\u00e9rer sur un m\u00eame plan le travail, l\u2019emploi, l\u2019activit\u00e9, l\u2019occupation ? Selon que l\u2019on est actionnaire, rentier, employ\u00e9, demandeur d\u2019emploi, \u00e9tudiant, les moyens d\u2019existence n\u2019ont pas le m\u00eame impact sur la sant\u00e9, physique et mentale.\u00a0Il est cependant une r\u00e9alit\u00e9 : plus la forme de l\u2019individu sera \u00e9quilibr\u00e9e, meilleure sera son implication dans son activit\u00e9, o\u00f9 toutes ses ressources seront mobilis\u00e9es pour produire, cr\u00e9er, inventer. L\u2019efficacit\u00e9 aura cependant une limite certaine : l\u2019\u00e9puisement. Autant prendre soin, avec intelligence, de cette ressource qu\u2019est l\u2019humain.<\/p>\n<p>Le \u00ab travailler plus \u00bb de la campagne pr\u00e9sidentielle de 2007 est encore pr\u00e9sent dans les m\u00e9moires. Mais est-ce \u00ab travailler mieux \u00bb ? Est-ce travailler sans cette p\u00e9nibilit\u00e9 aujourd\u2019hui \u00e9voqu\u00e9e ? Et peut-on, compte tenu des formes actuelles de travail, envisager toujours plus d\u2019efficacit\u00e9 ?\u00a0Le discours global est tr\u00e8s s\u00e9duisant : quelle entreprise ne met pas ses salari\u00e9s au c\u0153ur de ses pr\u00e9occupations ? Quel projet d\u2019entreprise ne se pr\u00e9sente pas sous les aspects les plus vendeurs en \u00e9voquant ses collaborateurs comme une \u00ab richesse \u00bb fondamentale ?\u00a0Or le monde du travail, reflet de la soci\u00e9t\u00e9, est envahi par la violence psychologique autant que physique. Ce ne sont pas seulement les conditions de travail qui interrogent, o\u00f9 pressions et contraintes permanentes deviennent insupportables, o\u00f9 le but n\u2019est pas la qualit\u00e9 esth\u00e9tique de l\u2019\u0153uvre accomplie mais plut\u00f4t un r\u00e9sultat \u00e9conomiquement satisfaisant.\u00a0Tout en valorisant les notions de comp\u00e9tences, de qualit\u00e9s, de talents, l\u2019individu est m\u00e9pris\u00e9, inexistant. Apprendre par les m\u00e9dias la fermeture d\u2019une entreprise ou trouver portes closes au retour du week-end n\u2019a rien de respectueux ! C\u2019est d\u2019autant moins honn\u00eate lorsque le discours de la veille pr\u00e9cisait que tout allait bien ! Nos principes r\u00e9publicains sont \u00e9galement mis \u00e0 mal jusque dans le champ professionnel, o\u00f9 \u00e9galit\u00e9 et \u00e9quit\u00e9 se trouvent confront\u00e9es \u00e0 de multiples discriminations et autres in\u00e9galit\u00e9s sexistes. Les campagnes de pr\u00e9vention sont nombreuses et n\u2019y changent rien !<\/p>\n<blockquote><p>Plus la forme de l\u2019individu sera \u00e9quilibr\u00e9e, meilleure sera son implication dans son activit\u00e9, o\u00f9 toutes ses ressources seront mobilis\u00e9es pour produire, cr\u00e9er, inventer.<\/p><\/blockquote>\n<p>Alors que nos soci\u00e9t\u00e9s, qui se veulent progressistes, parlent de bien-\u00eatre, d\u2019\u00e9panouissement personnel, c\u2019est de souffrance au travail dont il est question : malaise et mal-\u00eatre, stress, troubles pathologiques, maladies musculo-squelettiques, \u00e9puisement psychique, <em>burn out<\/em>, accidents, arr\u00eats maladie, suicides. Autant de probl\u00e8mes psychosomatiques (terme qui laisse entendre cette relation, si fragile, entre le corps et l\u2019esprit) qui vont en s\u2019amplifiant. Les risques psychosociaux sont une r\u00e9alit\u00e9. Face \u00e0 un rejet social du travailleur, r\u00e9el abandon lorsqu\u2019il devient inutile, nombre de proc\u00e8s sur les maladies professionnelles, comme l\u2019amiante, sont des demandes de reconnaissance et de r\u00e9paration. Est-ce \u00e0 dire que l\u2019esclave ne souffrait pas en son temps ? Est-ce que les ouvriers des chantiers des pyramides \u00e9taient mieux trait\u00e9s que les travailleurs actuels ?<\/p>\n<p>Qu\u2019en vieux fran\u00e7ais \u00ab travail \u00bb renvoie \u00e0\u00a0 l\u2019\u00e9tat d\u2019une personne tourment\u00e9e, inqui\u00e9t\u00e9e, par une activit\u00e9 p\u00e9nible ; qu\u2019en bas latin, il soit question du <em>trepalium<\/em>, instrument de torture, le proc\u00e9d\u00e9 sollicit\u00e9 est l\u00e0, r\u00e9p\u00e9titif et obs\u00e9dant : par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019une technique, d\u2019un dispositif. Travailler revient donc \u00e0 (se) torturer avec le <em>trepalium<\/em>, \u00e0 (se) faire souffrir. Si l\u2019\u00e9tymologie ne dit rien du degr\u00e9 subjectif de la souffrance, elle \u00e9voque l\u2019id\u00e9e subtilement ancr\u00e9e dans les esprits, et par effet, dans les corps, du moyen utilis\u00e9.\u00a0Se \u00ab tuer \u00bb au travail, le \u00ab travail \u00bb de l\u2019accouchement, \u00ab exploiter \u00bb le travail des enfants, ne sont pas des expressions vides de sens ; les douze travaux d\u2019Hercule sont loin d\u2019\u00eatre un amusement, et faire un travail de fourmi reste laborieux.<\/p>\n<p>Certes, c\u2019est bien <em>au<\/em> travail que la chose se passe, puisque c\u2019est le lieu o\u00f9 elle se vit aujourd\u2019hui dans notre soci\u00e9t\u00e9, pour ceux qui en ont un. C\u2019est surtout <em>par<\/em> le travail, par <em>la mise au travail<\/em> que la souffrance prend naissance. Le slogan affich\u00e9 \u00e0 l\u2019entr\u00e9e des camps du r\u00e9gime nazi\u00a0\u2013 <em>Arbeit macht frei<\/em> \u2013 dit combien l\u2019id\u00e9e que \u00ab le travail rend libre \u00bb est horriblement morbide. Au monde des soci\u00e9t\u00e9s modernes, le travail est au nombre des grands mythes profond\u00e9ment enracin\u00e9s dans les mentalit\u00e9s.<\/p>\n<h1>Les aspects sanitaires\u00a0du contexte \u00e9motionnel<\/h1>\n<p>Face \u00e0 ces r\u00e9alit\u00e9s psychologiques et sociologiques, le mal-\u00eatre s\u2019installe ; paradoxalement, au sein de soci\u00e9t\u00e9s qui ont \u00ab mis\u00e9 \u00bb sur le bien-\u00eatre, le stress prend place. Les enqu\u00eates du minist\u00e8re du Travail et du minist\u00e8re de la Sant\u00e9 et des Sports le r\u00e9v\u00e8lent. En 2000, le rapport<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\"> (2)<\/sup> du Bureau international du travail pr\u00e9cisait que \u00ab <em>les troubles psychiques sont de plus en plus fr\u00e9quents. En effet, un travailleur sur dix souffre de d\u00e9pression, d\u2019anxi\u00e9t\u00e9, de stress ou de surmenage et risque de ce fait l\u2019hospitalisation et le ch\u00f4mage<\/em> \u00bb<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\"> (3)<\/sup>. Pourtant, ce m\u00eame stress est consid\u00e9r\u00e9 comme un \u00ab moteur pour agir \u00bb. Il y a quelques ann\u00e9es encore, certaines entreprises \u00e9taient fi\u00e8res de leur management par ce moyen et l\u2019affichaient ouvertement. Aujourd\u2019hui, m\u00eame s\u2019il est toujours consid\u00e9r\u00e9, la discr\u00e9tion est de mise.<\/p>\n<p>Globalement, le stress stimule notre organisme et le met en dynamique pour r\u00e9agir et agir en s\u2019adaptant \u00e0 l\u2019environnement, permettant de supporter les menaces et les conditions qui se posent. Dans le cadre professionnel, face aux sollicitations permanentes, l\u2019individu sature ; le stress prend un aspect n\u00e9gatif, rendant agressif, anxieux, hypersensible, d\u00e9pressif.\u00a0Toutes ces r\u00e9alit\u00e9s psychosociales sont dues aux conceptions du travail actuel, avec les rythmes que celui-ci impose, mais aussi \u00e0 l\u2019impossible articulation entre les injonctions externes et nos propres contraintes internes : faire en fonction de nos propres valeurs, \u00eatre m\u00e9ticuleux, avoir le go\u00fbt du travail bien fait, \u00eatre soucieux d\u2019un relationnel de qualit\u00e9, etc.<\/p>\n<p>La conception actuelle du travail, \u00e0 la fois tr\u00e8s proc\u00e9durale tout en tablant sur la responsabilit\u00e9, celle-ci \u00e9tant consid\u00e9r\u00e9e comme propice \u00e0 la cr\u00e9ativit\u00e9, \u00e0 l\u2019initiative, \u00e0 une meilleure implication, \u00e0 une r\u00e9activit\u00e9 efficace, semble avoir ses limites. Les limites d\u2019une hi\u00e9rarchisation \u00e0 l\u2019exc\u00e8s des \u00e9tapes de production. En r\u00e9ponse \u00e0 la pression exerc\u00e9e au et par le travail, c\u2019est la d\u00e9pression qui s\u2019exprime. Celle que l\u2019on nommait autrefois \u00ab m\u00e9lancolie \u00bb s\u2019impose comme la maladie du si\u00e8cle, comme un ras-le-bol \u00e0 devoir faire, toujours plus\u00a0; une fatigue de tenir, de r\u00e9pondre aux obligations sociales et psychologiques<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\"> (4)<\/sup>.<\/p>\n<p>Ce stress et ces \u00e9tats d\u00e9pressifs, quasi invalidants, qui affectent fortement la sant\u00e9, inqui\u00e8tent. Quelle organisation est r\u00e9ellement concern\u00e9e par cette situation et la place dans ses priorit\u00e9s \u00e0 traiter ? La plupart du temps, des entreprises consid\u00e8rent que le stress et la d\u00e9pression sont des aspects purement personnels, une faiblesse individuelle qui ternit leur propre image de marque sur le march\u00e9. Leur r\u00e9action est alors le d\u00e9ni de cette r\u00e9alit\u00e9. Devons-nous souffrir pour travailler comme pour \u00eatre beau ? Cette vie contemporaine qui valorise l\u2019\u00e9motionnel porterait-elle \u00e0 la sensiblerie en nous rendant aussi vuln\u00e9rables ?<\/p>\n<h1>R\u00e9ciprocit\u00e9 entreprise\/individu<\/h1>\n<p>Mais comment peut-on en arriver l\u00e0\u00a0? Comment se fait-il que, alors que nos soci\u00e9t\u00e9s se disent soucieuses du bien-\u00eatre de l\u2019individu, que les entreprises ont la pr\u00e9occupation de leurs ressources \u00ab\u00a0humaines\u00a0\u00bb, de tels probl\u00e8mes persistent ? Comment se fait-il qu\u2019il faille interpeller en permanence la justice pour faire respecter le droit le plus \u00e9l\u00e9mentaire : le respect et l\u2019int\u00e9grit\u00e9 de la personne ?\u00a0Le tout s\u00e9curitaire actuel concerne l\u2019organisation et son fonctionnement technique plut\u00f4t que la sant\u00e9 physique et psychologique de l\u2019individu, m\u00eame si cela n\u2019est pas \u00e9nonc\u00e9 ainsi. Notons par exemple les contradictions entre les valeurs pr\u00f4n\u00e9es \u2013 adaptabilit\u00e9, flexibilit\u00e9, mobilit\u00e9 \u2013, alors qu\u2019il n\u2019y a majoritairement que laxisme dans les mani\u00e8res de faire. Notons les attitudes de nombre de dirigeants, de nos \u00e9lites, imbus d\u2019eux-m\u00eames, s\u00fbrs de leur ego, qui usent et abusent de m\u00e9pris, d\u2019irrespect, tout en \u00e9voquant les valeurs d\u00e9mocratiques \u2013 oubliant r\u00e9publicaines et la\u00efques\u00a0!<\/p>\n<p>Sur quoi repose cette relation si particuli\u00e8re entre l\u2019individu et l\u2019entreprise pour en arriver \u00e0 des situations qui virent au drame ? Une relation de r\u00e9ciprocit\u00e9 bas\u00e9e sur le principe de plaisir, tiss\u00e9e sur un mode trompeur, comme un jeu de dupes. \u00ab\u00a0S<em>i les croyances peuvent s\u2019enraciner dans l\u2019esprit des membres de l\u2019organisation, si les mythes, les rites et les tabous ont un pouvoir symbolique, c\u2019est parce que l\u2019individu est psychologiquement investi dans l\u2019organisation par le fait m\u00eame qu\u2019il y vit, qu\u2019il y \u00e9prouve des sentiments et des \u00e9motions, qu\u2019il y cherche la s\u00e9curit\u00e9, la r\u00e9ussite, le plaisir, les relations avec autrui [\u2026] l\u2019organisation a envahi l\u2019Id\u00e9al du Moi de l\u2019individu, l\u2019instance psychique qui constitue le mod\u00e8le auquel l\u2019individu cherche \u00e0 se conformer. Pour l\u2019individu, la fronti\u00e8re entre l\u2019organisation et lui-m\u00eame n\u2019est plus claire. Il a le sentiment que l\u2019organisation fait partie de lui, de m\u00eame qu\u2019il fait partie de l\u2019organisation.<\/em> \u00bb<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\"> (5)\u00a0<\/sup>Une relation de r\u00e9ciprocit\u00e9 ciment\u00e9e par les imaginaires : celui de l\u2019entreprise et celui de l\u2019individu. Ce dernier tentant de trouver dans l\u2019entreprise une nourriture \u00e0 son narcissisme. L\u2019imaginaire, puissance mobilisatrice, va ainsi venir se positionner comme producteur d\u2019une relation d\u2019ali\u00e9nation, car l\u2019organisation a besoin de l\u2019individu, pour elle-m\u00eame et son propre d\u00e9veloppement, ind\u00e9pendamment des int\u00e9r\u00eats et des besoins de l\u2019individu, jouant sur l\u2019affect, les \u00e9motions, les sensibilit\u00e9s individuelles. Une entreprise \u00ab managinaire \u00bb comme disent Nicole Aubert et Vincent de Gaulejac<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\"> (6)<\/sup>, organisant et mobilisant, \u00ab g\u00e9rant \u00bb et manageant ses ressources tout en laissant entendre son int\u00e9r\u00eat pour les individus. \u00ab <em>Les promesses ne valent que pour ceux qui les \u00e9coutent<\/em> \u00bb est ainsi une formule significative !<\/p>\n<p>L\u2019intention de l\u2019organisation est de substituer son imaginaire \u00e0 celui des individus de mani\u00e8re que ceux-ci s\u2019approprient ses croyances, s\u2019identifient \u00e0 elle, au point d\u2019int\u00e9rioriser l\u2019ensemble de ses valeurs et d\u2019avoir avec elle un lien d\u2019appartenance. Certes, l\u2019organisation n\u2019a pas v\u00e9ritablement un imaginaire autonome et immanent ; c\u2019est nous qui instaurons et d\u00e9veloppons dans nos organisations une institution qui nous pr\u00e9existe et se situe dans le corps social, satur\u00e9 de culturel, de symbolique et d\u2019imaginaire, o\u00f9 mythes et id\u00e9aux prennent forme. L\u2019imaginaire organisationnel est ainsi celui que nous fabriquons et auquel nous adh\u00e9rons, en fonction de nos repr\u00e9sentations, de nos ambitions, faisant alors comme si nous attendions des r\u00e9ponses \u00e0 nos pr\u00e9occupations existentielles. Pour le psychosociologue Eug\u00e8ne Enriquez, cet imaginaire organisationnel a une double position de leurre et de moteur.<\/p>\n<p>Par l\u2019imaginaire leurrant, l\u2019organisation va \u00ab <em>tenter de prendre les sujets aux pi\u00e8ges de leurs propres d\u00e9sirs d\u2019affirmation narcissique, dans leur fantasme de toute-puissance ou de leur demande d\u2019amour, en se faisant fort de pouvoir r\u00e9pondre \u00e0 leurs d\u00e9sirs dans ce qu\u2019ils ont de plus excessifs et de plus archa\u00efques et de transformer les fantasmes en r\u00e9alit\u00e9<\/em> \u00bb<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\"> (7)<\/sup>. Dans le psychisme collectif, l\u2019organisation occupe cependant une position paradoxale car, tout en \u00ab trompant \u00bb efficacement les individus sur ses intentions propres, elle a besoin d\u2019eux pour assurer son existence. En cr\u00e9ant et en maintenant une relation quasi fusionnelle, elle peut compter sur des agents fid\u00e8les et loyaux pour la servir, qui auront incorpor\u00e9 les injonctions et les contraintes. Tant que chacun a besoin de l\u2019autre, le jeu fonctionne, et plut\u00f4t bien.\u00a0\u00c0 l\u2019inverse, l\u2019imaginaire moteur existe dans l\u2019espace de libert\u00e9 et de cr\u00e9ativit\u00e9 que l\u2019organisation laisse aux individus. Un espace cependant possible qu\u2019\u00e0 la condition que l\u2019organisation accepte un discours sur elle-m\u00eame, la rupture avec l\u2019habitude, la reproduction, la r\u00e9p\u00e9tition. Les individus ont alors la possibilit\u00e9 de s\u2019inscrire dans une logique de projet apportant une autre vision sur l\u2019avenir, avec des pratiques diff\u00e9rentes. Ce type d\u2019imaginaire rompt avec l\u2019esprit rigide de la structure, qui se maintient dans le d\u00e9j\u00e0 connu et le leurre, en transgressant le cadre \u00e9tabli. Eug\u00e8ne Enriquez pr\u00e9cise que, de ces deux imaginaires, le premier a une position dominante sur le second, en opposition avec le jeu cr\u00e9atif de l\u2019imaginaire moteur, car c\u2019est lui qui apporte l\u2019apparence de stabilit\u00e9 \u00e0 un groupe social.<\/p>\n<p>C\u2019est surtout sur l\u2019imaginaire leurrant que l\u2019organisation va reposer de tout son poids, car c\u2019est \u00e0 partir de lui qu\u2019elle va pouvoir \u00ab <em>imprimer sa marque sur la pens\u00e9e et sur l\u2019appareil psychique<\/em> \u00bb<sup class=\"appel\" data-toggle=\"modal\" data-target=\"#notes\"> (8)<\/sup>, faisant en sorte de porter les individus \u00e0 une adh\u00e9sion sans faille \u00e0 sa culture, \u00e0 ses principes de fonctionnement, visant \u00e0 les mobiliser afin qu\u2019ils participent pleinement \u00e0 la r\u00e9alisation de ses objectifs. L\u2019organisation, comme lieu de construction identitaire, fonde ainsi son pouvoir sur l\u2019id\u00e9alisation vers laquelle tout individu tend.<\/p>\n<h1>Quelles r\u00e9flexions possibles\u00a0?<\/h1>\n<p>Notre recherche permanente du bonheur nous fait consid\u00e9rer le bien-\u00eatre comme une \u00e9tape. Or, ni l\u2019outil du progr\u00e8s de nos soci\u00e9t\u00e9s rationalistes qu\u2019est la technique, ni la m\u00e9thode utilis\u00e9e qu\u2019est le management ne semblent r\u00e9pondre socialement \u00e0 cette utopie. Nous sommes plut\u00f4t \u00e9cras\u00e9s par l\u2019esprit proc\u00e9dural et la lourdeur de l\u2019appareillage technocratique, qui n\u2019a rien d\u2019une fiction.\u00a0Du reste, le travail n\u2019est pas le seul espace o\u00f9 se vit une certaine souffrance ; le quotidien de l\u2019existence a son lot de situations ubuesques : par ses contradictions administratives, ses absurdit\u00e9s bureaucratiques, ses manipulations judiciaires et politiques. C\u2019est encore de la conception des soci\u00e9t\u00e9s techniciennes que vient la difficult\u00e9 : leur vision est r\u00e9duite au technocratisme par lequel nous sommes enti\u00e8rement entrav\u00e9s.<\/p>\n<p>Le rapport \u00e9tabli entre l\u2019homme et la technique est totalement kafka\u00efen :<\/p>\n<ul>\n<li>\u00bb l\u2019humain est devenu un des \u00e9l\u00e9ments techniques d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 qu\u2019il a organis\u00e9e de cette mani\u00e8re\u00a0;<\/li>\n<li>\u00bb l\u2019humain ne peut raisonner rationnellement en permanence, comme la technique\u00a0; il ne peut se mettre au diapason de l\u2019avatar dont il est le cr\u00e9ateur.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Or, si nous sommes dans l\u2019incapacit\u00e9 d\u2019\u00eatre totalement \u00e0 ce point rationnels, nous nous inscrivons cependant dans cet esprit. \u00c0 l\u2019heure de la surrepr\u00e9sentation de l\u2019informatique, de la cybern\u00e9tique, de la programmation et du codage, nous prenons pour mod\u00e8le l\u2019ordinateur, cet instrument qui se pr\u00e9sente comme objet \u00e9talon infaillible. Nos comportements voudraient s\u2019adapter \u00e0 cet outil, o\u00f9 seul semble compter le fait d\u2019obtenir satisfaction imm\u00e9diatement \u00e0 des besoins, des pulsions, des d\u00e9sirs, des envies.<\/p>\n<p>Tout en se donnant des apparences humanisantes, la technique reste froide, impersonnelle, sans \u00e9tat d\u2019\u00e2me. Et toutes les fictions, y compris publicitaires, visant \u00e0 lui attribuer des \u00e9motions n\u2019y changeront rien. Le pouvoir de la technique reste uniquement technique. Et quel que soit le niveau hi\u00e9rarchique d\u2019une organisation, l\u2019injonction technicienne est l\u00e0. Le si\u00e8cle dernier a vu des conflits reposer sur des pratiques rationnelles efficaces, \u00e0 grande \u00e9chelle. Si la barbarie a \u00e9t\u00e9 d\u00e9nonc\u00e9e, la m\u00e9thode, elle, a \u00e9t\u00e9 retenue. Continuons donc \u00e0 produire des proc\u00e9d\u00e9s toujours plus perfectionn\u00e9s pour souffrir rationnellement. D\u2019ailleurs, comment \u00eatre reconnu au travail et estim\u00e9 alors que la technique qui nous gouverne n\u2019a ni cette intention ni cette pr\u00e9occupation ?<\/p>\n<script>function PlayerjsAsync(){} if(window[\"Playerjs\"]){PlayerjsAsync();}<\/script>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><span class=\"span-reading-time rt-reading-time\" style=\"display: block;\"><span class=\"rt-label rt-prefix\">Temps de lecture\u00a0: <\/span> <span class=\"rt-time\"> 10<\/span> <span class=\"rt-label rt-postfix\">minutes<\/span><\/span>Le contexte soci\u00e9tal Sur fond de m\u00e9canisation de l\u2019action, de rationalisation, de massification, nous sommes encha\u00een\u00e9s \u00e0 des logiques de record, de quantification, qui deviennent absurdes : manger cinq fruits et l\u00e9gumes par jour, boire un verre de vin par repas, dormir tant d\u2019heures, marcher au moins trente minutes par jour, consommer tant de CO2, et autres \u00e9tudes et statistiques aux chiffres multiples. 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